CHAPITRE XV
Il n*y avait plus d'illusion possible, et le 21 décembre, le comte M eerfeldt, envoyé par Farchiduc, arrivait au
quartier général de Moreau pour demauder un aiiiiistice. Moreau, qui voulait avant tout pousser ses succès, ne trouva pas d'abord les pouvoirs de Teuvoyé suffisants et n'accorda qu'un armistice de quarante-huit heures qui, tout en mettant trêve aux combats, ne devait cependant pas arrêter la niarclie des troupes. Pai* le fiât seul de ces marches, des colonnes autrichiennes se trouvèrent coupées et tombèrent au pouvoir des Français, et vingt-deux pièces de canon furent prises sans
qn'il y eût combat.
L'£ns fut franchi ; Tavant-garde se porta au delà des deux petits cours d'eau, ripsL et TErlaph. Dans cette position, nos avant-postes se trouvaient à deux journées de Vienne.
Le comte de Grùnn arriva alors au quartier général de Tarniée française, avec pleins pouvoirs de traiter. L'Autriche déclarait qu'elle était prête à traiter seule et indépendamment de ses alliés. Celte déclaration, sur laquelle Moreau avait été particulièrement chargé d'insister par ses instructions, fut confirmée par l'archiduc Charles, et le 25 décembre fut signée à Ste^er une convention par laquelle les forts de Eufstein, Scharnitz et auti*es places fortes du Tyrol, la forteresse de Wurtzboxag en Franconie, Braunau dans le cercle de Bavière, seraient remises en dépôt à l'armée française jusqu'à la paix, et que toutes les troupes autrichiennes qui se trouvaient dans les Grisons, le Tyrol et la Carinthie, rejoindraient l'armée d'Allemagne sans pouvoir aller eu ItaUe.
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78 TKADlTlOiNS EJ SOUVENIRS
Ainsi se lerminâit celte mémiiraMe eampagne. Dans
l'espace de vingt-trois jours, Tarmée frauçaise, après avoir dôlait Tannée ennemie dans mne grande bataille» avait, au miliea d'un rude hiver, parcouru près de cent lieues, franchi trois graudes rivières, fiait 20,000 prisonniers, pris 120 pièces de canon, et ne s'était arrêtée dans sa marche victorieuse qu'à vingt lieues de Vienne.
Le général Decaen rapporte qu*au moment de la signature, ayant dit au général Moreau que rien ne les empêcherait plus d'arriver jusqu'à Vienne, et qu'il serait bien glorieux pour lui et pour son armée de fkiie cette conquête, celui-ci répondit : « La conquête de la paix vaut encore mieux.*. D'ailleurs, dans ce moment où
l'armée est déjà très avancée, je n'ai encore aucunes nouvelles des opérations de l'armée d'Italie, commandée par Brune, qui peut être encore sur le Mincie. J'ignore encore si celle des Grisons, commandée par Macdonald, a pu pénétrer dans le Tyrol. Celle d'Augereau n'est encore qu'à*Wurtzbourg; ainsi, plus nous avancerons^ plus nous nous engagerons, sans appui, dans les États de l'Autriche, et plus nous nous rapprocherons des forces qu'elle peut encore réunir et concentrer pour arrêter nos succès. Or, puisqu'ils veulent enûn la paix, il vaut beaucoup mieux en traiter au plus tôt, que de les réduire au désespoir, et nous exposer nous-mè* mes aux chances de la guerre, qui peuvent aussi nous devemre(»itraires»(l).
(l) Extrait des Mémoires du «;i'néral Decaen (cité par CarrioQ-Nisas ;
(Jampagne des Français en Allemagne t p*