‹ Traditions et souvenirs touchant le temps et la vie du général Auguste Colbert, 1793-1809Chapitre 10 sur 139 · CHAPITRE XIV . 2y · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV . 2y

eharge. Murai n*en dit rien dans son rapport, Keller-

maun non plus ; aucun des rapports faits dans le momenty ni celui de Boudet, ni celui de Victor, ne se pro* noncent à cet égard ; ils se contentent de mentionner la charge^ d'en constater l'effet. Une des relations officielles, celle rédigée en 1806, dit que Tordre fut donné par le premier consul, et Savary, dans ses Mémoires, afUrme avoir porté lui-même cet ordre à Kellermann. Que cette charge ait été faite par suite d'un ordre spécial, je ne le crois pas, et la raison toute simple est que le résultat même de cette charge a tenu au moment choisi, moment dont Kellermann seul pouvait juger. Marmont, témoin oculaire, fait justement remarquer qu'un instant plus tôt ou plus tard Teffet n*eût pas été le même. Ce que je crois, c*est que Kellermann, placé sur le flanc d'une infanterie qu'il était » chargé de protéger », pensa, lorsque le moment propice lui apparut, qu'il n'était pas là seulement pour regarder, niais pour agir. Toute troupe placée en Jace de l'ennemi n'a-t-eiie pas d'une manière implicite Tordre d'employer ses moyens d'action, à moins qu'il n'y ait un ordre formellement contraire?

Voici le rapport de Kellermann, adressé au général Victor; je ne crois pas qu'il y ait un code plus complet des devoirs de la cavalerie sur un champ de bataille.

CaMîii*>Nm, M pnirial (15 juin).

« J'ai l'honneur de vous adresser ci-joint le rapport des actions éclatantes qui ont distingué la brigade des 2®, 6^ et 20® régiments de cavalerie pendant la bataille

d'Alexaadrie. La brigade arriva à neuf heures du maliu à Marengo^ et fut immédiatement placée à gauche en avant du village, près du 8® de dragons. Vers midi, l'ennemi fit déboucher par la droite, vis-à^vis de la brigade» une forte colonne de cavalerie : nous h laissâmes avancer. Je donnai l'ordre au 8*" de dragons de la charger ; je le soutenais marchant en bataille : le 8« culbuta la cavalerie ennemie ; mais, la charge ayant mis du désordre, il fut ehargéàson tour; je lui donnai ordre de me démasquer et de se rallier derrière la brigade qui s'avança avecsang- froid sur la ligne ennemie, la chargea à cinquante pas, la mit en déroute et la culbuta dans les fossés jusque sur son infanterie : Tennemi perdit dans ces deux charges plus de 100 chevaux; son infanterie allait se débanda, pour peu que la nôtre eût donné; mais on s'observa un quart d'heure. Pendant ce temps, le feu de Tartillerie et de l'infanterie ennemie nous abîmait, et nous obligea à reprendre notre ancienne position. La brigade resta deox heures en panne, sous le feu du canon ; il y eut un

intervalle d'une heure pendaiil lequel le feu cessa. A deux heures, labrigade resta seule, sans infanterie et sans dragons, on vit déboucher une ccdonne de deux à trois mille chevaux, précédée duue nombreuse artillerie; il fallut se retirer : Tinfanterie, n'ayant plus de cartouclies, se porta sur Marengo; la brigade se mit en bataille sur la droite et la gauche du chemin, toujours sous le feu d'artillerie le plus meurtrier, couvrant la retraite de l'infanterie, lui donnant le temps de se rallier, se retirant par pelotons, au pas, fidsant de distance en distance des demi-tours à droite, sans permettre que l'emxeuû fit un seul prisonnier sur ce point, et dé«

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