‹ Traditions et superstitions de la Haute-Bretagne (volume 2)Chapitre 29 sur 54 · I. — LE CHAR DE LA MORT · texte numérisé non relu

I. — LE CHAR DE LA MORT

UAND on entend la Charrette Moulinoin couiner (crier en grinçant), on dit :

— Voilà la charrette qui passe poa chercher les morts.

C'est un chariot qui n'est traîné par personne. Un jour, près du moulin d'Anne, une femme d( Saint-Cast l'a rencontré ; elle l'entendait de Ici^ qui couinait à chaque tour de roue, et elle peos) que la charrette allait à la porte de ceux qui so^ pour mourir.

La charrette marchait comme le vent, et \ femme, pour ré\nter, se jeta dans une brausà d'ajoncs, d'où elle la vit. Elle dit qu'elle n'ava! point vu de chevaux ; mais la charrette étai remplie de musiciens et de gens qui jetaient 1 feu par le nez.

(G>nté par Rose Renaud, de Saùu-Cast, 1879.) '

D'autres prétendent qu'elle est attelée de chJ vaux, et que celui qui la conduit crie sur ^ route : '

— Gare la va (la voie, le passage) du limonier I

On dit encore qu'elle passe par les chemins creux et à travers les champs, marchant comme le vent, sous la conduite du diable, et tuant tous ceux qui ne se sont pas rangés à temps sur sa route. Vers Plévenon, elle ne peut, assure-ton, passer par les champs, parce qu'ils ont été bénits.

Elle fait le même -bruit qu'une charrette mal graissée; c'est probablement le cri d'un petit crapaud très-commun en Haute-Bretagne, q^ui fait croire à cette charrette invisible, auquel son cri ressemble en effet beaucoup.

D'après un récit intitulé : La Charrette Mouîinoire, 2^ série, no lui, que j'ai recueilli à Plévenon, elle était attelée de douze cochons, et quand elle venait à la porte d'une maison, on pouvait être certain que dans la quinzaine mourrait un de ceux ijui l'habitaient (cf. ce conte pour les détails). Celte charrette est aussi appelée la Brouette de la Mort (cf. Carrignel an AnkoUy dont le terme français est le similaire exact.

On la nomme aussi la Grand' Cherrée, la grande charretée. C'est elle qui transporte les morts. La mère de ma bonne Vincente, qui était de Saint-Pôtan, avait vu passer près de chez elle, â la nuit close, la Grand'Cherrée.

En Basse-Bretagne existe la croyance an Kar an Anke»^ ^oi répond exactement à la Grand*Cberrée et à la Charrette Moulinolre.

« Au moment où Willherm sifflait le quatrième vers de li chanson de Marionnik, il entendit le bruit d'une charrette ooa ferrée, et il l'aperçut qui venait vers lui couverte d'un disp mortnaixc.

« Wilherm reconnut la cbarretU de la mort. Elle était tnunk par six chevaux noirs et conduite par VAnhm, qui tenait m fouet de fer et répétait sans cesse :

« — Détourne, ou je te retourne. »

(Souvestre, Foyer hreUm, t. I, p. 150, éd. Lévy.)

Cf. aussi Guyonvac'h, p. 18$, la Brouette de la Mort; Lnzel, Lég, chrét.y \. I> la Mort en voyage, et t. II, p. 335.

En Normandie, la charrette de la mort, traînée par des cIkvaiu blancs, se montre aussi, mais seulement le soir des Uorts, et l'on distingue la voix de ceux qui sont morts dans l'aimée. (Amélie Bosquet, p. 276.)

s n. — LES CHÂSSES ET LES CIERGES

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