‹ Traditions et superstitions de la Haute-Bretagne (volume 2)Chapitre 17 sur 54 · I08 TR · texte numérisé non relu

I08 TR

. ET super;

On les voyait danser la ntût à câté des roches.

(Conlt Fi> lUo pu FnncCQt M>U«, du GonrajO

Airaj duW Vt n p, loo, kt ££a des h«i]cï $e iJiiiaieni

La fée du Cas Margot, pris Moacontour, avait un bras de fer et un autre d'ader.

Ces Margot la fëe se montraient a.^scz souvent aux hommes et se plaisaient à les éprouver ; c'est du reste va rAle que les légendes de pri^sque tous les pays attribuent aux fées.

A la fontaine du bois du Plestis, on ne pouvait aller qu'avec un pot, et encore on le portait sut la tîte. Un jour, deui bonnes femmes allèrent y puiser de l'eau, et elles rencontrèrent Margot la fée qui leur demanda à boire.

— Ma foi, oui, répondit l'une, j'ai bien le temps de servir cette vieille sorcière !

Et elle s'en alla. Mais l'autre femme fut plus polie, et elle donna à boire â la fée. Quand elles furent rentrées toutes les deux et qu'elles vidèrent leur tuie, celle qui avait mal parlé trouva la ^enne remplie de grenouilles, de crapauds et de toutes sortes de vilaines bètes ; mais la buie de l'autre était pleine de pièces d'oi; elle se mit i l'aise, et depuis ce lemps-li, elle et son monde ont toujours été riches.

(Conlt ea itti pir 11. IMIkiui, miin de t> Poterie.)

Ce conte n'est en somme antre chose qn'une version popuUire du conte de Perrault, intitulé les Fées, an sujet duquel on peut consulter la Mythoïogu dans Its conta de Perrault, par André Lefévre ; Contes de Perrault^ coll. Jannet.

Comme les fées des houles, les Margot étaient sujettes à des maladies, et elles avaient parfois besoin du secours des hommes. Dans un conte inédit de ma collection, une Margot la Fée, dont la fille est à un certain jour de Tannée métamorphosée en couleuvre, prie un paysan d'aller sur la route et de couvrir avec un bassin la couleuvre quMl trouvera à l'endroit désigné ; il y va et reste assis sur le bassin jusqu'au soir ; alors il le lève, et au lieu d'une couleuvre, il voit une belle jeune fille qui le récompense magnifiquement. (P.)

Un jour, une sage-femme alla accoucher une Margot la fée ; elle oublia de se laver la main, et se toucha un œil ; aussi, depuis ce temps elle reconnaissait les déguisements des fées. Un jour que le mari de la Margot était à voler du grain, elle le vît et cria au voleur. Il lui demanda de quel œil il le voyait, et aussitôt qu'il le sut, il le lui arracha.

(Comè en iSSi par J. M. Conuul:, du Gouray, âgé de qoinz^ ans.)

Dans plnsi-Tirs conm àî houles, des fé<;» sont aussi acccucbées <cf. p. S9).

ONS ET SUPERSTITIC

I. i)«. DM Ugenile oA une ce i(-fenin«i[«™rr[g.n,M. U le fée proprcniçot JiTC.

Boia AMiSlah, eic.). L'tpiiode Je J'ccil ura:ht Kgsre dus quind (J* ïenloo).

Od leur offrait du lait, ei elles faisaient de l'ouvrage pour le monde, et ne leur fusaient que du bien, sans être payées ; mais elles n'aimaient pas à être refusées.

Elles nomtnaient des enfants, surtout ceux des grosses maisons, leur donnaient des dons et leur prédisaient ce qu'ils auraient été.

(Conié CD iSSo par Fnicoli Millet, du Gouii]>.)

Mais elles punissaient ceux qui leur avaient témoigné peu d'égards :

Une femme avait deux filles ; elle n'avait pas invité la supérieur! des Margot la fée à nommer son enfant ; aussi la supérieure fit devenir le visage d'une des filles noir comme une casserole. Les fées la prirent à leur service, et

rent de lïler du fil aussi lia que ses cheveux ; mais une petite bonne femme, qui fiait la sainte Vierge, vint à son secours et le lui fila. Elles lui ordonnèrent ensuite d'aller puiser de l'eau avec des pots percés ; la petite bonne femme vint encore, indiqiu le moyen de boucher les pots, et dit à la jeune fille de se débarbouiller avec l'eau qu'elle avait puisée. AussitAt, de noire elle devint blanche.

Elle alla ensuite à un château, où elle vit dans un jardin un serpent qui était un piince métamorphosé pour trois ans ; elle l'épousa, et sa métamorphose finit,

(Coult CD iKGi par J. H. CcnaauJi, du GoDnjr.)

Dans un conte inédit de ma collection, un jeune pâtour, que les fées ont emmené dans leur grotte, est le parrain d'une jeune fée qu'il épouse ensuite (cf. la Houle du CMild, no i, 2* série, OLi une jeune lïlle est marraine d'une fée.)

Elles étaient moins bienveillantes que Us fées des houles; toutefois elles rendaient assez souvent service.

« La légende rapporte que la fée était bonne quelquefois, mauvaise souvent. Elle gardait les bestiatix des habitants des envirc>tu : il leur suffisait de confier la veille au rocher le lieu oli

devaient se trouver les animaux que l'on déûraît faire garder, u

(EiDoul de U dendièrc, p. 40.)

Quelquefois mênie elles soignaient k bétail Jes fermiers. Dans un conte inédit de ma collection, les Margot la fée de Crokelien donnent à manger aux cochons d'un bonhomme du Guuray>

Elles fournissaient aux gens du- ii.';iii\ifs composés avec des plantes qu'elles .iL.j.lj.iL'iU d.iiii le bois du Plessis, qui a enco;-^ ....j.iurJhDi l,i lépuiatjon d'a\'oir de bouues herbes, et elles disaient même que si les animaux en mangeaient, ils auraient autant d'esprit que les gens, et qu'ils

(Contt en iSSl pir H. Miheuit, mùn de li Poterie.)

Elles rendaient service au monde, et ne leur demandaient jamais de récompense; mais elles ne voulaient pas être ennuyées.

Elles donnaient i ceux qui éwient polis à leur égard du grain, du pain qui ne din OD n'en faisait point part à d'ai

{Co«4

lei, du I

11 y avait une fois, au Frêne, une bonne femme qui se désolait de n'avoir point de pain à donner à ses enfants. Elle aUa demander la cliarité aux Margot la fée, et l'une d'elles lui fit présent d'un chameau qui ne diminuait jamais. Mais un jour la

femme du Frêne oublia que la Margot la fée lui avait défendu de partager son pain ; elle en donna â une commère du voisinage, et à partir de ce moment le pain diminua comme un pain ordinaire.

(CommiiniqQè par M. E. Hatnonic, de Moocontmir.)

Cet épisode est fréquent dans les contes des houles; il s': trouve aussi dans denz légendes inédites de Margot la fée.

Dans les contes des Lamignac, ceux qui révèlent le secret des fies sont aossi ponis, soit par la perte dn don, soit par on inconvénient subît. Cf. Cerquand, Baranlol tî U belU dame; la Lamigna en mal ^enfant (poire d'or qui donne un loois \oni les fwatitye^ et dont k vertn disparaît dés qu'on a parlé).

Souvent, pour éprouver les hommes, elles étalaient devant eux des trésors ; mais s'ils se montraient trop convoiteuXf ils n'avaient rien.

C'était il y a bien longtemps. Un homme de Collinée, nommé Jean Renier, était allé chercher une fouée de bois dans la forêt de Loudéac. Il s'avança jusqu'au milieu, et, arrivé aux Coiirtieux (courtils) Margot, qui sont des creux profonds, il vit tout à coup des fées qui soureillaient (étendaient au soleil) de beaux îinceux blancs remplis d'argent. A cette vue, Jean Renier ouvrit de grands yeux; mais il finît par ne pas avoir peur, et, s'étant approché des Margot, il se mit â leur causer.

— En veux-tu de l'argent, Jean Renier? lui demandèrent les fées,

— Oui, pour de vrai, répondit-il. |

— En veux-tu plein toa chapi. ou bien pleia , ton dtmi (boisseau de U contenance de vingt- | cinq â trente Itilogrammes) ? |

— J'aimerais mieux plein mon deitié. I

— Va-t'en chercher ton demé, Jean Renier, vat'en chercher ton demé ; nous t'en donnerons ' plein dedans.

Le bonhomme courut jusque chez lui ; mais i quand il revint avec son demé, les fées et les

linceux remplis d'argent avaient disparu. 1

En voulant trop gagner, il avait tout perdu. |

On rit encore de son aventure dans le pays. i

(ComrnuDÏqD^ par M- E. KdniDEUc.)

Un jour une fée était à laver à côté d'un doué, et près d'elle se trouvait un linceul (drap de lit) couvert d'argent. Un homme passa par U, et comme il la regardait, elle lui demanda s'il voulait sa charge d'argent ou la charge d'un cheval. U répondit qu'il aimait mieux la charge d'un cheval ; mais pendant qu'il était à le chercher, la fée disparut, et il n'eut rien.

(Conli en iBSo p«r F, Mallel, dn Goony.)

(Cf. ^ Fa il CrOm, >• tint, ii° ui, a le Pirtui itri,

Duu la CDiiIu buquei rcciuillii pir Cniiund, la Luniguc ï'^mnsenl >usù k éprouver Ict boDunes, La ikç ucoochéc par une 9>Ee-f=nun: (la f^mifu (■ BKàcUi, p.Emitre vcrtkMl) lù

offi% en paiement deux pots, l'un convert d'or, et l'antre de miel ; la sage-femme prend judicieusement celui qui était couvert de miel et qui se trouva être rempli d'or. Dans le.Lamigna et le tablier plein d'or^ du même recueil, le î-aftiigna étale aux yeux d'un paysan un tablier plein d'or.

En Normandie (cf. A. Bosquet, p m), dans la cité de Limes, il y a une foire des fées ; elles excitent la convoitise des gens, et si on étend la main, on est précipité du haut des falaises (cf. aussi A. Bosquet, p. 182).

Il y avait un homme de la Ville-Douélan qui était à émonder des hêtres dans un champ au pied de Crokélien. Dans la matinée il vint une fée vanner de l'or sous le hêtre qu'il était à émonder. L'homme en aurait bien voulu; mais il ne trouvait aucun moyen d'y parvenir. Au midi, quand il fut rendu à sa maison, il raconta cela à sa femme, qui lui conseilla de porter avec lui un chapelet bénit. Après dîner, il retourna à son ouvrage. La fée revint encore vanner de l'or sous le hêtre où il était à émonder. Il lança son chapelet dans la vannée, qui resta là sans qu'il eût aucun mal, et la fée disparut aussitôt.

(Conté en x88i par J. M. Comault, du Gouray.)

Elles n'aimaient pas les indiscrets, et souvent elles les faisaient repentir de leur curiosité.

Un soir une des Margot la fée du Limbe était à laver au doué qui est auprès de l'hôté des fées ; une femme qui passait par là lui dit :

— VouVous que fvous aide à teurà'e ?

It6 TIADITIOXS ET SUPERSTITIONS

— Oui, lui répoodil U Se.

E: elle loidii uoc (nà:e de lii^e que la femme se mit i tordre ; nuis U tie lui tordit tant les br^ qu'elle b Uissa presque morte. Si la femme a-.-^:i pissé sans rien dire i la fi!e, la fée ne lui

■,-Z--:i » iKii piT AejjJ^hi Lnoi, Je Sùu-Qo.)

CtT^c bégaie kuù* Knm te MarpR lou 1* fanu de

I dans les nuisons, et s e'.les deîcendaieni par la cheminée. Parfois elles ù!sj:c::t l'ouiTage, sans demander de salaire ; tcais à, pour les ré.:ompeaser, ou leur offrait quelque repas, elles y prenaient tant goût, qu'elles TCi-enaient tous les jours pour le voler, si on ne le leur ofiraii pas. Souvent elles étaient voleuses , et cachées sur la cheminée, elles épîjient le somraril des gens pour leur prendre

Il y avait à la ViUe-Doutlan, en la paroisse du Gouray, une bonne femme qui tous les soirs mettait son souper à chauffer dans le foyer ; mais pendant qu'elle était oecupée i filer, les fées descendaient par la cheminée et mangeaient son souper. Elle s'en plaignit i son mari, qui était joum^.lier et ne rentrait que pour se coucher. Il lui dit de le laisser un soir loui seul i la maison. 11 s'habiili en femme et prît une quenouille comme

une fileuse ; mais il ne filait point. Qijand les fées arrivèrent, elles s'arr&tècent surprises dans le foyer et dirent :

— Vous ne filez ni ne volez ; vous n'Êtes pas la bonne femme des autres soirs.

L'homme ne répondit rien ; mais il prit une trique ec se mit à frapper sur les fëes qui, depuis ce temps-là, ne revinrent plus jamais.

(Canxt ta iSSi par J. U. Gnniuli, du Gosn;.)

Cf. dui AmiUe BDiquH Ll Lulïn ou k Fi ammraix,

?■ iS-S«-

Jadis il y avait des esprits bien plus que maintenant ; ils enlevaient les enfants de leurs bers, et même parfois les grandes personnes, et ils allaient les mettre dans la liucbe au bois, d'où on les retirait, car ils criaient comme des gareux (loupsgarous). Une bonne femme de Hénon avaité té ainsi portée étant jeune. Depuis qu'on a commencé à chanter les compiles de la Vierge, les esprits ont cessé de transporter les gens.

(RtcueUli 1 H*non, près Maccontnur, par M. Bourit.)

Ces fées diangeaient les enfants ; mais quand elles ne pouvaient réussir à les emporter, elles les dtaient de leurs berceaux, et allaient les poser sur les marches des métiers à toile, c'est-à-dire en dessous. Au pays de Loudéac, surtout jadis, cba-cun avait son métier.

; ET superstition:

Ua jour une femme dît à sa voisine :

— Ma pauvre commère, je crois que mon gars a été changé par les Margot ; il a's pas encore un an, et il mange autant qu'une grande personne. Hier, j'ai voulu lui donner un petit morciaii de ma beurrée ; il m'a parlé aussitôt et m'a dit : ( Vous n'c^ qu'à m'donner la beurrée tout mliire; jt la mangerai bien. » Jamais n'y a xfu à'ifaat à manger tant comme .'Ha ; j'en si dèsdle ; H j'vaiidrais btn saver f'jui' faiil faire.

— Fous n'ex, qu'faire de vous tracasser, dit !a commère; j'vas vous dire comment qu'i' faut faire. Vous prenre-^d's au' s; vous leur casserez le petit bout, et puis d'cela vous mettre^ des petits brachiaux ^bois dedans; v'aUumere^^ un bon feu; vous Us mettre^ autour, debout, et vous minerez U petit faitiau à se chauffer aussi.

La femme fit tout cela, et quand le petit faîteau vit les œufs bouillir et les petits bois sauter dedans, il s'écria :

La femme vit tout de suite que avait été changé et qu'on avait mis u saiplace ; elle s'écria :

— Vilain petit sorcier, je vas te tu(

1 faiteau â

DB LA HAUTE-BRETAGNE IIi

Mais h fie qui Était dans le grenier lui cm :

H-ne pu TmicD,

(Conuumifué pu U. E. Hunonk, île Uonumlour, qui li^n « conte de M"" Rigoi, ntiiie de Li Uoite, prii Loodiic.)

Cf. SOT les Clniigeljngi Ici f. jo-ji du priaent thipitn, ai sont citéa des contei linùUireflï cf- «vsti ErDanl de 11 ChenC'

Elles avaient toutes sortes d'animaux, excepté des i:ochoiis et des cliiens.

Les fées du Cas-Margot, près Moncontour, gardaient leurs vaches sur la laude de U Chapelle avec les pîlours ; ceux-ci n'avaient le droit de rien leur dire. (P.)

Dans un conte inédit de tna collection, les Margot la fée ont un pàtour pour garder leurs baeu&. Un jour qu'ils étaient passés en dommage, le maitre du champ veut les frapper; mais aussitôt son propre bétail meurt. (P.)

u La fée possédait deux bœufs qui étaient i la disposition de tout le monde. Us se nouriissaieni seuls, et travaillaient depuis le soleil levant jusqu'au soleil couchant, moment oii ils disparaissaient, a

(Einoul de lu GieDcUtre, p. «0.)

Les fées des Coûitiei» Margot avaient des bœufs qui ne pouvaient travailler ni avant le lever du soleil, ni après qu'il était coucbé. Un homme, qui les leur avait empruntés pour ùâiK ses labours, ayant voulu continuer à les faire travailler après le soleil caché, les bceufs cre-

« H. E. Himcmic.) do yiynat, la BmifiJa fie, n

Dans riUe-et-Vilaine et dans la partie des Câtes-du-Nord qui n'en est pas éloignée existe aussi un groupe de fées qui se nomment simplement fées, et qui paraissent fortement apparentées aux Margot des Côtes-du-Nord. Elles ont les mêmes demeures, et on leur prête des actes analogues ; mais leur légende est plus efiacée. Voici ce que j'ai recueilli à leur sujet ;

Il y avait des fées près de l'étang de Kénais en Gosné ; elles demeuraient à la Giublerie, dans

ane roche aux fées qui fut emponée lorsque l'étaog rompit sa chaussée. Elles envoyèrent un de leurs hommes chercher la grand'mère de mon grandpère pour accoucher l'une d'elles. Elle ne voulait pas y aller ; mais l'homme k prit sur son dos et l'emmena dans la grotte. Q}iand la lie fut accouchée, U lui dit :

— Remontez sur mon dos, où je vous ai prise je vous rapporte.

(Cent! n iSSl, pu Muie-LoniK Le Boue, d'Eict, Igie de

Ces i^ se plaisaient i rendre service aux braves gens.

11 y avait une fois une fermière qui avait son monde i travailler dans les champs ; elle avait oublié de leur faire de la galette de blé noir pour leur dîner, et quand elle entendit sonner l'Angeltts elle fut bien surprise, et elle se mit à se

— Comment (aire î disait-elle tout haut ; ma pâte n'est pas prête; mon feu n'est pas allumé. Jamais je n'aurai le temps de taire à dtner à mes hommes, et ils vont me quereller.

Elle entendit tout d'un coup une voix qui lui dit:

134 TR A Dirions ET SUPERSTITIONS

Lorsqu'on portait le soir, près des iouès, le linge qu'on désirait qui fût lavé, les fées venaient à minuit et faisaient la besogne des lavandières, qui, le matiD, trouvaient le linge parfaitement nettoyé.

(Conti pu- Ënûlt Fiatùi, de HalIgDaD, eo lii^.')

Les fées qui demeuraient dans les rochers de Marpiré et de Saint-Didier (Me-el-Vilaine) étaient divisées en deux bandes.

La nuit elles quittaient leurs demeures et venaient chez les hommes; elles descendaient par k cheminée, levaient les en^ts qui étaient au berceau, leur faisaient de la bouillie, les diauffaient et en avaient soin comme de boimes nourrices, puis elles s'en allaient par la cheminée, comme elles étmeat venues. Mais il ne allait rien leur dire et les lùsser faire; sans cela, elles auraient cessé de venir soigner les enfants, parfois même elles les auraient tués.

Quand on passait trop près de leurs demeures, elles ensorcelaient les gens : les filles couraient après les garçons sans pouvoir s'en empêcher ; mais les fées ne pouvaient rien sur les filles qui avaient sur elles un objet bénit ou un chapelet.

(CoQIi en liio par Josepb Legtndiï, jordialfi', qol lient ceci ù'ant fèmnie de SaJnt-Aabin-du- Cormier, nommée Tictmette Geniacr, âgie de qumre-ïinEt Jtm.-uu.)

Les Fades du Beny (cf. Martinet, p. lo; Laisnel de la Salle, 1. 1, X14) rendaient aussi service aux hommes, nettoyaient les étables, soignaient les bestiaux, etc. ; il en était de même en Normandie (cf. Amélie Bosquet, p. 103).

Tel est, en résumé, ce que j'ai pu recueillir au sujet des fées auxquelles les paysans attribuent une résidence locale. Ces dépositions suffiront à montrer le rôle qui leur est prêté par la tradition populaire.

(iuant aux autres qui figurent dans des contes à lieu indéterminé, elles ne diffèrent pas sensiblement de celles que Ton retrouve un peu partout en Europe et même ailleurs. J'aurai plus loin l'occasion de parler des fées qui, par transformation, sont devenues des bonnes Vierges.

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