IJ4 TRADITIONS ET SUPERSTIT
Quelques jours après, elles eotendirent encore du bruit, et il leur sembla qu'on remuait, ainsi que font les fileuses, de vieux rouets qui étaient dans le grenier.
— Ne filez pas tout; jetez-nous en un peul dirent-elles, pensant avoir affaire aux gars.
Aussitât, sans que le plancher eût le moindre trou, il tomba au milieu d'elles un gros paquet de réparons (déchet de chanvre). Cela leur fit bien peur; elles ne retournèrent plus filer dans le fournil.
(Couii
uFiufai
: Dmnont, d'Enè.)
Dans la partie française du Morbilian, les follets se pkisaieni aussi à faire endèver les gens; plusieurs légendes recunllies par le D' Fouquet (les FoJtOs de Callac, les Lulins Je Codho. CUmentt de CancoS) les montrent pénétrant dans la maison pour y faire des espiègleries. Un autre conte du même auteur, que j'abrège, les met encore en scène d'une manière plaisante :
Les follets tourmentaient toute la nuit deux vieilles filles qui avaient essayé vainement de les repousser â grand renfort de médailles et de chapelets : un soir elles aspergèrent d'eau bénite toute la maison, y compris les portes, les fenêtres et le foyer, puis elles se couchèrent ; la nuit venue,
DE LA BAUTE-BRETAGKE IJS
les follets arrivèrent comme de petits fous, mais l'eau béoite les brûla. Alors ils grimpèrent jusqu'aux gazons du toit qu'ils jetëient un â un dans le foyer par la cheminée, et, marchant avec précaution sur ces gazons étendus, ils arrivèrent au lit des vieilles filles, qu'ils se mirent à fouetter en chantant en diceur : « Tout n'esi pas béni 1 tout n'est pas béni I »
<Lii/oUMi H la vUillafillls, p. 48.)
Une «titre Toigeance du foLLcl, dont lliisfoiie «I connue dqut loule k Bretagne breuiiuunte, coiuisTùi 1 faire «utiir A U der-
qu'on inflige Alu pedu «nfiiDIB qui ne uni pAt sag£i (Le Men, P- 4H>.
On racontait jadis â Plévenon que les lutins se cachaient sous les lits; et quand les mères étaient sorties, ils enlevaient les petits enfants de leurs berceaux et allaient les mettre dans d'autres lits ou dans une pièce â c6té. Les mèces, en rentrant, voyaient le berceau vide, et entendaient leur enfant qui criait et le lutin qui riait.
(fiinnt pu ScoUidiue Dunnd, de FIfvenon, iSSa.)
Un soir le lutin passait devant une ferme, et comme il était fatigué d'avoir lutine les chevaux, il entra dans la maison et vint s'asseoir dans le ft)yer, où il y avait une grande fouée de feu, et il disait aux gens de la ferme : a Faufons-nous,
faufons-nous, il y a beau. » Les lutins pstilfnt volontiers comme les enfants.
(Conii en sUo par FnD(aù Uinjntr, de Saiul-Cut.) |
duuB'ci dans lis nuixiDS. I
Le lutin va aussi brouiller les cheveux du inonde. 11 a les pieds ronds. (E.)
de !• conpei. > (A. Bosquei
iS.)
Il y avait une fois à Saint-Mieu un homme qui chauEiit son four. Les follets étaient i. danser auprès de là, H alla les r^arder une première fois, et ils ne lui dirent rien. Il y retourna une seconde avec sa patouille à la main.
Un des follets le vit et dit :
— Voici encore Robin ; il faut lui ôter l'ouïe.
— Non, repartit un des follets, cela le gênerait trop ; il vaut mieux lui àter l'odorat.
Et depuis ce moment Robin ne sentait plus
(Conli ei