‹ Traditions et souvenirs touchant le temps et la vie du général Auguste Colbert, 1793-1809Chapitre 68 sur 139 · CHAPITRE XXIÎ · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIÎ

venait de publier un ordie du jour dans lequel il adjurait les généraux et tous les oUiciers de sou armée, au nom de l'honneur et du devoir, de ne point prononcer le mot de reddition et de se défendre à outrance. « Si toutefois les vivres venaient à nous manquer, ajoutaitil» nous avons ici plus de 3,000 chevaux pour nous nourrir. Je serai moi-même le premier à manger de la viande de cheval, et j'espère que chacun suivra mon exemple avee plaisir ; j*attends la même chose des braves habitants de la ville d'Ulm, et leur renouvelle l'assurance qu'ils seront richement indemnisés et récompensés » (1 ). Il dit d'ailleurs à l'envoyé de Napoléon que les Russes avaient passé l'inn et étaient à Dachau. Bégur lui affirma qu'il était dans une erreur complète, que le corps du général Bernadotte occupait Munich et avait ses avant-postes sur l'Inn. Mack demanda alors huit jours au lieu de cinq qu'on lui offrait; on se sépara sans avoir rien arrêté.

Le 17 octobre, Tempereur renvoya H. de Ségur dire au commandant de l'armée autrichienne qu'il lui accordait huit jours à partir du 15, premier jour du blocus. En apprenant cette bien légère concession, Mack montra une telle joie, qu'il semblait en vérité que son armée et son honneur fussent sauvés. Il y eut cependant une discussion sur la manière de compier les huit jours. Le prince de Lichtenstein fut alors dépéché au quartier général de Tempereur pour demander que la garnison, officiers et soldats, eût la liberté de retourner en Autri-

(i) Ordre de l'armée da 15 octobre Ardiivee du dépôt de la guerre.

cbe, BOUS la seule condition de ne plus servir pendant un temps détenniné. L*empereur ayant appris que ^archiduc Ferdiaaod n'était plus là pour garantir de sa * parole un tel engagement, ne voulut rien accorder (1 )•

Le lendemain, Mack consentait à livrer la place d'UIra et à se constituer prisonnier de guerre avec toute son année le 25, si, à celte époque, il n*était pas secouru. Le jour même, il livrait une des portes de la ville aux troupes du maréchal Ney.

(1) Pendaul ces pourparlers, Ëdouard Colbert fut encore envoyé en

mission.

« L'empereur (raronle-t-il), qui a\iiit iiitért't à hâter le moment de la capitulation, prescrivit à Berthier d'envoyer un de ses aides de cump ù Gunzbourg pour donner Tordre au g«^nér<)i iieaumont, qui commandait la division de la cavalerie qui s*y trouvait, de se porter promptement avec sa troupe en face de la téle du pont d*Ulro, anr la rive droite, à l*effet d*interoepter de ce côté toute espèœ de communication avec les asaiégéa, et il lijouta : a Que cet officier parte sur-le-champ, et ne 8*arrôte pas avant d'avoir transmis mon ordre. » Cétait à mou tour de marcher. Je me mis en route, suivi d*une ordonnance.

c J'avais environ six lieues à faire h travers des chemins abîmés depuis plusieurs jours par des pluies continuelles. Aussi (juand j'arrivai au villaiie de à deux lieues de fiiinzbourg, les habitants

m'avertirent (jue le Danube était débordé, que les eaux couvraient le pays à plus d'une lieue du rivage, et (jue Ifs communications par terre avec le pont de Giinzbourg étaient totalement interrompues. Décide que j etais à tout tenter pour transmettre l'ordre de Tempereur, je ne fus pas arrêté par ces tteheux lense^^nements; seulement, oonvsincu de leur exactitude, je me servis pour continuer ma route, du seul moyen qui lût en mon pouvoir, ie me procurai un guide à cheval, qui, pour de l'argent, et muni d*une longue perche pour sonder le terrain, consentit à me oonduire aussi loin que l*inon* dation des eaux le permettrait, et de continuer ma route. Nous mar* citions lentement et à tAtons, étant forcés de faire de fréquentes haltes pour chercher la direction à prendre, et obligés quelquefois de passer dans quatre pieds d'eau et plus. Enfin, après être parvenus avec beaucoup de polne jus(}u'à un quart do lieue du pont de Gimzbourg, rmondalion se trouva si profonde, qu'il fut impossible d'aller plus loin. 11 y avait plus d'une demi-heure que mon guide cher-

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