CHAPITRE XX m
çaise menaçait leora demèies: eux seuls l'ignoraient.
C'était à la fois de l'ignorance, du pédantisiue et de rin£Bituatioa; Napoléon allait bientôt eu faire justice.
Gomme le colonel Golbert commandait la cavalerie légère du maréchal Ney, je suivrai plus particulièrement la marche du 6^ corps, qui d'ailleurs joua un des rôles les plus importants, surtout dans la première partie de la campagne de 1805.
La l'^ division était commandée par le général Dupont, qui depuis termina si tristement en Espagne, à Baylen, une carrière illustrée par de grands talents et les plus beaux feits d*annes. La fàmeuse 32* demibrigade, qui portait avec orgueil sur son drapeau les paroles dites en Italie par Bonaparte un jour de bataille : € Je suis tranquille, la 32® est là ! » formait, avec le 9® léger, une brigade placée sous les ordres du général Bouyer. La seconde brigade de cette division était formée du 96^, et commandée par le général Marchand, dont le nom s^associe aux journées les plus glorieuses du 6* corps.
La deuxième division était commandée par le général Loison. La première brigade, formée du 6^ léger et du 39« de ligne, avait à sa tète le général Villatte. La deuxième^ composée du 69» et du Tô"* de ligne, était sous les ordres du général Roguet (1). *
Le général Malher commandait la troisième division, composée de la brigade Maicognety formée du 25<» léger et du 27* de ligne, et de la brigade Labassée : 50* et 59» de ligne.
(1) Depuis l'uD des généraux de la garde impériald.
dOtf THADITiOiNS ËT SOUVENIRS
La brigade de cavalerie légère attachée au corps d^armée» et qui se composait du 10* de chasseurs et du 3® de hussards, fut commandée pendant toute cette campagne par le colonel Colbert (1). Une portion du 1®' de hussards resta attachée à la division Dupont.
Le chef d'état-major du 6^ corps était le général Du Taillis : parmi les oCEciers qui lui étaient attachés, se trouvait le chef de bataillon Joraini, qui sera toujours compté parmi les premiers écrivains militaires*
Il me reste enfin à parler du maréchal Ney. Quels héroïques souvenirs, que de douloureuses pensées se réveillent à ce nom ! Gomme homme de guerre, sur le terrain, nul peut-être n'eut un coup d'œil plur sûr que Ney, ne montra plus d*audace dans les attaques, de sang-froid dans les retraites. Non seulement Ney avait cette intrépidité de tous les jours, de tous les instants, toujours prête à braver le péril dès qu'il se présente» mais il avait une fermeté d'âme capable de s'élever aadessus des situations les plus désespérées, témoin la retraite de Russie.
11 fut un jour où ce cœur si lier, cet esprit indomptable en face de l'ennemi, se troubla en présenee des événements politiques. 11 y eut de sa part égarement, faiblesse, inconséquence, mais jamais le calcul d'un traître : son cœui^ était boa et loyal, il aimait sa patrie
(1) Diverti états portent TUlj oomme général commandant la dififion de otralwie^ et Dvpré oommc général de la brigade ; ils ne peraient pas de la campagne. Ainsi Jomini, qui devait être bien informé, puisqu'il faisait partie do l'état-major du 6* corps d'armée, attribue exclusivement au colonel Colbert le rommaiit liment de la cavalerie de ce corps. (F»tf pol, et miiit, dc ^apoiêon^ t. a, p. 104.)
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plus que toute chose au monde, il fiit eotralué par ridée d'éviter une guerre civile. Les juges durent prononcer contre lui» mais ceux qui étaient alors toutpuissants auraient d& savoir et se rappeler que cet homme, qu'ils ûrenl impitoyablement fusiller, avait en Bussie, par un courage sublime, sauvé la vie à des milliers de Français,
J'ai entendu dire, j'ai lu que Ney était violent, emporté, quMl mettait dans ses rapports avee ses subordonnés non seulement de la sévérité, mais de la rudesse et de la morgue, et il existe à cet égard des témoignages difficiles à récuser, mais ce que je sais aussi, et ce que la suite de ce récit montrmi, c'est que Ney était bon et sensible, qu'il possédait les sentiments les plus élevés et les plus délicats. Son aiffectiou pour Auguste Ck)lbert avsit quelque chose de Taffection d*un père pour sou ûls. Il aimait, appréciait ses rares et brillantes qualités militaires ; il voyait en lui un avenir qu*il se lifttait de presser de tout son pouvoir, comme s'il eût été poussé par un triste pressentiment. On le verra toujours donner à Auguste Colbert des commandements fort supérieurs à son grade, soit dans cette campagne, soit en Prusse ou en Pologne. « Je ne dors tranquille, disait-il, que lorsque Colbert commande mes avantpostes » (1).
(f) C'est du général Heymès, longtemps premier aide de camp du ■Mdial Ne^Tf Que je Uens ces paroles.