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atteints dans une plus grande proportion que les soldats ; les géaéraux Morand et Petit y prirent une part glorieose. Immédiatement Napoléonfit poursuivre les Russes, pour qu'ils n'eussent pas le temps de s'établir solidement à Nasielsk. Atteint d*abord par la cavalerie conduite par liapp et Lemarrois, Ostermann ne se retira toutefois que lorsqu'il vit arriver les colonnes d'infanterie.
La division Friant avait pris la tète pour donner un peu de repos aux troupes qui avaient combattu toute la nuit. La trouée était faite et l'empereur faisait mander à Lannes : a Nous sommes au nûlieu de Tarmée ennemie prise en flagrant délit ; il est possible que nous soyons attaqués demain par trente ou quarante mille hommes; rintention de Tempereurest donc que vous partiez avec tout votre corps d'armée à trois heures du matin, pour vous rendre à Nasielsk (1). Le 26, il lui donne l'ordre de se porter de Nasielsk sur Pultusck, d*y franchir la Narew, et d'y construire une tête de pont. 11 lui mandait encore : a L'ennemi, percé dans son centre, est renversé dans ses projets; il est possible qu'il ait encore deux régiments à Sierock, lesquels naturellement doivent être pris, » Rien ne peint d'une manière plus vive que ces quelques mots de l'empereur le désordre tout à coup porté dans Tarmée russe par cette attaque vigoureuse au milieu de leurs divisions ép9X8es,
De tous côtés les généraux se mettaient eu retraite, mais ce n'était pas tout. Déjà, sur leur droite, Augereau, après avoir forcé le passage de l'Wkra, s'avançait
(i) Berthier à Lanaet, 14 déeembre 180B.
m TRADITIONS £T SOUVENIRS
sur Noviomasto. L'empereur, pour achever de tourner les Russes par leur droite et les devancer sur leur ligue de retraite, donnait l'ordre à Soolt de se porter de CSiicanow par Mackau sur leurs derrières.
Le plan de Napoléon s'explique de la manière la j^us nette : après avoir désorganisé Tarmée russe, en la brisant au centre, il allait renveloppor avec sa gauche.
Le vieux maréchal Eamenski comprit toute réteadue du péril dont il étadt menacé, il ordonna précipitamment la retraite sur Ostrolenka et Lonua; efaignant qu'elle ne fût ralentie par TartiHerie dans la vallée de la Narew détrempée par le dégel et les pluies, il donna ordre de Tabandonner ainsi que les bagages, lorsqu'on s'y verrait obligé. Les généraux russes, qui ne pensaient pas en être réduits à une pareille extrémité, se révoltaient contre cet ordre : et Kamenskî, redoutant peut-être un sort semblable à celui de Mack, perdit la tète et abandonna Tarmée qu'il laissa sans dief •
Toutefois il avait vu juste, plus juste que ses lieutenants, et il est fort présumable que si les Français avaient eu pour eux le beau temps et de bons ehemins, l'armée russe eût été exposée à subir un grand désastre. Dans Tétat de confusion où étaient les Russesi les généraux réunirent les divisions éparses comme ils purent: Benningsen était à Pultusk avec presque toute son armée, Galitzin à Golymin avec une partie de sa division, une partie de celle de Sacken et la division Doctorow du corps de Buxhowden; celui-ci était à Mackau avec Tutschakow ; deux autres de ses divisions, celle d'Esseu et d'Anrepp, étaient au delà de la Narew, à Popowo, sur la rive droite du Bug.
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Benuiagsea s'établit en ayant de Pultusk avec 60 bataillons, 80 escadrons, une nombreuse artillerie de position et résolut de tenir ferme. Lannes, n'ayant avec lui que son corps d'armée, les divisions Suchetet Gaxan, la division Gudin du corps du maréchal Davout et la division de dragons du général Bccker, en tout bataillons et 24 escadrons, c'esi-à-dire environ 30,000 hommes, n'hésita pas à attaquer.
Les Français, au milieu de la neige, enfonçant dans la boue où ils pouvaient à peine se tenir^ ayant la plus grande difficulté à se mouvoir, perdaient tous les avantages de Toffensive et étaient foudroyés par une formidable artillerie de position, à laquelle on ne pouvait répondre que par quelques pièces légères ; ils étaient en outre sans cesse attaqués par une nombreuse cavalerie. Aussi, malgré Tardeur de Lannes, quMne fièvre violente semblait augmenter encore, malgré la vaillance des généraux, Tentrain des soldats auxquels on entendait dire comme autrefois aux Romains : u Qu'on nuus donne de la terre ferme, et la victoire est à nous », Benniûgsen ne put être forcé dans sa position et ne se retira que dans la nuit, alors que les Français se disposaient à l'attaquer de nouveau le lendemain. Il se vanta toutefois d'avoir remporté une victoire, et parvint pendant quelque temps à le faire croire, tandis que ce n'était qu'une défaite qu'il avait évitée.
Le niènic jour, à Golymin, Galitzin, qui avait avec lui 25,000 hommes environ, fut attaqué par Augereau, une division du corps de Davout et une partie de la cavalerie de réserve de Murât. Là aussi les Russes hésitèrent, et ce ne fut qu*à la nuit, étant presque enve-
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loppés, qu'ils se retirèrent sur Mackau, laissant une partie de leurs canons et de leurs bagages. On s'était battu au milieu de tourbillons de neige ou de torrents de pluie ; les soldats pouvaient à peine se servir de leurs armes, et, comme à Pultusk, nous n'avions que très peu d*artillerie.
Napoléon, ainsi que l'observe Jomini, n'attachait pas grande importance à l'affaire de Pultusk ; même il en gronda Lannes (1), qui s'était entêté par point d'honneur. C'était à gauche que devaient se porter les coups décisifs, aussi fut-il plus sensible à la résistance qu'on rencontra à Golymin. Toutefois il comptait, pour achever de tourner la droite des Husses, sur Soult, qui devait arriver à Maekaa, et dont le mouvement devait être soutenu par Bessières, môme par Ney (2).
Mais le temps devenait de plus en plus mauvais,
partout les terrains défoncés n'étaient plus qu'une vaste fondrière ; Soult ne put arriver k Mackau, et les Russes, trouvant la route de Rozan libre, purent gagner Ostrolenka.
Quant aux généraux russes, Benningsen et Galitzin, sans doute ils obéirent à un noble sentiment en résistant énergiquement, et, jusqu'à un certain point, ils peuvent être justifiés par la nécessité de protéger leur retraite ; mais, plus ils résistaient, plus ils iaciiitaieuL l'accomplissement du plan de Napoléon.
Les Russes échappèrent, he résultat ne fut pas tel
(1) « L'empereur a eu de riiumeur do l'a (Taire du maréchal Lannes avec Benningsen ; il Ta grondé fortement. » (Lettre de DufOO à Jmot, Ménwira de la iuehme é'Abranm, t. IX. p. 3S0.)
(S) Pour oa dernier, les ordres n'étalent pas ariifés I temps.