LES SOUVENIRS HISTORIQUES
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ff^H^ES paysans gaUots, comme ceux de pres- Sg^ que lous les pays, ont conservé un trte- "^^ petit nombre de souvenirs historiques.
Ce fait avait été observé par Georges Sand, qui dans ses LègtTides rustiques constatait qu' u en Berry aucune tradition historique n'est restée dans la mémoire des paysans, sinon à l'état de mythe ».
J'ai séjourné dans plusieurs pays où se sont passés des événements qui ont influé sur la destinée de la Bretagne, et j'ai été surpris de voir combien le souvenir en était effacé.
Ainsi le chiteau du Bordage, en Ercé, près LiSi-é, que j'ai habité plusieurs années, a été autrefois une place considérable, et il reste encore de l'ancienne encdnie des vestiges suffisants pour mmtrer que la possesàon de cette forteresse était
regardée comme importante. Et, en effet, au XVIc siècle, elle a été, pendant les guerres de religion, prise et reprise quatre ou cinq fois. Des événements de cette nature auraient, semble-t-il, dû laisser une trace durable dans Tesprit des gens du pays. Eh bien I j'ai interrogé nombre d'habitants de tout âge, et aucun ne se rappelle même avoir entendu parler aux anciens des faits de guerre accomplis autrefois.
Les seuls souvenirs de cette époque, vieille à peine de trois siècles, sont quelques noms de lieux, tels que le cimetière des Huguenots, le Pont aux Huguenots (i), qui attestent encore qu'autrefois le pays était occupé par les protestants.
A Saint-<Iast, où j'ai passé deux étés et où j'^ recueilli un très-grand nombre de contes, j'ai aussi vainement demandé s'il existait quelque tradition relative à la bataille de 1758; je n'ai obtenu que des détails très-vagues, et pourtant plusieurs de ceux qui vivent maintenant ont connu des contemporains de la bataille.
(z) Les noms de lieux sont ceox qui conservent le mieoz le souvenir du passé ; à Plœuc, un champ porte aussi le nom de Cimetière des Huguenots (Jollivet, I, 328).
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