du Goan
Une nuit les follets allèrent dans lamidson d'une bonne femme qui était couchée ; ils prirent sa vache qui était dans le bas de sa place, la tué-
rent, puis, après l'avoir écorchiîe, ils se tnifi manger. La bonne femme voulut au moin un morceau de sa vache, ec elle le rama; lendemain, sa vache se retrouva vivante; lui manquait la pièce qu'elle avait prise.
(Cont* par le mèroe.l
Le Men lUDuK une légende assez semblible, p.
Un scÔT la mÈre Ledy s'en reveuait. II faisait beau clair de lune, et elle dit à une voisine qui était avec elle :
— Il va nous être bien commode de passer sur la planche de Graphard.
Mais, juste au moment où elles allaient mettre ie pied dessus, le temps s'obscurcit, et elles ne voyaient plus ; elles pensèrent que c'était le lutin qui s'était amusé à leur jouer ce tour-lâ. (E.)
(Cf. mt la lonrt joués par les lorins, Fou^uel, les Luli<-s de Coelto.y
Au temps où les femmes portaient des bas de fil, — il y a bien des années de cela, — une
jeuae fille, qui désirait se mettre à la mode, demandait i sa mère du fil pour se tricoter des bas; mais la bonne femme ne voulait pas lui en donner, ce qui chagrinait fort la jeune Itlle.
Un soir, en revenant de la priire, elle trouva sur le bord d'un seniier un bel ëcheveau de fil pelotonné en trois qu'elle ramassa précieusenient.
Arrivée A la maison, elle dit â sa mÈrc qui tirait les vaches dans l'étable :
— Ah ! ma mire, tu ne voulais pas me donner avec quoi me faire des bas à la mode ; vois le beau fil fin que j'ai â cette heure.
En disant cela, elle voulut montrer sa trouvaille ; mais, bien qu'elle fût certaine de l'avoir bien soigneusement ramassée dans sa ievantUre (tablier), elle ne trouva plus rien. Pour se jouer d'elle, le lutin s'était changé en fil, puis s'était évanoui.
(CobH en i8;8 pir Angile Qpfrinin, d-AodoniU*,)
Un homme, qui était « un petit chaud de boire », rencontra sur sa route ua petit chat qui le suivait ; il le chassa en lui donnant un coup de pied. Un peu plus loin, il vil un chien blanc qui tournait en cercle autour de lui ; il l'éloigna en le frappant avec son bâton. En continuant k marcher, il trouva devant lui le lutin qui, sous la forme d'une sorte de poulain, voulut lui barrer le
DE lA HACTE-BBETAGXE IJ^
passage ; il fnt obligé d'aofioytt U force pour avoir b route Hbre, et oiéme le laria k suirïi jiuqu'l la porte de si mâscHi.
[Canl« en 1S7I pu Hemi Loo^n, tiâgot.")
Q^elqnefbb le lutin est dupé i son loar, comme celui qui, dans les environs d'Ercé, joua aux cartes avec les consommateurs et se saoula tellement, qu'il se noya dans une mare Mais ced est une bisioire très-modeme. (E.)
Un homme de Bréhand avait tous ses champs dévastés par les lutins ; il lui hoblaienl toutes ses pommes, renversaient son blé, et ne sav^enl quel mal imaginer pour nuire  sa récolte. Il résolut de se venger.
Un jour il vit dans le verger louchant à sa ferme un lutin qui défouissaii des pommes de terre. Le fermier n'osait s'aventurer, car il entendait toute la bande des lutins qui riait et s'amusait i une petite distance. Il se décida pourtant, et prenant un gros biton, il s'avança doucement et Eirappa un coup sur la tête du lutin, qui tomba le nez sur les pommes de terre.
AussïtAt il entendit les autres lutins qui
— CoifFette est morte I CoifTette est morte ! Us se mirent à le pourcourre; mais il se sau-
140 TRADITIONS BT SVPSRSTITtOKS
, et au moment ob il entrait chez lui les
— T'as bien &tt d'entrer, Thomas LabM, 1
dirent-ils; t'en aurais vu de belles autrement.
(RecnBlli iBi enTinmi it Hoscontonr pv U. Boarie.}
Je ne coniuLi pt^t en Fruice tin autre aemplc 4c hit
iètùtm qoi le pljît à lei filre pourrir : il ee nomme KMrlaffUn-
M DES ÉCUKOS
^jvMEs écuries ont an lutin spécial qui se S^l nomme Maître-Jean, Pelil-Jtan oa JianiKt. viS^ On l'appelle aussi le lutin des chevaux. Qfiand il se plaît dans un endroit, tout y réussit: il va chercher l'avoine des chevaux qu'il aime, et , il les soigne mieux que le meilleur valet de ferme ; aussi soQt-ib en paiiait état, gras, le poil luisant et bons marcheurs.
A Ercé, Petit-Jean passait par une iénêtre étroite de l'écurie pour soigner un cheval- Un jour il y avait quelqu'un couché dans l'écurie, qui vit le lutin faire mine de sacquer sur le veau qu'était en train de faire une vache. Le garçou se leva pour aller iùder ; mais aussitôt il entendit rire le lutin et oe vit plus ni vache ni veau.
(Conii en 1879 pir FimpriM Domoni.)
Petit-Jean est en effet très-espfegle, i pas toujours de bonne humeat.
l'est
143 TKADITIOMS ET SUPERSTITIONS
C'est lui qui va la nuit arracher le crin des chevaux; d'autres fois, il se plaît i emmêler la i criDiÈre et la queue des « bCtes chevalines n, de i telle sorte qu'on ne peut débrouiller les crins et qu'on est forcé de les couper. Il a parfois U forme d'une bète, sans qu'on puisse préciser au i juste s'il ressemble â un chien ou à un veau. (E)
Les lutins des écuries passent leur vie dans les greniers ; mais quand arrive l'heure où les bètes doivent manger, ils descendent et leur apportem de la nourriture. A leur approche, les chevaux x mettent à hennir.
Souvent aussi ces lutins tressent le crin du cheval en forme d'étrier, et les paysans ne peuvent en défaut les mailles.
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dcbon de la Breugae, Oa la retronn en Benj (if. G. Sud, Lég, riiil-t p. 7S)i en Komundie (Amélie BokqUEti p. llS), d^ni le Donl» (cf. D. Monuier, p. £40-64;). dui 1: Baui^y chuepenoii (cf. Sareaod. p. 17).
On prétend en quelques pays que le lutin qui ! brouille les crins des chevaux a des jambes de
bouc et que, s'il les emmêle aind, c'est pour se faire des étriers et monter plus commodément â
A la Meule, il y avait un cheval qui avait les crins brouillés. Tous les soirs, vers dix heures, on l'entendait henair; le fermier disait : n VoiU le lutin. B On ne le voyait point ; mais le lulin embrouillait les crins, et il se servait de ces crins quasiment tressés en guise d'ètricrs.
(fiatlt ea 188a JBT Zoé Led;, d'Erci.)
CroyuKV uulogne en Berry Cff, G. Sand, Ugtnia ruii,, p. 7î), dus le Donbi (cf. Monnier, p. 64.5). Le iim, qui OC ou loua dn Midi, k len iuu[ des chcviu des feimien (ci. Babou, les Piii™i innoanl!, p. ij-îl).
En Moimuidie <cf. A. Bosijnei, p. 103), ce kidi In Ha qui DoneDt la crini deb chcvïu pour leur servir d^ilneit-
Les lutins allaient lutiner les chevaux; ils brouillaient leurs poils ou les leur arrachaient brin par brio.
Un jour des gens dont les chevaux étaient lutines mirent du bran (son) sur le dos de leurs chevaux et dirent aux lutins :
— Lutins lutineurs, vous serez obligés de manger du bran, et vous ne sucerez plus leur sang.
(Canif pu Fiufoit Ifirqner, de Sùnt-Cul.)
Qpand les chevaux ont les crins emmêlés, il
but Inea se garder de les débrouiller, car les lutioi iraient fouler dans leur lit ceus qui l'auraietit fait.
C'est ce qui arriva i un gar^n de ferme; toutes les nuits le lutia venait le fouler. On lui dit de se coucher sur le ventre au lieu de se coucher sur le dos. Le lutin vint rôder auprès de lui, mais il ne le foula plus.
(Conii en iSSo pir Fruccdie Dnmoal, d'Erct.)
a pip,
■il qu'il oc duigcmE de âltt
Ce même lutin se plaît ausM parfois à prendre par la bride les chevaux qui couchent dehors, a à les faite passer en dommage. (E.) i
Le Fauâoux ou Faudeur — de fauder, actioe de fouler le foin pour l'entasser — est le uni spécial des greniers à foin ; on l'appelle ausâ te 1 lutin des lettds (greniers à foin, du vieux fraii$aii ] sanaU). Le Fouloux est aussi on lutin des senis, qui semble le même que le Faudoux; il foule les garçons, se couche sur eux, les chatouille, leur dépend l'esiomac. Le Foulout passe tnbne pour
DE LA HAUTE-BRETACHl
être pédéraste. Ce dernier attribut ne figure pas dans ceux du Faudoux, M™' de Cerny, paiini les lutins connus i Saint-Sulîac, cite aussi le Fouleur, « qui s'assied la nuit sur la poitrine de ceux qui dorment sur le dos. s Foulons est la forme patoise de Fouleur.
Vit
(cphultUf incabua) pauc pu 1a Kinm cl vient fouler 1»gcv-
Va homme qui couchait dans un setids (grenier â foin) était chaque nuit lutine par le Faudeur.
Une nuit que le lutin était sur lui, l'homme dit:
— Ton kité I que que tu en feras i demanda le Faudeur d'une voix grêle et moqueuse.
— Je te saoeras (châtrerais).
Le lutin s'enfuit aussitât, et jamais on ne l'a revu depuis dans le senâs.
(CoDtt en iBSo pir F. tUrquer, de Siioi-Cut.)
Le Faudoux allait fauder une femme ; elle prit un blton, lui &appa un bon coup sur le dos eu
HS ET SUPERSTITIONS
lui disant : a Si je t'avais attrapé, je t'aurais tué. » Le Faudoux lui répondit : « Tout mort ». (S.-C.)
Une femme qui avait des petits enfants était souvent réveillée la nuit, et die voyait le lutin pénétrer dans U m^soa par un boulin (petite fenêtre étroite et sans vitres). Une nuit, il vint U fauâer, mais il ne faudait point son mari. Elle se dit:
— S'il allait aussi fauder mes enfants <]ui sont dans le ber, U les étoufferait.
Elle alla consulter une de ses voisines, qui lui dit de mettre des pois dans ua chapeau placé eti équilibre i l'entrée de la petite fenêtre. Le Faudoux arriva étourdiment et renversa les pois ; il fut obligé de les ramasser un i un, et le matin ils étaient tous dans le chapeau, qui ne paraissait pas avoir bougé ; mais le FauJoux était si fûtè qu'il ne revint plus.
(Conti CD tS9o pu itoK RcniDit, le Sûni-Cut.)
EJÎe lient «ci de itm père qui, eu le ïm ncoaUnt, dùeii : ■ Il y en « qui ne veulent pu y croire, et poortu» c^cft )na
Pierre Boulié, aubergiste i Bel-Air, recevait char que nuit la visite du Faudoux, qui lui 'faisait toutes sortes de misères.
Roulié avait la mauvaise habitude de dormir les bras croisés sur la poitrine. Or, voici ce qui
se passait : ranimai sorcier prenait l'auberg^te à bras-le-corps, et cetui-d ne pouvait se défendre. D'ayant pas l'usage de ses br^. Alors le Faudoui le roulait, le serrait, et quand il l'avait harassé de fatigue, i! le jetait dans la place- Ce manège continua plusieurs soirs consécutifs ; mais un jour Roulié pinça le Faudous à son
Il ne dormit pas cette nuit-ià et mit ses bras de façon â ce que son ennemi ne pût les erobra*ser. A un moment, il l'entendit « cotîr » dans h paille et vil une masse « verte comme de la porée » (poireau) se précipiter sur lui. La lutte fut de courte durée et à l'avantage de l'homme. 11 serra à son tour le Faudoui si fort a qu'il en chut B, et il ne le laissa partir qu'après lui avoir fait promettre de ne plus venir troubler son sommeil. Le FaudouK tint parole, et Roulié ae le revit plu,.
(Remcilli pu U. BoDrie, de Uoncomoai.)
II y avait un homme qui couchait dans un senâs, et il était faudé depuis huit jours; il fit une planche sur laquelle il planta des clous pointus, puis il alla se coucher dans le senâs. Quand il entendit monter le Faudoux, il mit la planche sur son ventre et ptit son ballin dans
ses maitu. Quand le Faudoui fut sur la planche, il lui dit : « Tu vas mourir cette nuit. »
L'homme le prit avec son ballin (couverture), puis il le frotta à dur que le Faudoui perdit pour jamais l'envie de revenir.
(Conti «n iSlo pu F. Uingncr, ic Stlut-Cut.)
Dans la belle saison, les paysans houpent pour s'appeler. Houper, c'est pousser, en la modulant, une exclamation qui se compose de btmhou plusieurs fois répété; c'est un cri qui a de l'analogie avec celui du dwt-huant.
Pendant le jour, il n'y a aucun danger à faire entendre cette exclamation joyeuse ; mais quand la nuit est close, et surtout aux approches de minuit, il faut bien se garder de répondre quand on entend houper, car c'est le Houpoux, esprit malin de la nuit, qui imite la voix des hommes pour les tromper.
Un soir que des laboureurs d'Yffiniac étaient allés se coucher dans le sends, — c'est le grenier à foin, — ils entendirent houpa- à une petite distance. Pensant que ce cri était poussé par quelque voisin attardé, ils répondirent à son
appel. Aussitôt ils se sentirent renversés et secoués avec violeace; des mains invisibles les accablaient de coups, et le grenier paraissait tout en feu, bien que le foin ne brûlât pas.
(CoDIè en 1861 (ur Emile FroiriTi, de Hitignon.}
C'est aussi le Houpoux qui se ptaJt i attirer sur le bord des mares et des doués ceux qui sont assez imprudents pour se laisser entraîner. Et souvent, pour mieux séduire les jeunes garfODS, il module son cri et lui donne le son argentin et frais d'une voix de jeune (iUe. (M.)
Le Hûupaux rade la nuit ; il se met en mouton, en chien, etc. Il a un cri comme le chat-huant, ou encore comme les gens qui s'appellent.
(CoBIt en iSSo pu J. Legndre, de SiiDi-Bneiic.dei-I&,)
Un soir un homme de Plévenon, qui montait au grenier pour aller chercher k manger à ses chevaux, entendit houper k quelque distance. Il répoacUt; mais avant qu'il fût arrivé en haut de son échelle, le lutin était au bas.
le Plivei