CHAPITRE XIV «r
les grenadiera autrichieDS, venant de ùire leur dé-
. charge, se précipitaient à la course, il arrête sa ligne, puis eomiûsjiàepêlotims à gauche et M awiU i Les pelotons arrivent successivement, coupent la colonne, la mettent dans une horrible confusion; le quartiermaître génénl Zach, qui conduisait cette attaque, est pris ; six drapeaux, quatre pièces de canon, sont enlevés (1).
Le coup était décisif: les fuyards portent la confusion dans les colonnes placées en arrière ; les Autrichiens, privés de la plupart de leurs généraux, manquent de direction; toute la ligne française se porte en avant avec fureur; la 2^ brigade de Boudet enfonce le centre de l'ennemi et le coupe en deux ; Kellermann avec deux cents ckevaux fait face aux escadrons qui s'avancent et les contient jusqu^à l'arrivée des chasseurs et des grenadiers de la garde consulaire ; tous ensemble ils les chargent et les culbutent. L'armée autrichiennei poussée en désordre, ne trouve de salut que dans robscurité de la nuit^ derrière la Bormida et les retranchements qui la couvrent.
Pendant que ces faits s'accomplissaient, Ott, placé à Textième gauche des Autrichiens, séparé du gros de Tannée, avait continué à marcher en avant, lorsqu'il s'aperçut du nouveau mouvement agressif de Tannée française; il voulut se rabattre sur sa droite, mais étonné, inquiet de la rapidité avec laquelle les feux s'éloignaient derrière lui, il prit le parti de se retirer
(1) Voir sur eati» charge le tome V du Précis des événements mili- Utres de Matlûea Dumas» note i** è ta Sn dn volmne.
sur Castel Cerioio. Bientôt il put s'assurer de la com* plète déroute des siens. Un instant avait suffi pour chauger eu désastre une victoire qui semblait assurée.
Je n*ai point la prétention d'avoir fait une narration complète de la bataille de Marengo; j'ai seulement, d'après les documents originaux que j'avais sous les yeux, fait aussi simplement et du mieux qu*il m*a été possible, une légende des principaux faits qui établissent le caractère de cette mémorable action. La bataille de Marengo est une de celles où les Français ont montré le plus de ténacité ; elle dura treize heures; il y eut un homme d'atteint sur quatre ; ni généraux, ni soldais ne se laissèrent abattre ; elle servira toujours d'exemple pour montrer ce qu'on peut iaire avec de la cavalerie habilement et audacieusement conduite.
Le général Murât dit dans son rapport à Berthier : <( «ressayerais en vain, si vous n'^en aviez été témoin, de vous peindre la bravoure et Tintrépidité de toute la cavalerie. » .
A une époque où, après la guerre de Grimée, la campagne d'Italie, les batailles de Magenta et de Solférino, quelques personnes croient pouvoir avancer que la cavalerie, cette arme si coûteuse, est à peu près devenue inutile, et qu'il £Biut tout au plus conserver de la cavalerie légère, il me semble curieux de lire le rapport £ail par le général Kellermann le lendemain de la bataille: il me parait éminemment propre à éclairer la question.
Examinons toutefois d*abord un point qui a été fort
discuté, celui de savoir si Kellermann avait reçu, soit de Bonaparte, soit de ûesaix, Tordre de faire sa fameuse
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