‹ Traditions et souvenirs touchant le temps et la vie du général Auguste Colbert, 1793-1809Chapitre 114 sur 139 · CHAPITRE XXVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXVI

n ayaut jsuaaùs été bien tracée, les deux maréchaux, quoique eu apfMUEence snbordoimés, continuaient à correspondre avec l'empereur et le major général, et en recevaient des ordres directs; il résulta souvent de cette position mal définie des timillements et des discussions, dont leur correspondance porte de fréquents témoignages* On est m&sne parfois étonné de voir Tempereur ne pas se prononcer et laisser certaines questions indécises entre ses lieutenants.

Le covps d'Augerean avait franchi laVistule à Zakroczim, et Soult à Wyzigrod : de telle façon que du 20 au 23 décembre, tous les corps de Tarmée française de Yar*sovie à Thom étaient passés sur la rive gauche de la Vistule. C'était de Posen que TSapulcon avait ordonné tout ce grand mouvement. Le 18, il entrai^ dans Varsovie au milieu d'acclamations enthousiastes.

Cependant, le feld-maréchal Kamenski, ayant rejoint son armée et pris le commandement, voulut signaler son arrivée. Il fit faire un mouvement en avant et porta son quartier général à Nasieisk (1).

Voici quelle étaitla position de Tannée russe le 23 dé* cembre : elle occupai l le trapèze formé par l'Wkra et la Narew venant se jeter dans le Bug qui en forme le petit côté* Ostermann-Tolstoy était à Nasieisk avec le quartier général, ayant ses avant-postes à Czarnowo. A Laplachin sur la Soma, petite rivière qui se jette un peu plus loin dans l^Wkra, était la division Sacken ; à

(1) 11 répondait à oeu qai Xvi fUBaient obter? er que ce n*étaient pas te Turcs qu*on avait devant soi, mais une armée expérimentée, dirigée par un grand général : « Je me sens assez de moyens pour combattre et vaincre Bonaparte à la Souvarow. t

m TRADITIONS ET SOUVENIRS

Zebrouski sur la Narew, Sedmaratski ; Benningsen à Puliufick avec la division Gaiitzin; Anrepp, du corps de Buxhovden, à Popowo sur le Bug, elles trois autres divisions du môme corps à Ostrolenka.

On peut juger sur la carte du décousu de tes dispositions. Au reste les mouvements de troupes semblaient indiquer de la part des Russesllntentiondeprendreroffensive. Napoléon résolut de les prévenir; d^aiUeurs, resserré sur la Vistule, il voulut élargir le champ devant lui, pour y voir plus clair et se rendre compte dece qu'il ne pouvait que soupçonner, car dans ce pays coupé par de nombreux cours d'eau, des forêts, des marécages, où les alternatives de froid et de dégel changeaient une terre noire et légère en une boue liquide où l'on enfonçait, dans une saison enfin oii il y avait seisse heures de nuit sur vingt-quatre, les reconnaissances' étaient fort difficiles et fort incomplètes. Il fallait donc faire une trouée dans Tarmée russe pour savoir au juste ce qui se passait.

Ce fut Gzarnowo» situé au confluent de T WJora et du Bug, que Tempereur choimt pour son point d'attaque. Arrivé de Varsovie le 23 au matin, il dicta lui-même les dispositions du combat : c'était à lafindu jour qu'il devait avoir lieu. Cet ordre était d'une telle précision, et Texécution en fut suivie si ponctuellement, qu'au dire du général Mathieu Dumas, l'ordre reste le récit le plus fidèle qu'on puisse faire du combat. L'Wkra fut franchie, Czarnowo enlevé malgré l'énergique résistance des Russes : le combat avait été long et sanglant. Bien que tout s'y lut passé avec beaucoup d'ordre, les of ficiers, ainsi qu'il^arrive dans les affaires de nuit, furent

Page 1