CHAPITRE XXV
de fusil avec les Français, reste plongé dans la plus profonde sécurité et ne fisdl aucun pr éparatif pour reeevoir une bataille dont il n'a aucune idée.
11 reste donc avéré que Napoléon lui-même était fort mal renseigné sur les mouvements de Tennemi, bien que dans tous ses ordres il répétât sans cesse : « Envoyez des coureurs pour savoir des nouvelles. » Le duc de Rovigo, Savary, dit tout crûment que sous ce rapport « notre cavalerie était dirigée sans intelligence». On voit qu*il en était de même chez les Prussiens, et que les principes de F'rédéric et les leçons de Zietl^n étaient oubliés.
Ne pourrait-on trouver une explication à cet oubli du rôle de la cavalerie légère, dans une tendance qu'on rencontre à toutes les époques, tendance qui, à force de vouloir raméliorer, la régulariser, finit par Falourdir et faire en définitive de la cavalerie légère de la cavalerie de bataille ?
La nuit qui avait suivi cette double bataille et cette double défaite porta au comble le désordre et la désorganisation dans Tarmée prussienne. Le ducdeBrans^ wick, Mollendorf, étaient mourants; Hohenlohe arrivait dans la matinée du 15 à Denstedt, avec 60 cavaliers à peiue. Le roi, cherchant à gagner Weimar qu'il ne savait pas encore occupée, tomba au milieu des fuyards dléna et apprit alors la grandeur de son désastre.
On n'était convenu d aucun lieu de ralliement ; aucun ordre n'était plus donné ; les troupes sans direction suivaient, pour ainsi dire au hasard, les routes qui se trouvaient devant elles : les unes prirent celle d'Erf urth, les autres ceUe de GoUoda, le plus grand nombre se
dirigea sur Sommerda. Sourent les colonnes se croisaient, se mêlaient, s encombraient aux passages des ponts, et de cette rencontre résultait une nouvelle c(m«-
fùsîon que ne faisait qu'accroître à chaque instant la crainte d'un ennemi infatigable qu'on savait être, non seulement sur ses derrières, mais qu'on rencontrait déjà devant soi.
Dans de tels moments, la fermeté abandonne les plus braves, et celui qui sur le champ de bataille résiste encore, quoique vaincu, alors que le vertige de la fuite s*est emparé de lui, ne pense qu'à échapper : les liens de la discipline disparaissent, les chefs ne pensent plus à commander, ou sentent leur impuissance, et bientôt, dans ces masses confuses, le plus grand nombre n*a plus d'autre pensée que de se soustraire au péril commun en fuyant isolément.
L'influence de cette désorganisation fut telle, que les deux divisions de réserve du général Kalkreuth, qui avaient quitté intactes le champ de bataille d'Auerstœdt, s'étaient en partie dispersées pendant la nuit et ne comptaient plus le matin que 8 ou 10 bataillons réunis. Ce ne fut que le surlendemain de la bataille, le 16 octobre, que le prince de Hohenlohe rencontra le roi à Sonderhausen, et apprit quelques nouvelles de Taimée qui avait combattu sous ses ordres à léna.
Le roi lui donna le commandement de toutes les troupes, en indiquant Magddbourg comme lieu général de rassemblement ; lui-môme allait essayer de couvrir Postdam et Berlin, et, s'il n'était plus temps de se reformer surTOder, de rassembler ses troupes sur la Yistule.
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