CHAPITRE V
gosME diable que les paysans mènent en scène S^KJ daos leurs récits est généralement bon- »*""3* homme ; il vient quand on l'appelle, et, moyennant uu pacte, accorde ce qu'on lui demande. Et cela peut paraître surprenant, car il est, la plupart du temps, trompé, par la malice de ceux à qui il a affaire, ou sa proie lui est arrachée pat l'exorcisme des prêtres. On cite même des faits contemporains où le diable a été mêlé. (Dinan, etc.)
(Cf. LUI. smli, p. 74.)
En Basse-Bretagne, il joue un rôle analogue : s Dans les récits cornou aillais, le héros ordinaire est le diable, le diable du moyen âge, avec lequel on faisait de fréquents pactes, tantôt
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marque de sa griffe, et on la retrouve en nombre d'endroits, soit sur des mégalithes, soit sur des rochers naturels.
Il est dangereux d'évoquer le diable, et surtout de dire : « le diable m'emporte ! » ou : « le diable m'enlève I » car il prend parfois au mot l'iniprudent.
(Cf. sur cette superstition Fouquet, Le Douanier emporté far le diable^ p. 24-27 ; D. Monnier, p. 41.)
Le diable, pour les paysans, est parfois l'égal de Dieu en puissance : c'est le génie mauvais opposé au génie bienfaisant. Q}iand un prêtre n'est pas là pour l'exorciser, il enlève les gens qui l'ont appelé ; quelquefois même il étouffe les enfants dans leur lit.
(Cf. sur ce dernier méfait Fouquet, p. 14.)
Dans les récits qui suivent, on verra la manière dont les paysans gallots envisagent le rôle du diable.
sabot de cheval. Parfois aussi il a des gants de cuir ou des griffes pointues. On lui prête aussi un habillement tout rouge, et le cheval qu'il monte est tout noir.
En Normandie, son déguisement Êivori est celui d'un monsieur de la ville. En Basse-Bretagne il se déguise aussi « en an jeune gentilhomme qui était assez bien, si ce n'est qu'il avait des pieds de cheval ». (Luzel, Gwerçûm, p. 27.)
Qjiand il a été exorcisé, il s'en va en vent ; parfois il abat une partie de la maison, et Ton ne peut la rebâtir. D'autres fois, il abat les arbres et les pommiers.
Ce départ du diable qui emporte la maison ou détruit les récoltes n'est pas particulier à la Bretagne : on retrouve le similaire dans les Pyrénées (cf. G>rdier, Le Diable che^ les paysans, p. 48), en Gascogne (cf. Bladé, Sei:(e sup.y Le Diable che^ les métayers, p. 19)» en Basse-Bretagne (cf. Luzel, L^, chrét., t. II, p. 151; Le saint vicaire et le diabUJ)
Mais il a laissé d'autres traces de son passage et de sa colère. On a déjà vu, p. 6, que plusieurs mégalithes portent son npm, soit qu'on lui en attribue la construction, soit que son empreinte y soit gravée (cf. pour ces légendes les p. 20 et suivantes, 36 et suivantes du présent volume.) Au mont Dol (cf. p. 182) se voit aussi la
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marque de sa griffe, et on la retrouve en nombre d'endroits, soit sur des mégalithes, soit sur des rochers naturels.
Il est dangereux d'évoquer le diable, et surtout de dire : « le diable m'emporte !» ou : «le diable m'enlève 1 » car il prend parfois au mot l'imprudent.
(Cf. sur cette superstition Fouqnet, Le Douanier emporté far le diable, p. 24-27 ; D. Monnier, p. 41.)
Le diable, pour les paysans, est parfois Tégal de Dieu en puissance : c'est le génie mauvais opposé au génie bienfaisant. Qiiand un prêtre n'est pas là pour l'exorciser, il enlève les gens qui l'ont appelé ; quelquefois même il étouffe les enfants dans leur lit.
(Cf. sur ce dernier méfait Fouquet, p. 14.)
Dans les récits qui suivent, on verra la coanière dont les paysans gallots envisagent le rôle du diable.