‹ Traditions et souvenirs touchant le temps et la vie du général Auguste Colbert, 1793-1809Chapitre 117 sur 139 · CHAPITRE XXVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXVI

voltigeurs du 69^ étant arrivés, malgré Tinfériorité de leur nombre, ils s'avancèrent sur le viUa^ qui fut emporté. L*ennemi nous aband(mna ses blessés et quelques prisonniers.

Continuant sa poursuite, le 31 décembre» le général Colbert traverse Ortelsbourg, tombe sur larri ère-garde ennemie, la fait charger vigoureusement, lui prend quatre officiers et soixante fusiliers du régiment de Bulow. De là, se dirigeant par Passeriiieim et Wartenbourgy il arrive à Guttstadt qui devait être témoin de tant de combats glorieux pour le 6* corps. Puis alors, suivant l'ordre qu'il avait reçu de balayer la rive droite de l'Aile, il traverse Heilsberg, plus tard le théâtre de luttes terribles. Près de Lauterhagen, il rencontre un parli de hussards qui fut sal)ré ou pris. Averti que la ville de Bartenstein renfermait des magasins, il prit ses dispositions pour la surprendre et y pénétra dans la nuit du 7 janvier; on y trouva encore un détachement de dragons et de gardes du corps : ceux qui ne furent pas pris se noyèrent en voulant traverser TAlle. Toujours en descendant la rivière, on trouva Schippenbeil* La tète de l'avant-garde du général Colbert y pénétra . le 10 janvier. L'ennemi, étant revenu le lendemain avec de rinilmterie et du canon, nous en délogea, mais notre infanterie arrivait à son tour; Schippenbeil fut repris et occupé solidement dans la journée du 11.

L'avant-garde n'était plus qu'à 12 lieues de Kœnigsberg, à près de 25 lieues du quartier général; le maréchal donna Tordre de s'arrêter, et, élant arrivé luimême le 16 à Bartenstein, il prit ses dispositions pour le cantonnement provisoire de ses troupes. Le général

Golberi, avec sa cavalerie, 40 compagnies d'élite et 10

pièces d'artillerie, devait former une chaîne de postes, de manière à couvrir le front des cantonnements pro-* visoires du 6^ corps d'armée, la droite à Schippenbeil, son quartier général au centre à JBartenstein et la gauche à Heilabeig. U devait observer par sa droite Barten, Gerdauen et Friedland, par son centre Domnau et Preussich-Ëylau, eniln par sa gauche Landsberg et Melhsack. Le général Golbert devait déterminer les lieux de rassemblement. En cas d'attaque, la retraite était surBischoâstein. Les divisions dlnfanterie étaient successivement échelonnées en arrière.

On le voit, les trois corps formant la gauche de l'armée avaient accompli leur mission: les Prussiens étaient complètement séparés de l'armée russe. Ney s'était laissé entraîner au loin à leur poursuite; nous verrons même bientét qu'on trouva qu'il avait été trop loin, et quel fut le résultat de cette marche hardie, mais aventureuse, du 6® corps.

Je rapporterai ici quelques extraits de lettres de mon père ; elles pourront compléter mon récit et faire connaître rhomme après avoir fait juger du soldat :

« Wartembourg, janvier 1807.

« n y a assee longtemps que je n*ai eu de nouvelles ; depuis près de trois semaines je cours continuellement les champs. Gomment écrirais-je, éloigné du quartier général, ne sachant guère où il est, et marchant toujours devant les autres? Aujourd'hui, je suis dans une ville, triste ville & la vérité ; au moins puis-je respirer,un moment

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