‹ Traditions et superstitions de la Haute-Bretagne (volume 3)Chapitre 37 sur 85 · TRADITIONSIETYSUPERSTITIONS · texte numérisé non relu

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en or, il eut de quoi se mettre à son aise pour le restant de ses jours. | (Conté par François Marquer, de Saint-Cast.)

Le collier laissé par le lutin ou diable a pour similaire la bride d’or du Fersé, Cont. popul., 2° série, n° Lvr.

Vers Châteaubriant, on redoute la bête de Béré, qui a la plupart des attributs de Mourioche et subit des transformations analogues. Sa monographie a été écrite par M. Goudé, Histoires et Légendes de Chüteaubriant, p. 33 et suivantes.

Mourioche semble aussi apparenté à la Grand’Bête du Berry, sorte de chienne de la grosseur d’une vache qui suit, sans leur faire de mal, les passants attardés (Martinet, p. 3). Au sortir des taillis de Champeaux, ils entendirent tous les oïseaux du bois crier à la fois, et virent une béle qui était faite tout comme un veau, tout comme un lièvre aussi. C'était la Grand’Bète. (Maurice Sand.)

G. Sand consacre à la Grand’Bête tout un chapitre de ses Légendes rustiques. (CF. aussi Laisnel de la Salle, I, p. 177.)

La Fausserole est une bête assez semblable à Mourioche, qui se promène à Saint-Cast, tantôt sous la forme d’un chien, tantôt sous celle d’un veau. On entend piétiner : c’est la Fausserole qui arrive et jette les gens par terre. Bien des personnes l’ont vue, et il y a surtout un endroit où elle apparaît et qui se nomme la Fausserole, soit que la bête lui ait donné son nom, soit qu’elle ait emprunté le sien au lieu où l’on a le plus coutume de la voir. La Fausserole n’épargne même pas le clergé: en 1832, M. Cormao, alors recteur de Saint-Cast, fut secoué par la Fausserole.

DE L'ATHAUTE-BRETAGNE P7I

Des gens de Calorguen qui vivent encore, mais sont aujourd'hui des vieillards, allaient à la chasse dans leur jeune temps, et chassaient surtout la marte. Un jour qu'ils étaient près de la Hamelinaye, leurs chiens aboyèrent, et ils crurent que c'était après une marte. Ils coururent et virent au pied d’un arbre une bête blanche, grosse comme un agneau; à mesure qu'ils s’en approchaïent, elle grossissait et devenait monstrueuse. Ils eurent grand’peur et s’enfuirent, se promettant de ne jamais y retourner. Mais assez longtemps après, comme ïls s’en revenaient tous les trois de leur journée, leurs chiens coururent encore en aboyant vers une bête qu'ils prirent pour une marte. Ils voulurent s’en assurer et les suivirent. Arrivés près d’un chêne, ils virent que la bête y était montée; Ils montèrent aussi, et alors la bête leur dit: « Qui descendra premier, vous ou moi? » Ils eurent encore trèspeur et descendirent vite; mais la bête descendit aussi et courut vers la rivière. Elle se jeta à la nage, et ils l’entendirent battre l’eau comme la roue d’un moulin.

Un homme de Calorguen, nommé Jean Lhermite, a raconté bien des fois qu'un soir, revenant de Rennes le long du canal, arrivé sous l’Angevinais, un peu en deçà de Donha, il

entendit dans le bois quelque chose qui remuait, et il vit tout à coup une énorme bête blanche qui voulut se jeter sur lui. Il n’avait jamais eu peur de sa vie, et il crut, comme on n’y voyait pas trèsbien, que c’était un des chiens de la ferme de Boutron, où il y en avait de très-gros. Il se défendit en la frappant avec son bâton. A la fin, la bête le lâcha et se jeta à la rivière, qu’elle traversa. Alors il monta à Boutron et frappa à la porte de la maison; on lui ouvrit, et il put s'assurer que tous les chiens étaient là. Il fut pris d’une si grande frayeur qu’il n’osa retourner seul chez lui, et on fut obligé d’aller le reconduire.

(Recueilli par Mie Élodie Bernard.)

Quelquefois ces croyances aux lutins sont exploitées par des malfaiteurs, des fraudeurs ou de simples mauvais plaisants. Ceux qui veulent faire peur s’enveloppent d’un drap blanc, ou se couvrent d’une peau de vache dont les cornes sont tournées en l’air, et marchent à quatre pattes ou par bonds. Le métier n’est pas toutefois sans danger, car il peut se trouver, surtout maintenant, un paysan moins superstitieux que les autres, qui tire sur le prétendu diable ou esprit.

Peu de temps avant le meurtre de Mlle des

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Ville-Audren et de sa domestique, qui furent assassinées à Matignon, au commencement de Îa Restauration, une forme étrange se montra à plusieurs reprises dans les rues de la petite ville : elle était couverte d’une peau poilue et faisait entendre des cris qui ne ressemblaient à ceux d'aucune bête. L’apparition allait soulever le loquet des portes en cherchant à les ouvrir. Si elle y parvenait, elle entrait à moitié, puis se retirait en poussant un cri effroyable. Personne n’osait plus sortir de chez soi après la nuit close.

L'apparition cessa brusquement dès le lendemain de l’assassinat. (M.)

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