CHAPITRE XX âOâ
11 est peai-ètre eurieax de Mte ici un rapprochement: moins d'un mois après cette proclamation (1), Nelson» en présence des flottes française et espagnole qu'il allait attaquer, donnait aux siens comme signal du combat ces nobles et austères paroles : a £ngland expeetevery man will do his duty x> (2). Ce dévouement saûs phrases, absolu, au devoir, a une grandeur, une simplicité qni nous frappent et s'imposent à notre admiration ; mais ce devoir, quel est-il? Pour le marin anglais, il consiste à combattre jusqu'à la mort en obéissant à 868 chefs, qui eux-mêmes obéissent au souvendn, au parlement, sil'on veut, qui représente la nation. Il y a dans ce sentioient du devoir auquel on fait appd quelque chose de vague, d'abstrait, d'aveugle. J'avoue que j'aime mieux le dévouement qui sait pourquoi il se dévoue; j'aime cet appel fidt par Napoléon, non seulelueut au sentiment du devoir, mais à l'intelligence: eette initiation de l'armée qui, comme le dit Napoléon, n'est que V avant-garde de la nation^ à la politique et aux raisons qui la determinenti me parait avoir quelque ehoee de plus élevé, de plus digne de Thomme et du citoyen, que ce sentiment abstrait pour lequel on se sacrifie sans trop savoir pourquoi.
Le passage du Rhin s'était fait avec apparat, comme pour une grande féle ; Tordre du jour disait . « Les Uoupes seront en tenue de parade, culotte blanche, guêtres noires ; les grenadiers ainsi que l'infanterie légère auront le bonnet en téte avec le plumet • » Je
(1) Le 21 octobia 1805, à Trafolgar.
« L'Anfdelerra compte que chaque homme fera son devoir. •
trouve dans le même ordre un détail curieux : « Toute
riûfanterie, la cavalerie et l'artillerie porteront des branches de chêne à leurs chapeaux, en signe de la vietoire que l'armée remportera sur les enuemis. »
Murât et sa cavalerie, soutenus par le corps de 'Lannes, passèrent le Rhin à Eehl, le 25 septembre : il de* vait menacer les débouchés de la Forêt Noire et détourner Taitention de Tennemi du mouvement qui se faisait pour loiiruer sa droite. Davout franchit le Rhin à Manheim, Soult à Spire; enfin, Ney passa le ileuve» le 26 septembre, vis-à-vis de Dourlaeh.
Quelle était à celle époque (du 15 au 27 septembre) la position de Tarmée ennemie? Les troupes autrichiennes, après avoir traversé la Bavière à marches forcées, s'étaient répandues en Souabe et s'étaient emparées d'Ulni, appartenant à l'électeur de Bavière, qui, après avoir tenté vainement de maintenir sa neutralité, s*était retiré, comme nous l'avons vu, à Wurtzbouig avec sou armée. Le général Mack se hâta de faire réparer et compléter les fortifications d'Ulm. Déjà le bruit des progrès de l'aile gauche de Tannée firançaise se répandait ; néanmoins, dans un grand conseil de guerre tenu le 25 septembre, il fut résolu qu'on se maintiendrait sur le Danube et dans les Alpes tyroliennes jusqu^à l'arrivée des Russes. Mack et son quartie^maltre général Meyer trouvaient de grands avantages à ce plan : leur centre couvrait Taccès de la Bavière ; la droite s'appuyant sur Ulm, permettait de manoeuvrer sur les deux rives du Danube; la gauche enfin, occupant Stockach, se reliait par Kempten au TyroL
Us raisonnaient encore ainsi, que déjà rarmée firan-