chapitre: xxii
secours à la capitale menacée, abandonna le Brenner
avec les corps des généraux Hier, Chasteler et Saint- Julien. Ces vingt mille hommes se retirèrent à marches forcée5^ par Villach, Klagenfurlh et Cilly, où ils retrouvèrent Tarchiduc Charles.
Le prince de Rohan restait seul, isolé dans les montagnes du Tyrol : il tenta de passer par Giurenz, puis de suivre la vallée de TAdige, pour de là gagner Trente et l'Italie. Dans cette prévision, le maréchal Ney avait ordonné au général Lolson de se porter par la vallée de l*Eisach, en passant par Clausen, sur TAdîge, au-dessus de Botzen, pour couper la retraite à Tennemi. 11 avait en même temps envoyé le colonel Golbert avec une forte avant-garde pour occuper Neumarckt. Le général Lolson, au lieu de s'établir en nombre suffisant près de Botzen, au confluent des vallées de TAdige et de r£isach, n y avait envoyé que deux bataillons, lorsqu'arrive le prince de Rohan, qui les culbute et passe outre, se dirigeant du côté de l'Italie.
Le maréchal Ney fut très irrité de voir ainsi lui échapper ce corps de Rohan, ([u'il s'était cru certain de pouvoir arrêter ; il envoya immédiatement au colonel Golbert l'ordre de se porter sur Trente pour surveiller Tennemi et l'empêcher de se jeter sur les derrières de l'armée d'Italie ; il le chargeait en même temps de prévenir le commandant des troupes françaises à Vérone de la marche du prince de Rohan, et d'envoyer enfin un officier au prince Eugène, vice-roi dltalie, pour lui faire part des opérations qu'il venait d'accomplir dans leTyroL La lettre du maréchal se termine par ces mots : «( Le zèle ardent que vous n'avez cessé de montrer dans
cette eampagne glorieuse^ pour le service de Sa Majesté, m'est un sûr garant des soins que vous mettras à remplir mes désirs. »
En effet, Farmée d'Italie fut prévenue, et le prince
de Rohan, attaqué par les troupes du générai G uuvioa- Saint-Cyr, fut obligé, après une énergique résistance dans laquelle il fut blessé, de mettre bas les armes à Gastei-Frauco, avec les six mille hommes qu'il commandait.
Le colonel Colbert avait envoyé au vice-roi le capitaine Saint-Léger, du 10® de chasseurs, chargé de por*
ter les rapports du maréchal Ney et ck; lui fournir verbalement tous les reuseignemenlâ tant sur ia marche du prince de Rohan (|ue sur les évtoements qui s'étaient passés eu Tyrol. Le prince Eugène lui répondit par la lettre suivante :
« Je vous remercie, mon cher colonel, des détails que vous me donnez par votre lettre du i^' finmaiie. Le capitaine Saint-Léger vous dira que je l'ai interrogé avec empressement sur tout ce qui peut intéresser votre personne et votre régiment. Je vous fdicite him sincèrement d'avoir participé à une campagne aussi glorieuse. Recevez, mon cher colonel, mes vœux pour la continuation de vos succès particuliers. Sur ce, je prie Dieu qu'il vous ait en sa sainte garde » (1).
Il n'y avait plus, à la fin de novembre, d'Autrichiens dans le ïyrol. L'empereur en apprit la nouvelle avec une grande satisbction. Bien que le succès ne laiss&t rien à désirer, le maréchal Ney seul u en jouissait pas
(t) Y Ecfit Ifonsai ce ^ noYembre 1805. §