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et ferma la porte; mais elle le vit encore à côté d’elle.
Ces deux apparitions l’effrayèrent ; elle alla à confesse et demanda conseil au recteur, qui lui dissous
— Parlez-lui, et vous viendrez me dire ce qu’il vous aura répondu.
Le monsieur habillé de brun, à la figure blème, se montra à elle pour la troisième fois.
— Que me voulez-vous ? lui demanda-t-elle.
— Écoute, répondit-il; il faut que tu dises à mes fils de restituer à un tel et à un tel tant de mesures de blé, pour réparer le tort que je leur ai fait en allant à la chasse avec mes chiens. Tu les prieras de faire dire une messe pour moi à l’église de Saint-Jouan, et tu y assisteras.
Le fantôme disparut. La fille raconta tout à ses maîtres, en leur disant comment était fait le gros monsieur qui lui était apparu.
— De la façon dont vous nous le dépeignez, dirent les fils, c’est notre père.
Elle retourna à confesse, et le recteur lui recommanda de demander au revenant un signe visible, prouvant qu’il était revenu sur terre, car il ne croyait qu’à moitié ce qu’elle lui disait.
Le jour de la messe arrivé, on se mit en route pour aller à l’église. Le revenant vint se placer auprès de la jeune fille, et il ne la quittait pas; à
église, il se mit auprès d’elle dans un banc, et la messe commença.
La fille suait de peur, et elle s’essuyait la figure avec son mouchoir. Quand arriva le dernier évangile, elle se rappela ce que son confesseur lui avait recommandé, et elle dit au revenant :
— Faïtes-moi voir par un signe que vous êtes réellement revenu.
Il mit la main sur le mouchoir qui était posé sur le dos du livre. Le mouchoir fut brûlé, et la marque des doigts était aussi sur la couverture du livre.
(Conté en 1880 par Marie Durand, de Saint-Cast, âgée de quatre-vingts ans.)
Elle a entendu raconter ce récit, étant enfant, par une femme qui assurait avoir vu les débris du mouchoir et le livre.
« La nourrice de Mme de Fontenoy étant morte, apparut à une demoiselle et lui dit qu’elle était dans le purgatoire, et comme preuve, elle appliqua sa main sur un mouchoir où elle laissa une trace pareille à celle de la figure d’une main de fer rouge » (cf. Réalité de la magie et des apparitions, p. 8-9).