‹ Traditions et souvenirs touchant le temps et la vie du général Auguste Colbert, 1793-1809Chapitre 86 sur 139 · CHAPITRE XXIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIV

vnii tontes les apparenees de la bonté. Lonqa'un

^ homme de génie a passé quelque paxt, il laisse une empceiote pntfonde; seulement, ce qui persiste le plus dans son œuvre, c'est la forme; quant à Tâme, elle disparait; aussi les rangs étaient probablement aussi bien alignés que du temps de Frédéric, et les queues peutêtre encore mieux ajustées (1 ).

Cependant la cavaleiie avait, ditnm, conservé le souvenir et les traditions de Zieten et de Siedlitz, et je me rappelle ce dicton répandu dans l'armée irançaise : que

I lorsqu'un cavalier prussien était tué, il fallait encore un coup de pied pour le faire tomber; Téloge était assez brutal, mais enfin c*était un éloge.

Le roi 1 rédéric-Guillaume marchait à la tète de son armée ; toutefois il avait le bon sens de reconnaître que, tout petit-neveu qu*il était de Frédéric, la nature ne lui avait pas donné le génie militaire; il était, du reste, très brave de sa pmonne.

Il avait donc iiummé généralissime de ses troupes le duc de Brunswick; pouvait-U £uure autrement? Ses I exploits, il est vrai, remontaient à Grevelt et à Minden ; c elait un peu vieux ; ses revers de 1792 étaient plus récents. C'était d'ailleurs un homme fort instruit, ami des lettres, des arts, réformateur dans ses Etats, mais

(1) Je dois ici une explication à ceux des générations nouvelles qui pcut-ôtre ij;norcnt ce qu'était au juste cet ornement bizarre auquel on a donné le nom de queue, et qui consistait à lier avec un ruban les I cheveux du derrière de la téte. La mode variait à cet éj^ard ; les Prussiens i)ortaieiil une (jucue loiiizue et descendant jusqu'au milieu du dos. La j^anlt' imituriale a conservé jusqu'à la lia de grosses queues courtes, pommadées et poudrées. Un conçoit Timportance quMl y avait pour le eoup d*OBil, lorsque les troupes étaient en bataille, à ce que ces (jucues ftissent ajustées ^ la même hauteur.

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