‹ Traditions et superstitions de la Haute-Bretagne (volume 2)Chapitre 52 sur 54 · PS · texte numérisé non relu

PS

Le trente et un du mois d'à - oût, Le trente et

un dn mois d*a - oût, Nous v! - mes ar - ri- ver sur

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nous, Nons vl - mes ar - ri - ver sur nous (2) U-ne fré-

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ga-ted'An-gle

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ter - re Qjû ra-sait la mer et les

Choeur.

iots ; Pour s'en al - 1er jus-qu'à Bress' - lan. Bn-vons un

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coup, ba-vons-en deux A la san - té des a-mou-

(x) L« musique a été notée par M. Bourgault-Dncoudray. (2) On bisse soit chacun des deux premicn vers & part, comme la musique, soit les deux premiers vers ensemble.

J.J ^^ i r JJJ'l^ ^

reuz, A la san - té du roi de

Fnm-ce. Merde pour

i f]^h-ni^^^^-i^H"Ni

ce-luid'An-gle- terre Qpi nous a dè-cJa-ré la gnerre.

Le trente et un du mois d*août, (bis)

Nous vîmes arriver sur nous (i)... (bis)

Une frégate d'Angleterre,

Qui rasait la mer et les flots,

Pour s'en aller jusqu'à Bress'lau (2).

Refrain

Buvons un coup, buvons-en deux A la santé des amoureux, A la santé du roi de France.

Merde pour celui d'Angleterre Qjii nous a déclaré la guerre.

Le capitaine, en la voyant, (bis)

Fit appeler son lieutenant : (bis)

— Lieutenant, êtes-vous assez brave (3), Lieutenant, êtes-vous assez fort Pour aller accoster son bord ?

Fartantes

(i) Nous vîmes sous le vent i nous...

(::) C'était pour aller à Bress'lan.

(3) Dis, lieutenant, es-tu capable; Dis-moi, te sens-tu-z-assez fort.

Le lieutenant, fier-z-et hardi, (bis)

Lui répondit : — Capitaine, oui. (Wi)

Faites monter votre équipage ;

Braves soudards et matelots.

Faites-les tous monter en haut.

Le maître donne un coup de sifflet : (bis)

— En haut 1 Largue les perroquets I (bis)

Largue les ris, et vent arrière;

Laisse arriver prés de son bord.

Pour voir qui sera le plus fort I

Vire lof pour lof 1 En abattant (bis)

Nous l'accostâmes (i) par son avant : (bis)

A coups de hache d'abordage,

A coups de piques et d' mousquetons (2)

Kous l'avons mis à ta raison.

Qge dira-t-on de lui lantâi (bis)

En Angleterre et à Bress'Iau, (bis)

D'avoir laissé prendre sa frégate

Par un corsaire de dix canons (3),

Lui qu'en avait trent'-six et de bons ?

On pcDI comparer cetli Uftmla hWt»i»l, La Imir Ji ph

Les pontons ont laissé plus de traces. On raconte à Matignon Thistoire d'un matelot du pays qui, à bord des pontons, se dévora les mollets pour ne pas mourir de faim. J'ai connu d'anciens marins dont le rêve était de manger, avant de mourir, le cœur d'un Anglais tout cru. L'un d'eux, dit-on, étant à son lit de mort, fit à son confesseur la concession considérable de déclarer qu'il le mangerait cuit. (D.)

Un matelot nommé Boulloux, de Matignon, s'échappa des pontons en faisant un trou dans la muraille du navire ; il sauta à la mer avec huit de ses compagnons par une nuit d'hiver. L'un d'eux se noya; mais les sept survivants, parmi lesquels se trouvait un capitaine de Saint-Briac, s'emparèrent d'un brick anglais chargé de poudre, et, après avoir été poursuivis par une frégate, ils abordèrent à Painpol, où la cargaison fut vendue à leur profit.

(Conté en x88o par M. Lorant, de Matignon, clerc de notaire.) Gameray, dans ses Souvenirs des pontons, raconte une histoire d'évasion à peu près semblable.

Il y avait à Plévenon un pécheur qui avait été fait prisonnier par les Anglais. Emmené en Angleterre, on l'attacha comme un chien, avec une chaîne, à l'entrée d'un fort, et les en£ants, en passant à côté de lui, lui disaient d'aboyer.

Un jour il dit à l'un d'eux :

— Non, je n'aboierai pas ; mais si vous voulez, je sais des contes de mon pays, et je vous les raconterai.

L'enfant alla rapporter à ses parents les paroles du prisonnier; ils le firent détacher de sa chaîne, lui donnèrent à manger les restes de leur table, et le traitèrent de leur mieux. Il racontait le soir des contes aux enfants, qui le regrettèrent beaucoup quand il fut rendu libre au moment de la paix.

(Conté par Élie Ménard, de Plèvenon.)

La légende napoléonienne, disparue aujourd'hui, a été longtemps populaire dans les campagnes de la Haute-Bretagne, où elle était entretenue par les anciens soldats de TEmpire. Cependant j'ai toujours entendu les femmes âgées raconter qu'à l'époque de la grande guerre il n'y avait plus que des enfants et des vieillards pour cultiver la terre. Après chaque victoire on chantait un Te DeutHy et les paysans de cette époque l'appelaient énergiquement et justement le Twe-

s V. — LES GUERRES CIVILES

La ligue

[AR endroits, la Ligue a laissé quelques souvenirs. Comme les chouans, les ligueurs sont sanguinaires et pillards, et dans presque toutes les légendes ils jouent un fort vilain rôle. Ailleurs, mais plus rarement, ce sont les huguenots qu'on accuse.

Il est probable que, jusqu'à la Révolution, il se conserva un assez grand nombre de traditions relatives à la Ligue ; la chouannerie étant venue depuis les a fait oublier, et il est possible que plusieurs des exploits des ligueurs ou des huguenots soient allés grossir le dossier — très-riche en horreurs — de la chouannerie.

Autrefois vivaient dans un château auprès de Salines, en la commune de Matignon, des gentilshommes pillards et cruels. On les appelait les ligueurs ou les Fondebonds; je n'ai pu savoir si ce dernier nom était celui de leur château. Dans leur temps ils commirent beaucoup de cruautés :

auxVUles-Samson, ils éveiitrèrent, pour se divertir, une femme de Saint-Cast, et l'on appelle encore aujourd'hui allée des Soupirs un endroit de la commune de Matignon où ils égorgeaient leurs victimes.

Longtemps après leur mort, leur château était hanté la nuit. Une bonne femme Hervé, qui y habitait, les entendait venir jouer aux boules dans les chambres au-dessus de l'endroit où elle demeurait. Quand elle était lassée de leur bruit, elle frappait au plancher avec son balai pour les faire taire.

(Conif en iBSo pu M. Ange Lonoi, e\tie de nouire, qui i

n A Saini-Donan est un trou profond dans la rivière de Gouet, qui s'appelle la Fosse-Madame, et d'où s'échappent de sourds mugissements. Le peuple les attribue aux cris d'une dame de Botherel qui, assiégée dans son château, aima mieux se précipiter dans la rivière que de se leodre. a

(B. JallîRi, un. SsiHi-DouBu, p. to.)

H L'ancien château de RuSay était habité pai huguenot qui, un soir, attendit le recteur dt Saint-Donan qui s'était attardé aux Peiits-Madrais, l'a&sassina et porta son cadavre derrière le ptes-

b3rtère. Le frère du meurtrier étant venu à passer par là, heurta le cadavre et fut saisi d'une telle frayeur qu'il mourut trois jours après. Depuis cette époque, on peut voir chaque nuit un corbillard recouvert de draperies de deuil se diriger vers Saint-Brieuc, au galop de quatre chevaux noirs, sans conduaeur visible. »

(B. JoUivet, p. 6o-6i.)

« En avril 1589, une troupe appartenant à l'armée du duc de Mercœur, qui tenait garnison au château de Fougères, s'achemina vers Marigni, dont le propriétaire tenait le parti du roi, pilla le mobilier et en emporta une partie.

« La tradition locale a conservé le souvenir de cet aae de brigandage; mais, dans les détails, elle s'écarte de la vérité : elle suppose en efikt que le sieur de Marigni, aidé de ses domestiques et de ses vassaux, réussit à repousser les assaillants, tandis que le contraire est prouvé par les registres du parlement. »

(Bfaupillé, Li canton de Saint'Briee, dans les Mém. de la 5». arcb. d'Ille-et-ViUine, t. XIII, p. 288.)

La chouannerie

Pendant la période révolutionnaire, deux £aits semblent surtout avoir frappé Timagination des 1

paysans gallots : les préEres fusillés, et les pillages et les meurtres commis par les chouans.

Dans tous les récits que j'ai entendus, îussi bien dans l'IUe^t- Vilaine que dans les CAtes-du- Nord, les chouans sont pillards et méchants. Ce sont eux qui font asseoir les femmes sur le galâ~ iitr, — c'est la plaque ronde en fer battu sur laquelle on fait la galette, — pour les forcer à dire où est caché leur argent, ou à dénoncer la retraite de leurs maris ou de leurs enfants.

Ailleurs ils enterrent des gendarmes jusqu'au cou, et s'amusent à jouer aux boules en prenant leurs têtes pour but; ou bien ils brûlent d petit feu les acquéreurs de biens nationaux.

Ils étaient aussi pillards, et les paysans racontent avec indignation qu'ils emportaient les couettes des lits et mettaient le cidre à courir.

On ferait un gros recueil de toutes les cruautcs qui leur sont attribuées, et il n'est guère surjii;naot, après cela, que, dans nombre de pays, l.i plus sanglante insulte qu'on puisse adresser à un homme, c'est de l'appeler « chouan ».

Il y a dans le bois du parc de Montmuran lu endroit qu'on appelle le Morbihan : c'est là qu;^ les chouans menaient les bleus, et qu'après Uur avoir fait dire leur acte de contrition, ils les

fusillaient. Jadis, entre petits garçons, il n'était pas rare d'entendre dire :

— Si ton père tenait cor (encore) le mien, il le mènerait dans le Morbihan.

(G)nté par josq)h L^endre, de Saint-Brienc-des-Iflb.)

Au Plessix en Dourdain, les chouans s'étaient emparés de Pétaud, qui était un bleu. Ils l'avaient lié de cordes et lui répétaient :

— Tu vas mourir, Pétaud !

— Peut-être bien que oui, peut-être bien que non, répondait-il.

Ils allumèrent un grand feu, car on était en hiver ; mais au moment où ils allaient fusiller Pétaud, la garde nationale de Dourdain survint et le délivi;a, après avoir tué ou blessé plusieurs chouans.

A Dourdaiu, les chouans coupaient les doigts aux bleus dans l'église, en se servant de la iaibU de Dieu, c'est-à-dire de la balustrade de l'autel, comme d'un billot.

A la Bouexière, ils cherchaient un bleu nommé Montigné qui s'était caché; ils ne trouvèrent que sa fille, qu'ils entraînèrent dans le fournil, où ils lui dirent qu'ils la saigneraient si elle ne leur indiquait pas la cachette de son père.

Heureusement, la garde nationale arriva et délivra la jeune fille.

DE LA HAUTE-BRETAGNE }3l

Une autre fois, les chouans s'emparèrent de Montigné, et ils allaient le tuer, lorsqu'il leur demanda de boire un « coup de cidre » pour se donner du cœur. On alla lui en chercher ; mais les chouans, qui trouvaient le piot de bonne qualité, s'attardèrent à boire, et la garde nationale, prévenue par un domestique de Montigné, arriva et les surprit.

(Conté par Jean Bouchery, de Dourdain, qui a appris ces deux ^lemiers £iits de la bouche même de la fille que les chouans avaient voulu saigner.)

Dans Le château et la commune, livre de M. Ducrest de Villeneuve, on peut lire ii la page 298 un récit curieux de chouannerie qui fut fait ii l'auteur par un paysan de la Gacilly.

Les chouans

U y avait une fois un homme et une femme qui allaient coucher dans la forêt; ils y construisirent une cabane et y demeurèrent longtemps, et ils eurent un petit garçon.

Quand il fut grand, ils le mirent en service; il y resta trois ans, puis il revint chez ses parents, qui se montèrent dans une petite ferme.

Us avaient une grand'prée et une vache que le petit gars allait garder dans la prairie. Une fois, il la ramena vers la nuit tombante à la maison, et quand il fut pour se mettre à manger, il dit :

— Ah f j'ai oublié mon couteau sur le fumier de la prairie.

Sa mère, qui était hardie, alla avec lui le chercher, et ils revinrent avec le couteau.

Le lendemain, ils voulurent envoyer le petit gars ès-champs ; il ne voulut pas. Son père lui donna une écuelle de bois en lui disant de porter du lait pour abreuver la vache. Il y alla, et après ravoir abreuvée, il se coucha sur le fumier et s'endormit.

Quand il se réveilla, il vit les chouans qui coassaient — poursuivaient ou poussaient devant eux — les vaches par la prée, et il s'enfuit chez ses parents.

Sa mère lui demanda pourquoi il revenait.

— C'est, dit-il, que les chouans ont pris la vache et veulent l'emmener.

Elle retourna avec lui et aperçut les chouans, qui s'emparèrent d'elle et du petit gars, et l'emmenèrent dans un fourré où ils demeuraient.

En rentrant, le père ne retrouva ni sa femme, ni son petit gars, ni sa vache; il alla dans la prairie et vit les chouans. L'un d'eux le fit prisonnier et le tua comme les autres.

(Conté par DeUmarche fils, d*Ercé.)

Ce conte est sans doute une histoire de chouan sondée à ua récit plus ancien, et qui a ainsi acquis une sorte de forme légendaire.

Dans le temps de la Révolution, les bleus voulant aller à Josselin prièrent un homme des environs de les y conduire. Arrivés non loin de Josselin, ils tuèrent leur guide.

A l'endroit où toucha sa tèle quand il tomba, se fit un trou qu'on n'a jamais pu combler.

Le frère de Suzette Marcadet, chaudronnier ambulant de son état, l'a bien des fois rempli de terre et de pierre. Quand il repassait, quelques heures plus tard, le trou était vide.

(Conté en 1880 par Snzette Marcadet, de Josselin.) C'est le seul récit, parmi ceux que j'ai recueillis, où les Meus jouent un rôle sanguinaire. J'ai pourtant habité des communes qui avaient chouanni dans le temps. Il ne serait pas impossible toutefois que, vers le Morbihan, la contre-partie exist&t.

Il y a des pays (Ercé et les environs) où on attribue aux chouans les meurtres de prêtres pendant la Révolution.

Les endroits où les prêtres ont été fusillés en conservent encore des traces visibles, assure-t-on. Dans le bois de la Chouanuière, près Merdrignac, la fougère ne pousse pas dans une partie du bois : avant de mourir sous les balles des bleus, un prêtre l'a maudite.

A Saint-Germain, on voit sur la terre un espace qui a la forme d'un homme étendu par terre, et où l'herbe ne pousse pas : un prêtre a été fusillé là. On a voulu mettre à cet endroit des

Ùgats, nuis siDS pouvoir les faire tenir l'un sar

Au Bois-Rouge cd Chevaigné, i! y a an coïn de champ où, pour la même raison, l'herte ne pousse pas. Ces deux faits m'ont été racoutés pai une femme d'Ercâ, qui y croyait fermement,

LTwrbe nwudiiE eï qnl ne poasK plus n'esi pu p ■QK lieoK où ont tti mèi dei praires ; on mon

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