‹ Traditions et souvenirs touchant le temps et la vie du général Auguste Colbert, 1793-1809Chapitre 57 sur 139 · CHAPITRE XXI m · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXI m

seulement d'observer la garnison d'Ulm, mais surtout de déUmmer l'aiiention de l*etiiieiiii et de couvrir le

colonnes françaises qui, derrière lui et à sa gauche, s'avançaient vers le Danube. En effet, tandis que le 6® corps reste pour ainsi dire immobile, tous les autres, continuant leur mouvement, franchissaient le Danube. Le .6 octobre, au soir, la division Yandamme, du corps de Soult, force le passage à Donauwert, après avoir culbuté le régiment de CoUoredo. Marmoni et Davout passent à Neubourg, Bernadette à Ingolstadt. La droite de Tennemi, sous les ordres de Kienmayer, trop faible pour résister, se retira sur Aicha. Le 7, Marmont occupe Augsbourg; Soult, Davout et Bernadotle poursuivent leur marche, et dès le 9, plus de cent mille hommes coupaient les Autrichiens de leur base sur linn et leur enlevaient toute communication avec Vienne. Bientôt Soult, se dirigeant par Landsberg sur Memmingen, ferma à Tennemi l'accès des montagnes du Tyrol. Enfin Bernadette et Davout, en se portant sur Munich, achevèrent de fermer le cercle dans lequel Tarmée autrichienne allait se trouver étreinte. Cette position les mettait en outre à môme de faire tète aux Russes, qu^on disait ôtre à Lienz, dans le cas où ils eussent débouché par Muhldorf, Wasserbourg et Braunau.

Mais ce n*était pas tout d'avoir enfermé Farmée autrichienne entre Tllleret le Danube et de l'avoir poussée sur Ulm, il fallait encore éviter qu'elle pût s'échapper du côté de la rive gauche par NordUngen et Monheim et se jeter sur les dépôts, les parcs et les communications de Tarmée. « 11 ne s'agit pas de battre l'en-

nemi, écrivait Napoléon, il £aut qu'il n'en échappe pas

un » (1).

Le corps du maréchal Ney, laissé sur ceUe rive du fleuve, eut alors rimportanie mission de la surveiller ; s'étendant jusqu'à Albeck, Languenau, il devait pour ainsi dire garder à vue cette proie que nous acculions dans Ulm, et B*emparer des ponts de Dillingen, Leipheim, Elchingen, afin de pouvoir communiquer avec la rive droite. 11 fut alors renforcé de la division Gazan, des six mille draguas à pied du général Baragueyd'Hiliiers et de la division de cavalerie du général Bourcier. Il devait d'ailleurs être appuyé par le corps du maréchal Lannes.

Pour assurer plus d^unité dans leurs mouvements, ces deux maréchaux furent placés sous les ordres du prince Murât qui se trouva alors avoir sous son commandement, en y comptant les troupes qu*il avait déjà, une masse de près de soixante mille hommes. Lannes et surtout Ney eurent de la peine à se plier au commandement de leur ancien camarade.

Après avoir indiqué plus haut la marche des corps

qui opéraient à la gauche de l'armée, il faut maintenant suivre les mouvements de ceux qui agirent plus prés de rennemi, car c*est là que les mailles du réseau se serrent et que le sort de la campagne va se décider. De môme que nous occupions la rive gauche du Danube, de même 11 fallait balayer la rive droite, s'en enq^arer

(1) Lettres au maréchal SouU {Correspondance de Napoléon /•» t. XI, n. 9374 el 9370}.

CHàFITRB XXI

el nous lier par cette me aux corps qui formaient noire

centre et l'aile gauche.

Murai passa donc le Danube, le 7 octobre, à Douauweri avec les divisions de dragons de Klein et de ^Taliber, puis il marcha rapidement sur le pont du Lech, qui est en &ce de Rain, aûn de s'assurer de la rouie qui conduit à Neabourg. Le pont n*était défendu que par des cuirassiers; le colonel Yathier, à la lèle de deux cents dragons, traversa le Lech, chargea les cuirassiers et dégagea le passage. Une fois à Rain, Murât fut rejoint parla division de grosse cavalerie du général Nansouty, ce qui poria à sept mille chevaux la cavalerie qu*il avait avec lui. Il reçut alors de l'Empereur Tordre de remonter le Danube et de se porier de suite sur Zusmarshausen afin de couper les communications entre Ulm etAugsbourg.

Mack, inquiet de ce qui se passait à sa droite, avait

envoyé en toute hâte au secours de Kienmayer douze baiaiUons de grenadiers qui arrivaient du Tyrol, soutenus par quatre escadrons des cuirassiers d*Albert, le tout commandé par le général Auilenbourg. Ces troupes descendaient la rive droite du Danube, lorsqu'à quatre lieues au-dessus de Donauwert, à Wertingen, Murât, qui marchait en sens opposé, les rencontra. Immédiatement il prit ses dispositions pour les envelopper. Le générai autrichien, voyant cette nombreuse cavalerie, 8*arrèta et forma ses douze bataillons en un seul carré flanqué à droite et à gauehe de ses cuirassiers, et attendit de pied ferme.

Murai, à la fàveur d'un bois et d'un coteau, fit tour^ ner les Autrichiens par la division du général Nansouty^

m TIUDITIOHS BT SOUVENIRS

tandis que les dragons attaquèrent les cuirassiers. Le combat fut vif, il y eut de part et d'autre des charges impétueuses et réitérées. Les colonels Maupetit et Ârrighi des dragons, le colonel Beaumont du 1 0® de hussards, le chef d*68cadron Bzelmans, aide de camp de Murât, payèrent vaillamment de leurs personnes. Les cuirassiers autrichiens furent enfin dispersés, et le carré fût enveloppé par la cavalerie de Nansouty. Il tenait avec fermeté, lorsque le maréchal Lannes, qui avait passé le Danube à Donauwert et qui suivait Hurat, envoya une des brigades de grenadiers du général Oudinot. L'arrivée de cette in£Euiterie acheva de décider le combat ; le carré fut rompu ; près de trois mille hommes, des étendards tombèrent en notre pouvoir* Toutefois le général Auffénbouig trouva le moyen de s'échapper avec une partie de son monde ; il fut pris d'ailleurs un peu plus tard.

Cet engagement était, à bien dire, le premier de la campagne, il avait été brillant. Napoléon voulut lui donner tout Téclat possible ; il vint lui-même le lendemain à Zusmarshausen passer en revue les troupes qui avaient combattu et leur distribuer des récompenses et des éloges, dont nul mieux que lui ne savait relever le prix par de ûatteuses paroles, tandis qu'un bulletin adressé à Tannée portait partout Tenthousiasme el l'émulation (1).

(1 } A cette affaira de Wertingen ae rattache une missioa remplie par Edouard Colbert, tlo» aide d« camp dn aiaféeliil Bertlitar. n it* oonta dm Mt SmfmUn qnH Ait eiifoyé le soir néma par rEnpMur, poitar on wdra jn naféoM Dtvoiil. jSoa rdcit ania, la orda, da linléféi ; B mat la laaiaiir aa préÎMiiaa daa féili*

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