CHAPITRE XVn
lions, une organisation, qui devaient assurer Ui.
vememeut régulier, se fondaient; enlin cette France, qu*un instant l'Europe coalisée avait cru pouvoir effacer de sa carte, avait retrouvé les limites de rancienne Gaule; elle s*é(endait de l'Océan au Rhin, du golfe de Gênes aux bouches de l'Escaut, et Tltalie, la Suisse, la Hollande, semblaient n'être que des sentinelles destinées à la couvrir et prêtes à seconder sa puissance.
Tant de calme et de grandeur ne faisaient pas le compte de l'Augleterre. Qu'étaient donc devenus et l'anathème lancé par Pitt : « Il ne faut pas qu'un gouvernement régulier s'établisse en France », et cette autre menace également sortie de sa bouche : « Il faut lui faire une guerre à mort? » Put lui-même, voyant l'Angleterre abandonnée par * les xmissances continentales, avait quitté le ministère, et ses successeurs s'étaient vus forcés de signer la paix d^ Amiens, paix au reste qui ne fut, aux yeux du gouveruement anglais, qu'un essai, an cxjfûrimental peace (^), et contre laquelle réagit bientêt Topinion : Ton entendit Sheridan, qui autrefois avait fait partie de l'opposition avec Fox, s'écrier dans le Parlement : « Quant je r^arde la carte de l'Europe, je ne vois plus que la France, je vois l'Italie dans son vasselage, la Prusse prête à obéira un signe de sa tète, et TEspagne à un mouvement de son doigt, le Portugal prosterné à ses pieds, la Hollande sous sa main, la
(t) Expression de lord Hawkesbury.
Turquie dans ses filets ; que reste- t-il au premier consul à subjuguer, si ce n'esti* Angleterre? Mais un pays parvenu à un si haut point de grandeur que TAngleterre ne pourrait se résigner à devenir petit » (1).
Le traité d'Amiens obligeait FAngleterre à évacuer Malte, mais la possession de Malte assurait sa toutepuissance dans la Méditerranée et lui permettait de s'opposer à toute nouvelle tentative de la I^'rance sur rÉgypte; cet abandon lui parut donc impossible; elle était d'ailleurs excitée par tous les motifs que lui suggérait son orgueil blessé. Ce fut donc « avec une anxiété fiévreuse, ainsi que Ta dit Tbislorien anglais Alison, que le gouvernement britannique poursuivit la rupture du traité d'Amiens, et il est impossible de ne pas reconnaître qu'il fut l'agresseur » (2).
Ainsi nos ennemis mêmes l'avouent : ce ne fut pas Bonaparte qui ranima cette grande lutte européenne qu'un instant ou avait pu croire apaisée, il ne donna pas le signal de cette nouvelle guerre qui devait porter la dévastation en Europe, et se terminer pour lui, après dix années de prodiges, de triomphes inouïs, par la plus terrible des chutes.
Toutefois, si le premier consul ne fut pas l'agresseur, 8^il était fondé à réclamer l'exécution des traités, si les
(i) c A ooimiiy which bad aohieved mich ^reatnets JmuI bo r«traal in Uttteness. »
<2) c Upon eooUf reriewiog tke drcumstances luder whioh the contest was reaew«d, it is impossible to deny that the British governmeiit rninifeeted a feverish aniiety to oome to a rupture, aad ^t, ao îu aa the traaaactiona betweon the two eountriee oonaidered apart from
other States are conoerned, they were the aggressers. • [History of Jùirope from Ihe commencemeni of the fl'eneà Résolution... ^ by Archibaid AliiMO, t. V, p. iiO.)