‹ Traditions et souvenirsChapitre 98 sur 160 · CHAPITRE XXVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXVII

niense empire qui s'appuyait sur la moitié de l'Asie; et, chose non moins curieuse, le conquérant couronné, le souverain qui faisait ainsi trembler les nations, qui leur faisait subir le joug, était un soldat issu d'une révolution, faite au nom de la liberté et de l'émancipation des peuples qu'elle appelait frères ! Telle est la vanité des calculs humains.

Napoléon fit de Varsovie non point un camp, mais une capitale animée par une cour brillante. Il avait appelé près de lui M. de Talleyrand, son ministre des affaires étrangères, et fait inviter tous les ambassadeurs accrédités à Paris, à se rendre auprès de lui. Ce n'était pas seulement pour s'entourer de l'éclat qui accompagne la royauté , c'était pour les avoir sous ses yeux. D'ailleurs, étant sur les lieux mêmes, tout près des événements, ils ne pouvaient être dupes de ces bruits que font naître l'éloignement , l'incertitude, la malveillance, et qu'enfantent toujours le bavardage de grandes villes comme Paris.

Deux fois par semaine il y avait réception ou concert chez l'empereur; des chanteurs ita-

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iU TRADITIONS ET SOUVENIRS,

liens, le compositeur Paër, étaient veous de Paris. L'aristocratie, les belles grandes daines polonaises, séduisantes par tout le charme que rélégance des manières et la culture de l'esprist ajoutent à la beauté, s'empressaient autour de celui que toos admiraient et qui sem- , blait alors être l'espérance de leur patrie.

M Ce fut pour nous un séjour enchanteur^ dit Savary, bien des cœurs furent pris. > Napoléon lui-même ne resta pas insensible, sans être entraîné , il ne le fut jamais que par la guerre : avant tout, il était aux soins à donner à son armée, à ses projets, aux moyens d'en assurer l'exécution, à sa gloire.

Les premiers moments de l'invasion d'un pays entraînent nécessairement des désordres inévitables : chaque général, chaque chef de corps, chacun, on pourrait le dire, ne pensant qu'à soi, les ressources qu'on rencontre sont bien vite gaspillées. C'est ce qui était arrivé en Pologne, et déjà la pénurie des subsistances se faisait sentir. La création de magasins généraux, de distributions régulières, des ordres sévères pour réprimer et faire cesser les abus

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