S TRADITIONS ET SUPERSTITIONS
d*accoucher de son premier-né ; il vit venir une femme qui lui dit :
— Donnez-moi le bonnet de baptême de votre fils, et je vous enverrai un demeau de blé noir pour Tenfant. Ccst pour que mon gars, qui va tirer, ait un haut numéro; la sorcière m'a bien dit comment il fallait faire.
(Conté en 1880 par J. Legendre, de S«int-Brieac-des-I£Es.)
Le bonnet de baptême qui figure id a vraisemblablement remplacé la ptîllicule appelée coiffe^ qui couvre la tête de certains en&nts, et que l'on croit être pour eux nne marque de bonheur; c'est de U qu'est venu le proverbe français < être né coiffé ». (Cf. Thiers, Traité des supentitûms^ ch. zxix.)
A côté des sorciers proprement dits, il y a les gens qui pansent au moyen de remèdes secrets (tout un chapitre d'un livre sur la Médecine superstitieuse^ que je prépare en ce moment, leur est consacré), et surtout les dormouères et les disouères, ou disouères de pîénètes (planètes), qui sont des somnambules. On vient parfois les consulter de fort loin, et ceux qui ont recours à leur pouvoir occulte ne sont pas toujours des illettrés.