PERSONNAGES POPULAIRES
vâ^niEN que les Gallots se coasidèieni comme snv fiançais, ils ont gaidé un certain esprit ^irA 4e quasi-nationalilé provinciale, moias pronoDcé toutefois que celui des Bas-Bretons.
De l'histoire de la Bretagne indépendante ils se rappellent peu de chose; ils savent vaguement que les cinq départements actuels ont jadis formé un petit État autonome qui eut souvent à batailler contre les Normands et les Anglais.
Quelques noms propres ont surnagé, et parmi eux celui d'Arthur de Bretagne; je ne sais si c'est le héros de la légende ou l'un des princes qui ont porté ce nom. On nomme la chasse Arthu' eu Arthur le bruit que font dans les airs les migrations des oiseaux voyageurs. Vers Bécherel, et sans doute ailleurs, on dit en proverbe d'un homme solide qu'il est « fort comme un Arthur i>. On cannait aussi les noms de Duguesclin, le connétable qui battait les Anglais et était secourable aux pauvres gens ; de Gilles de Bretagne, que son frère empoisonna, et de la duchesse Anne, qui fut k dernier souveraia de la Bretagne.
148 TEADITIONS ET SUPERSTITIONS
Souvent on l'appelle simplement la duchesse ; on lui attribue la construction de plusieurs châteaux ( I ), et quelques voies romaines portent aussi son nom. « La vcne romaine qui traverse le canton de Fougeray.... passe tout près et à l'est de Fanden manoir de la Praye, où, selon une légende recuôllie par M. Gandin, la duchesse Anne et les sires de Rohan £ûsaient halte en se rendant à Rennes. Cette voie porte indifféremment les noms de chemin de la duchesse Anne et de chemin de la Ro3^ne. »
(GtiUloÛB de CorsOB, Sec. ami. J'IUe-ei-Filaine, t. YHI, P- «99.)
« La voie romaine qui traverse Pléchâtel porte 1 le nom de chemin de la Royne. » |
(/H<<., t. IY,p. 213.)
« A Langon est le chemin de la Royne, appelé aussi chemin de la duchesse Anne ou de la Guerche (Gwer'ch, vierge?). »
{ihid., t. xn, p. 6.)
Voici quelques récits que j'ai recueillis, et où la vérité historique fait place à la légende :
Après la bataille de Saint-Aubin-du-Cormier,
(0 Cf. Jolltvet, 1. 1, p. 146, la Roche-Sabard en Trtauuon.
la duchesse Anne voulut s'échapper par le souterrain du château ; elle fit ferrer ses chevaux à rebours, de sorte que ceux qui k poursuivaient faisaient fausse route. Elle fut vendue par son valet, qui plus urd paya cher sa trahison, car il fut tué, et on b rattrapa non loin de la fontaine de Jovence.
(CoDiA par pluaicurt personneE» «ntre autres pu Frjufoûe
D-iprèt une lègeailc iccueiUic i BJila (Loi<c-IiiKriciirc), «
Aaae fat livr^nou pu son valel, aaia par Id piesquî^ aa jour qu'elle l'huit ctchie du» le corps d'iu chevdl pour ^duppcr
En HarmtBiie, la dune du nunoir Fauvcl se aa-a ai« son ècuyjr CD fiisinl f^rKi lesiheviui i retours.
Près Saint-Aubin est la butte i Moqué, où la duchesse et ses dames d'honneur allaient se reposer autrefois.
« Les habitants du Vieux-Bourg en Saint-Just (lUe-et-Vilaiae) ont conservé le souvenir d'un couvent dont il ne reste aujourd'hui aucune trace, et ils préteudeat même que la duchesse Anne y venait parfois faire des retraites. Historiquement parlant, cette tradition n'a rien de sérieux, n
(GuilJoOn de Conou, p. 19;.)
s II. — ANCIENS CHÂTEAUX, ANCIENS SEIGNEURS
[ES anciens châteaux passent pour renfermer \ dans l'épaisseur des murs, dans des souterrains ou dans des puits, des trésors cachés. Mais on ne sait où sont ces richesses, car ceux qui avaient construit les caches étaient ensuite tués par les seigneurs, de peur qu'il ne leur prît envie d'en révéler le secret. (E.,M.,P.)
Près de Ploubalay se voient les ruines du château de Rais; on raconte que sur chacune des collines qui avoisinent l'étang il y avait deux seigneurs qui se battaient, et le vaincu était jeté dans un puits.
Ce puits, qui existe encore, est si profond que lorsqu'on laisse tomber une pierre dedans, on ne l'entend pas toucher le fond. Avec le vaincu sont enfouis ses trésors, son argenterie et ses armes.
■' (RecudUi à Ploubalay par M. Charles Sébillot.)
/ Dans le fond du puits de la Motte du Parc se
trouve une porte qui conduit à un souterrain où
sont toutes les richesses et toutes les armes du baron. On assure aussi qu'un jour qu'il charroyait de l'argent, le cheval qui était attelé à la charrette recula dans l'étang et disparut : c'est depuis ce temps qu'on dit que dans cet étang il y a une charretée d'argent.
Un jour que des gens étaient à guéretter sur un petit monticule qui est peu éloigné du château^ la terre s'enfonça sous eux, et ils tombèrent dans le souterrain où ils trouvèrent un chandelier de cuivre et un pot rempli de sous marqués de six liards.
(Conté en t88z ptr J. M. Comault, du Gonny.)
Ce château de la Motte da Parc, maintenant simple ferme de la commune du Gouray, était une place assez forte, ainsi qu'on peut en juger par les tours et les courtines qui subsistent encore, et qui semblent dater de la fin du XV* siéde. Dans le pays, on dit que des seigneurs trés-méchants y ont habité jadis.
u Les douves de l'ancien château du Rufflayen Saint-Donan cachent un trésor \ il en est de même de celui de la Villeneuve, dont le souterrain s'étend jusqu'à la fontaine de la Maroche. D'après la légende, ce souterrain se compose d'appartements remplis d'or. Un habitant de la Ville* neuve, conduit par un étranger, a pris quelques ^poignées de cet or, comptant bien y revenir;
mais depuis, il n'a jamais pu retrouver l'entrée du souterrain. »
(JoUivet, p. 60-61, art. 5a/fil-J99iMfi.)
« La tradition rapporte qu'en démolissant le château (de la Ville-Avran, non loin de Lou vigne), on trouva une poule en or avec ses douze poulets qui fut portée et fut vendue à Rennes ; elle passe pour avoir fait la fortune de celui qui Ta découverte. »
(De la PUaye, Mimoiru de la Société det Ani., 2« série, IV, P- 34)
En Beny (cf. Martinet, p. 8-9), dans l'Orae (cf. Mil. , col. 96), en Nonnandie (cf. A. Bosquet, p. i;4-xs5), les anciens châteaax passent aussi pour avoir des « caches a où sont des trèson.
Dans ses Légendes du Morbiban^ le docteur Fouquet raconte que le château de Kerbihan avait un trésor. Un jour un homme rencontra une pauvre femme et lui proposa de faire sa fortune, si elle voulait lui obéir. Il Temmena dans une grande cave, sous les ruines, et lui montra des tonnes pleines d'or, en lui disaot que si elle pouvait prendre une seule pièce de chacune de ces tonnes, elles se trouveraient transportées chez elle. Hais elle vit des monstres et des vipères ; alors elle s'enfuit, et l'inconna lui reprocha de ne pas l'avoir délivré de la garde de ce trésor. (P. 22-23.)
Cf. dans Amélie Bosquet, p. i;4, 156, i;9, des légendes normandes où il est parlé des trésors des anciens châteaux.
La plupart des anciens châteaux passent pour avoir eu des souterrains qui conduisaient au loin, et parfois étaient d'nne longueur invraisemblable.
SB LA RAUTE-B
Le diiteau de Léhon était relié, dit-oa, au corps de place de la ville de Dinan par un passage long d'un peu plus d'un kilomètre.
Le Bordage avait, assurent les habitants âgés d'Ercé, un souterrain qui allait jusqu'au cbi.teau de Saint-Aubîn-du-Cormier, situé i dix kilo-
A Plélan, au village du Gué, on montre remplacement du palais du roi Salomon. C'est une butte à peu près ronde qui n'est pas fort étendue.
On prétend que d'une ancienne geniilhommiëre, située i quelque distance, il y avait un souterrain qui y conduisait.
Plusieurs renferment des chambres où il revient (cf. Fouquet, p. 124-126, Le Revenant du Chdlelier), et aui alentours se promènent de nuit des dames blanches. D'après M. Habasque, t. I, p. 423, qui a peut-être un peu renchéri sur ce qui lui avait été raconté, « on entend des cris l'^SRk
plaintiis, des bruits de chaînes (à la Roche-Suhard). Qpelquefob aussi, vers l'heure solennelle de imouit, les fées y dansent joyeusement au clair de la lune, paraissant et disparaissant, et tournant antour des ruines. »
Je n'ai point recueilli de légende ausâ poétique; à Ercé toutefois, on assure qu'au lien dit la Lande de la justice, où étaient autrefois les fourches patibulaires du Bordage, il ne pousse pas de grain : la nuit on y entend parfois des plaintes.
A Tremblay, il y a un vieux château qui n*est pas en ruines, mais que personne ne peut habiter à cause des bruits qu'on y entend la nuit. On âk qu'il est plein de diables et de revenants, et que ces derniers sont des personnes tuées par les anciens seigneurs, qui ont laissé la réputation de gens cruels.
(Conté par J. Legendre, de Saint-Brieuc-des-Ifib, 1880.)
Une croyance analogue existe en Normandie au sujet de plusieurs châteaux (cf. A. Bosquet, p. 262).
« Si Ton en croit les habitants de Baulon (Ille-et-Vilaine), le château de la Motte-Bruslon, dont on voit les débris près du bourg, fut maudit et détruit parce que ses possesseurs maltraitaient les pauvres du pays. »
(Guillotin de Corson, p. 92.)
Au temps où il y avait encore des seigneurs (il y a de cela cent vingt ou cent trente ans), il y avait à TAngevinais en dlorguen un mauvais
DE LA UAU
MigneuT qui tous les soirs moataît à cheval et se faisait suivre d'un paysan aussi i cheval, pour se rendre au Tarais, où il allait faire des choses éhoDtées qu'on n'ose seulement pas dire. Un soir, comme il était à peu près à mi-chemin, il aperçut devant lui sept grands lévriers blancs, dont le plus grand seul avait une lâche noire au collier; les sept lévriers se jetèrent sur lui, comme s'ils avaient voulu le dévorer, ei il ne pouvait poursuivre sa route. Il appela le paysan qui le suivait, et lui dit d'essayer de passer. Les lévriers ne lui dirent rien, et il passa. Le seigneur alors voulut absolument passer. 11 y réussit; mais les lévriers se jetaient sur lui et sautaient presque par dessus son cheval. H arriva au Tarais, où il fut pris de mal-â-saint (de peur), et il mourut au bout de trois jours sans avoir pu retrouver la parole. Depuis ce temps, les sep[ lévriers blancs, qui étaient des réprouvés, au chiceau de l'Angevina un grand bniit de chaînes par la porte de la cave inaDger de la soupe ou du lait qu'on leur laissait dons sept écuelles sur la table, et si on venait i les oublier, ils disaient un tel tapage qu'il n'y avait pas moyen de dormir. Ils sont revenus jusqu'à ce qu'on ait démoli le château.
Lorsqu'on démolit l'Angevinûs, il n'y a pas