CHAPITRE XIV
tenter de ressaisir la victoire 1 JDesaix* assure-t-oa, peœha pour ce dernier parti ; après quelques mots rapidement échangés, la résolution fut bientôt prise, et Beeaix repartit pour rejoindre ses troupes.
Cependant les Autrichiens, se croyant sûrs de la victoire, abandonnaio ut leur ordre de bataille; déjà, on pouvait les voir ployés en colonnes profondes s'avancer sur la route de Torlone, et Mêlas blessé, fatigué, impatient d'annoncer à la cour de Vienne sou succès, était rentré à Alexandrie. U tenait trop peu de compte de ses adversaires, une nouvelle bataille allait coniinencer.
Lorsque Desaix rejoigait la division Boudai, placée sous ses ordres, il était environ cinq heures ; elle venait de déboucher de San Giuliano et occupait la droite et la gauche de la route, protégée et cachée par des haies et des vignes. Les divisions de Victor et de Lannes, ayant été séparées, se retiraient chacune de leur côté. Lorsqu'elles arrivèrent à la hauteur de Boudet, elles reçurent Tordre d'arrêter leur mouvement de retraite et de se remettre face en téte. L'armée française, après ces nouvelles dispositions, était ainsi placée:
La division Boudet, composée de la 9^ lég^, des
30*^ et 59^ de ligne, et disposée, comme nous l'avons dit, des deux cétés de la route, occupait la gauche. Tout près et à sa droite, à quatre cents mètres environ, était la brigade Kellermann, réduite à cent cinquante chevaux, auxquels on réunit un peloton du i^i* de dragons et deux escadrons du 8* ; elle protégeait une batterie de dousse pièces que le général Marmont avait ras- II S
THAOlTiONS ËT SOUVENIRS
semblées pour battre rennemi lorsqu'il s'avancerait sur la route. Au centre, sont les divisions Gardanne, Ghambarlhac et Watrin. Enfin, à la droite, la division Monnier, la garde consulaire avec les chasseurs et les grenadiers à cheval. En arrière, le général Dupont s*efi6rce de former une réserve au moins apparente de tous les hommes qu'on peut rallier sur le champ de bataille.
Nous avons dit que les Autrichiens s'avançaient sur la route en colonnes séparées par de longs intervalles. Ils wiardMtient avec toute la confiance de gens qui se croient vainqueurs. Arrivés à la hauteur de Gassina Grossa, le régiment de Wallis, qui était en tête, est subitemenit accueilli pur la fusillade de la 9^ légère. Les Autrichiens se déploient, la batterie de douze pièces de canon les prend en écharpe» leur première ligne se retire par les intervalles de la seconde*
G'est alors (^ue Desaix, lan^ut la 9*" légère sur les grenadiers autrichiens, est reçu par une e£[rojable décharge ; sa troupe hésite, il tombe frappé d'une balle au cœur, sans prononcer un seul mot. Suivant toutes les probabilités, sa mort fut ignorée dans le moment. Lorsque Savary, sou aide de camp, (^ui n'était pas alors près de lui^ revint le soir, il ialiut chercher son corps sur le champ de bataille; il était dépouillé : « on le reconnut à sa volumineuse chevelure de laquelle on n*avait pas encore été le ruban qui la liait » (1).
Kellermann, placé Comme on Ta dit, marchait en bataille sur la droite, un peu caché par les vignes ; Voyant notre inHamterie fléchir, profitant du moment où
(1) Ménwiret du duc de JtiavigOt u 1, p.