CHAPITRE XIV
trème droite Rivaud, avec uiie brigade de cavalerie à Sale, puis il donna Tordre à Desaix de se porter du côté de Rivalta, pour empêcher l'eDiiemi de liler par sa droite vers Novi et Gônes. Un coup d'œil sur la carte suffira pour montrer quelle était, par suite de ces dispositions, la dissémination d'une armée qui ne 8'éleyait qu'à 28,000 hommes (1).
Il n était point dans les habitudes de Bonaparte de diviser ainsi ses forces. On est donc autorisé à penser que, dans la distribution de ses troupes, il agit plutôt avec la préoccupation . de ce que pourrait tenter Mêlas pour échapper , que dans la préviûon d'une attaque sérieuse des Autrichiens et d'une bataille.
Cependant le lendemain, 14 juin (25 prairial), à 1 aube du jour, on aperçut l'armée ennemie tout entière rangée en bataille entre Alexandrie et la Bormida, et vers neuf heures du matin (2), après avoir traversé la rivière par deux ponts, elle débouchait en trois colonnes dans la jdaine deMarengo, au son d'une musique guerrière, en-
Ci) Effectif de l'armée de résenre au 35 iMrairial, le matin de M»reogp:
Corps de Victor* — Division Gardanne. • . 3,038 hommes
Division Cliambariliac. 5,987
Corps de Lannes. — Division Watrin. . . . 21,083
Corps de Desaix. — Division Monnier. . . 3,614
Division Boudet . . . 5,316
Garde consulaire
Cavalerie sous Murât. • • • 3,2'20
ArUilerie et génie 618
(ij « L'avanl-ganle ftil atta(iuee ù neuf heures du matin parla première li^ne (le Tarmée eniioniie. >> (Kapport de GarUaime.) Voir aussi lesrap- |>orls de Victor et de iiivaud.
saignes déployées , et précédée d'une nombreuse artillerie.
Cest un grand nom que celui de Marengo; il réveille mille souvenirs de gloire ; nul n*est plus associé au nom de Napoléon , et cependant, de toutes les batailles que le grand capitaine a livrées» c'est peut-être celle où il a le moins mis Tempreinte de son génie. La gloire de Marengo est dans les préparatifs de la campa-
gne, dans cette marche audacieuse par les Alpes, dans
rhabile combinaison des mouvements qui , d'un seul coup, nous livre lltalie. Quant à la bataille qui couronne et termine ce drame, la victoire fut due , il fàut le reconnaître, à la fermeté des troupes et des généraux, bien plus qu*à aucune conception éclatante, digne de fixer Fattention. Napoléon le savait mieux que personne; mais, au point de vue politique et militaire, les conséquences de cette victoire furent telles, Marengo marque une phase si importante dans sa carrière, qu'il s'efforça toujours de grandir cette bataille ou du moins de la mettre au niveau des belles combinaisons qui l'avaient précédée et des immenses résultats qu'elle avait amenés.
De 1800 à 1806, il fitdonc rédiger plusieurs relations
qu'il biffait et corrigeait sans cesse, sans se montrer jamais satisfait. Le but de ces relations était de donner un corps aux diverses phases de la bataille, de les coordonner comme étant les diverses parties d'un plan combiné à l'avance.
Voici, d'après la rédaction de 18ÛG, ce qui se seraij. passé:
L'armée française aurait reçu ]à bataille^ étan^ d|s^