PAIE UNE DETTE CONTRACTÉE PAR EUX
Un homme, mort depuis peu, apparut à une fille de Saint-Sulpice-la-Forêt et lui dit :
— Je dois quinze sous à un tel : paie-les pour moi.
— Volontiers, répondit la fille. Comment vous trouvez-vous là-bas ?
— Pas trop bien ; je me chauffe trop dur.
Il posa la main sur la manche de la jeune fille,
qui était toute roussie à Tendroît où les doigt^ avaient touché.
(Conté par Aiini Pierre, de Lifté, 1878.)
Cf. dans Dom Cdmet, p. ii;, l'histoire d'un seignenr qui TicDl recommander de restituer un bœuf qu*il avait pris. Voyes aussij p. 1 24, le récit d'un mouchoir brûlé par un revenant. Le mim< D. Calmet, p. 122, raconte, d'après Mélanchton, l'aventure d'uiu femme dont la main est brûlée par le contact de celle de soil défîiQt mari. Amélie Bosquet, p. 79, rapporte, d'après Onieri< Viul, une légende similaire. |
Lt revemuU à la messe ,
Il y avait une fois une servante qui était j3k de bras (chargée des gros ouvrages) dans vaut riche maison.
Le dimanche, ses maîtres allaient se promener, et parfois aussi les autres domestiques, de sort^ qu'elle restait souvent seule à la maison. |
Un jour qu'elle était de garde, elle se mît à lire Vlmitation de Jésus-Christ. Quand elle leva le^ yeux de dessus son livre, elle vit tout à coup auprès d'elle un gros homme à la figure blême,, tout habillé de brun, qui la regardait; mais elle n'osa lui parler, et il partit.
Le lendemain, comme eUe traversait la cour pour aller tirer les vaches, elle le vit encore qui semblait l'attendre. Elle courut bien vite à l'étable
5t ferma la porte; mais elle le vit encore à côté i'eUe.
Ces deux apparitions l'ef&ayèrent ; elle alla à Bonfesse et demanda conseil au recteur, qui lui ait:
— Parlez-lui, et vous viendrez me dire ce qu'il rous aura répondu.
Le monsieur habillé de brun, à la figure blême, K montra à elle pour la troisième fois.
— Que me voulez-vous? lui demanda-t-elle.
— Écoute, répondit-il ; il faut que tu dises à mes fils de restituer à un tel et à un tel tant de mesures de blé, pour réparer le tort que je leur ai bk en allant à la chasse avec mes chiens. Tu ks prieras de faire dire une messe pour moi à l'église de Saint- Jouan, et tu y assisteras.
Le fantôme disparut. La fille raconta tout à ses maîtres, en leur disant comment était fait le gros monâeur qui lui était apparu.
— De la façon dont vous nous le dépeignez, dirent les fils, c'est notre père.
Elle retourna à confesse, et le recteur lui recommanda de demander au revenant un signe visible, prouvant qu'il était revenu sur terre, car il ne croyait qu'à moitié ce qu'elle lui disait.
Le jour de la messe arrivé, on se mit en route pour aller à l'église. Le revenant vint se placer auprès de la jeune fille, et il ne la quittait pas ; à
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réglisè, il se mît auprès d'elle dans un banc, et la messe commença.
La fille suait de peur, et elle s'essuyait la figure avec son mouchoir. Quand arriva le dernier évangile, elle se rappela ce que son confesseur lui avait recommandé, et elle dit au revenant :
— Faites-moi voir par un signe que vous êtes réellement revenu.
Il mit la main sur le mouchoir qui était posé sur le dos du livre. Le mouchoir fiit brûlé, et la marque des doigts était aussi sur la couverture du livre.
(Conté en x88o par Marie Dnnmd, de Saint-Cast, Agée de quatre-vingts ans.)
Elle a entendu raconter ce récit, étant en£mt, par nne femme qui assurait avoir vu les débris du mouchoir et le livre.
« La nourrice de M™* de Fontenoy étant morte, apparut i une demoiselle et lui dit qu'elle était dans le purgatoire, et comme preuve, elle appliqua sa main snr nn mouchoir où elle laisst une trace pareille i celle de la figure d'une main de fier rouge » (cf. Réalité de la magie et des appariilonSy p. 8-9).