CHAPITRE XVI 9tt
saote du corps, et à lui doimer Tardeur, rambition et
le zèle, qui souL les mobiles de Tordre, du service et dabiea; je profiterai, pour cette partie de ma réorga- Digation, du pouvoir que j*ai de choisir et de nommer.
« Vous sentirez par ces détails combien ma tâcbe est grande : il me faut, citoyen général, avec des sousofficiers nouveaux, créer des soldats nouveaux, qu'il s'agit de former tous à la fois. J'espère, avec du temps et des soins, y parvenir.
« Iiya.au régiment plusieurs officiers précieux pour rinstraction ; vous savez, citoyen général, les fatigues d'un tel métier ; de tout temps les officiers qui y étaient employés étaient gratifiés par le Gouvernement : ne se-^ lait-il pas d*une sage prévoyance de. le feîre encore ?
c Ne voulant pas dépasser le but de ces notes, qui est de vous faire connaître Tesprit du corps en ce moment, je ne donnerai pas aux causes et aux effets que i'ai fait remarquer les développements dont ils sont «asceptibles ; mais je puis vous assurer que mes réflexions sont puisées dans une observation pratique, et je suis persuadé qu'elles doivent être applicables à tous les corps » (1).
Par ce qui précède, Auguste Golbert montre ce qui
(1) L'année suivante (1802), le colonel Golbert ajoutait h ces notes 1 « Depuis l'année dernière, il s'est généralement opéré un changement avantageux dans la manière d'être des officiers : je trouve en eux moins dUndolence, plus de tenue^ de zèle et d^amour de leur aélier.
« Lm tons-officiers B*ODt IéH aoean pts tén l^améUoraUcm : ils ont ttieore presque tous les défiiuts que je leur reploobals l'année dei» atftie} ce qui tient plutôt à Tespèce d'Iiommes dont cette classe est Ibr- ^ qa*k tonte antre cause, car lis ont étd cllangés presque entiè» tenem dans l^espace dHwe année ; il y «tait peu de siq'ets distingaée au
m TRADITIONS ET SOUVENIRS
existait, en pénètre les causes ; déjà il laisse pinssentir
ce qu'il voudrait ; des extraits d'un mémoire adressé au ministre de la Guerre vont faire connaître d'une manière plus complète ses idées sur la manière de conduire et de diriger les hommes, sur l'administration, eafia sur Fétat militaire en général :
a La discipline, dit-il, est la soumission aux lois miiitaires.
« La discipline doit être basée sur la connaissance
du caractère national, elle doit par conséquent avoir une intention et un système particuliers, suivant le pays et le Gouvernement .
« Deux puissantes aides doivent seconder la discipline : la crainte et Tambition; ces deux moyens, employés par des mains habiles, doivent être balancés l'un par l'autre.
<c G*est par Tambition qu*on excite les passions géné* reuses, c'est elle qui développe les facultés et forme les hommes supérieurs ; on a su employer ce levier puissant depuis dix années de révolution, c'est à lui qu'on doit les hommes célèbres qui honorent la France, c'est à Tambition qu'on doit le résultat de la gloire natio* nale.
Il faut, particulièrement dans l'état inilitairei inspi*
corps, et J*ai été obligé par la loi de la néoaéaité dVaiicar des gm peu suoeptîbles de Tétie dans toute autre potitiou. Plusieurs d*entie eux soDt crapuleux et négligents. Je dois oependaot des éloges aux adjudants sous-of&ciers, et à plusieurs maréchaux des logis chefs. Les fourriers, en général, sont d*une nullité efirayante ; ignorants et yoleurs, ils croient avoir obtenu un succès lorsqu'ils ont fait sauter une dizaine de distributions ; ils ignorent entièrement la tenue de la comptabilité, et ils se tient sur Texactitude et le zèle des maréchaux de logis chefs qui, eu général^ sont capables. •
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rêr des passioiiB fortes qui puissent éteindre cet instinct
naturel qui porte rhomme à craindre pour son existence ; mais, au milieu du jeu des passions qui sont reconnues nécessaires, combien d'inconvénients ne résulteraient-ils pas si la crainte, employée à propos, ne mettait un frein à l'effervescence?
« Je sais, avec toul le monde, qu'il faut à des Français, naturellement fiers et iiexibles, une autre méthode qu'à des Allemands ; je pense qu'on doit rejeter avec soin ces moycnts humiliants qui avilissent, ces châtiments qui dégradent l'humanité et tarissent Ténergie et Tardeur nécessaires à la guerre iHnvasûm et à des sol^ dats républicains,
< Montecuculli a dit : <c Lorsqu'on n'a point de con« « sidération pour le soldat, la milice tombe. »
« La discipline étant donc assise sur des bases géné^ raies qui sont celles que la raison indique pour la nation, on a fait pour les régiments un code de police intérieure qui détermine la nature et la durée des punitions ; mais la police intérieure d'un régiment doit, ainsi que la discipline générale d'un peuple, être soumise à la connaissance du caractère et de la moralité des individus.
a La police doit être uniforme dans ses résultats qui sont Tordre et la discipline, mais elle doit nécessairement varier dans Tapplication de ses règlements ; plusieurs autres motifs que le caractère connu des hommes
peuvent la rendre plus ou moins douce, plus ou moins rigoureuse dans certaines circonstances*
« Si une nation doit avoir un système de discipline, vux corjfs ne peut avoir une police réduite en système n «
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fixe et exacl. Le juste emploi des règlements repose sur
la sagesse du supérieur de tout grade et dans le calme de ses passions.
« Les règlements sont les lois organiques de la législation militaire, et c'est le pouvoir immédiat qui les applique suivant les cireonstanees.
a Les nombreuses variétés des esprits doivent donner lieu à difFérentes méthodes qui, toutes soumises aux lois, peuvent néanmoins agir différemment. 11 serait désirable qu'il n*y eût qu'iine seule et même manière, maïs il est plus difficile dé fMger Us passions que iTaligner les rangs.
a Je pense que les punitions ne doivent point être trop sévères. Montesquieu a dit : « que le relâchement de Tordre vient de Timpunité du crime et non de la modération des peines. » Adoptant ce principe, il faut en tirer des conséquences applicables à la milice. Ici le châti* meot doit suivre de près la faute. En s*éloignant de cette idée, nos tribunaux et nos commissions sont vicieux dans leur constitution^ nuisibles parce qu'ils ne sont point en harmonie avec les circonstances.
« Les signes, les effets sensibles frappent et corri-> gent^ mais la froide lecture d'une condamnation par contumace est-elle faite pour effrajfer des hommes qui doivent savoir braver la mort de pang^froidP
« Il me semble que les conseils devraient être formés dans Tintérieur des corps, et le jugement rendu dans les vingt-quatre heures qui suivent la bute. Un conseil de revision jugerait en dernier ressort.
« Je eroîa que ks pefans, même pour les plus grandes fautes, l'assassinat excepté, devraient être plutôt mo^