‹ Traditions et superstitions de la Haute-Bretagne (volume 2)Chapitre 8 sur 54 · LES SAINTS · texte numérisé non relu

LES SAINTS

« Sur la lande de Guerchmen (gwerc'h men, roche à la Vierge ?), près Bains, est un menhir appelé par les paysans la Roche aboyante^ et qui, selon la tradition, n'est autre chose qu'un chien

l8 TRADITIONS ET SUPERSTITIONS

pétrifié par saint Gsnvoyon, qu'il poursuivait ua jour que le saint traversait la lande. «

(GuUlotin lie Camm, Sui. ii RiJim, p. 1.)

H Partout où se trouvent ces grandes pierres, la tradition populaire s'est ingéniée k les désigner k sa. manière. A Plessé (Loire -Inférieure), les menhirs sont des chasseurs avec leur meute de chiens transformés en pierres pour n'avoir pas su sanctifier le dimatiche. j>

(Guilloiin lie Conon, p. n, Trad. (I %.}

Od pcui rapprocher cei 4eux tégendei it Celte de Cenuci ub \ovr que ia toldets poursuinjeai bjat Cataily, ils furent truuforiDéi en pierrH, et ce sont euï que l'on voit encore

A Chdx (Loire-Inférieure) est une sorte de dolmen qui, d'après le dire des habitants, aurait été placé là par saint Martin, qui est le patron de

D'aprii Souveitrei les pierres de Lenvjux duraient i\h «ppoc-

Prti de Poitim, il y i la PUrn-Lr-'it, toutenue par cinq pUien. Saiflte Radegoode aurait apponà aur la lète celte pierre en ce lien, et lei pillen dens ion tabliec. Li uinie ayant laiut tomber le liii^e pilier» le diable le ramasaa et Teitipona. (P. Athenaa, Ljài irmsn'Hi», t. 11.)

■ Dans la forêt de Taleusac, au sud et près de

Montfort-sur-Meu (Ille-et-Vilaine), nous avons remarqué un bloc de grès énomie, sorte de table couchée ou de menhir renversé, connue dans le pays sous le nom de Gris de saint Maai.

M Ce grès esi couvert dans tous les sens de fines rayures et percé de nombreux tious du calibre d'un canon de fusil de chasse.

« La légende du pays rapporte que saint Maen, qui était charpentier, aiguisait ses outils sur cette pierre : de li les rajTircs et les trous encore \TSibles. Au reste, les bûcherons du voisinage ne se font pas faute, encore aujourd'hui, d'imiter saint Maen. La rouille et les traces de fer sont apparentes, sans avoir rien de commun avec les traces primitives.

« Un jour, toujours selonla légende, saint Maen, après avoir aiguisé sa hache, l'Liuraii lancée devant lui, et l'outil, tombant à trois kilomètres de là, aurait désigné la place où est maintenant biti le bourg qui porte son nom.

H Dans l'est de la France, nous avons recueilli des traditions de même nature, relatives à des camps celtiques : i. Raon-l'Eiape, Bourguignonles-Morey (Haute-Saône). Il y est question de pierres énormes lancées de colline k colline jusqu'à de grandes distances, s

(Theuveuoi, ^ilij nir qntlguii moniimixa anàmi, p. ;-g.)

« A Mégrit, arrondissement de Dinan, une

pierre posU à !a surface du sol porte le nom de Pierre de saint Patrice. Elle esc percée dans toute sa longueur. C'est, dit la légende, dans ce trou que saint Patrice s'est caché pendant longtemps. »

(Emoul de 1i CbeneUèrt, p. J.)

Le beau menhir du Champ-Dolent, près Dol, est une pierre tombée du ciel pour séparer deux frères qui se battaient en duel.

D'après une noie communiquée par M. Bézier, on raconte aussi que la pierre du Champ-Dolent et celle de la Mairie en Cuguen sont sorties de terre pour mettre fin â une lutte fratridde.

Dans l'arrondissement de Foug^s, pUircs à bassins sont appelées par les gens du pays chaises ou chaires du diable. « Ce sont des blocs de rocher qui sont naturels... Ud bassin principal, creusé tout au bord de la roche et a.u milieu de l'une de ses plus grandes faces, en fait uo véritable siège avec un dossier. Une échancrurc au devant du siége-bassin correspond â une rigole allant jusqu'à terre le long de la roche; puis de chaque cAié, juste où se posent naturellement les coudes étani assis, se trouve une petite entaille en forme d'écuelle. Le sommet de la roche

est couvert de semblables petites cavités, s'écoulant chacune par autaat de cannelures allant jusqu'à terre lelong dela&cepostérieure. »

(DuJDD ie It Ginane, p. )}) poruit le Dom de Selle-i-Dien. (Cf. Honiiier, p. 417.) A Dotnàu aiible. (Cf. MiUriiMx, t. VII, p. };6.)

M Dans la commune de Louvigné-du- Désert existe un siège de pierre connu sous le nom de C!>aûe-aa-Diabk, sur laquelle il vient de temps en temps s'asseoir la nuii, tantôt sous la forme d'un mouton, tantôt d'un bouc ou d'un autre animal. Il change ainsi de forme, afin de n'être pas reconnu. » (Danjou de la Garenne, p. jo.) « Dans la même commune existent d'autres chaises au diable : près du Rocher de la Fresnaye, sur le rocher de la Gourdelière, dans la châtaigneraie de la Juilais. Une autre, détruite il y a quelques années, se voyait i la Buhaye. n

(DenjDU de La GueûK, p. ;i 1 ^4.)

n Au bord de la route d'Antrain à Fougères existe en la commune de Noyal-sous-Bazouges le plus beau menhir de l'arrondissement de Fougères. Il est connu sous le nom de la Pierre-Loi^iw. L'une de ses faces paraît usée en différents endroits par le résultat d'un long frottement. Au pied gît

une petite croix de gramt... On raconte que le diable p'assa par là, portant sous chaque bras une pierre gigantesque. Il en laissa choir une qui s'enfonça par sou énorme poids; c'est celle qu'on y voit aujourd'hui. Quant à l'autre, elle tomba, Aune demi-lieue de Dol, dans le Champ-Dolent... D'autres disent qu'il y eut en ce lieu jadis une grande bataille, et que les vainqueurs obligèrent les vaincus à clouer de leurs propres mains ce trophée de leur défaite. «

(Du|<m lie k Guonc, p. «1-41.)

a Au point culminant du bois des Alleux, en Louvigné-du-Désen, est un énorme bloc de granit de 1 2 mètres de circonférence, appelé Pierre du DiahU. Son sommet, légèrement concave au milieu, incline vers une large entaille munie de chaque côté d'un bord très-saillant et creusée verticalement sur le flanc sud de la pierre. On a profité, pour faire celte rigole, d'une fente naturelle de la roche ; mais ses bords saillants ont certainement été faits de main d'homme. Le nom de ce monument, ainsi que sa désignation singulière, s'explique par la lég;ende. Le diable essaya, dit-on, de l'emporter, lorsque, forcé par l'archange, ils bâtissaient ensemble le Mont-Saint-Midiel. Il fit néanmoins de à terribles efforts que son échine maigre et pointue y resta profondément emprdnte

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telle qu'on en voit aujourd'hui la marque ineffa- <çable. »

(Danjou de la Garenne, p. SS'S^O

« A Squiffiec existe un menhir qui jadis était accompagné de deux autres. On dit dans le pays que saint Hervé, voulant mesurer ses forces avec le diable, avait lancé ces pierres du haut de la montagne de Bré, située en Pédemec. » (Emoul de la Cheneliére, p. 12.) Le Poron-Meyer, roche à bassin de Laroche-en- Breil (Morvan), porte aussi des empreintes qui sont dues au diable, d'après une légende rapportée dans les Matériaux^ t. VII,

On voit prés de Cléder (Finistère) une pierre portant sur une de ses faces des cavités symétriques. Ce sont les marques des griffes du diable qui voulut la lancer contre la belle cathédrale que saint Pol bâtissait alors à Léon. (Fréminville, Antiq. du Finist.f p. 64.) En Normandie, un menhir à écuelle porte rempreinte de la tète et des épaules des géants. (Cf. A. Bosquet, p. x8i.)

« Parmi les blocs du Rocher- Aubry, dans l'endroit dit les Gautiers, on voit une pierre énorme dite le Faix du Diable ; elle a des bassins et entailles d'une façon particulière. Ces entailles singulières sont les marques àts os saillants et décharnés du diable qui portait cet immense fardeau, lorsque, bâtissant le Mont-Saint-Michel, il le posa dans cet endroit, n'ayant plus besoin de matériaux. » ^

(Danjou de la Garenne, p. 56.)

a En Saint-Ëtienne en Coglès, on voit une pierre levée haute d'environ 2 mètres, et qui

PERSTITIONS

pone vers la moitié de sa hauteur une cavitésoigneusemeni creusée. A l'ouest et y joignant sont quatre pierres brutes de o" 60 de haut, placées de champ et alignées sur deux rangs, de manière à former une petite allée de O" 60 de haut. Lorsque le diable bâtissait Saint-Michel, dit la tradition du pays, ses aides diaboliques lui apportaient des pierres qu'ils venaient chercher jusqu'ici. 4 cause de leur belle qualité. Quand il leur cria qu'il n'en fallait plus, ils les laissèrent sur place. B

(Djnjou, p. 63.)

Les menhirs de Vieusviel, appelés les Pets da Diable, se sont échappés du sac de pierres que Lucifer portait à travers l'espace, pour construirele Mont-Saint- Michel.

(Mot.

n Proche le village de la Hauie-Bayette, en la commune de Parigné, dans le champ de la Pdile-Pierri, existait une pierre levée en granit, inclinée vers le sud, portant sur le côté opposé diverses entailles. Les gens du pays y voyaient les marques des griffes du diable, qui avait posé là cette pierre lorsqu'il bâtissait le Mont-Saint- Miche). C'est pour cela qu'on la nommait l'É]fiIu?& du DiabU. »

(T)ia\aa de 1m Gimoe, p. 4«.)

Des entailles analogues attribuies au diable existent en Alsace. (Cf. Mémoires de la Société d'émulation de Monibéliard,. 3« série, t. II.)

On dit que les pierres debout de Saint-Mireï ont été chômées (plantées) au moment de la naissance du Messie, de même que beaucoup d'autres dans le monde, comme signe de reconnaissance de sa venue. Les gens ne le savaient pas au juste ; mais Tesprit de Dieu se répand partout, et ils sentaient qu'il allait venir.

(Conté par François Mallet, du Gouray, 1880.)

C'est une opinion que je n*ai entendue que cette fois ; je la. donne à titre de curiosité.

Vers Dol, les bonnes gens du pays attribuent imperturbablement aux Romains l'érection de la plupart des mégalithes.

(Commtmiqué par M. B. Robidou.)

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