B. — LES MARGOT LA FÉE
Les Margot la fée, dont il a été brièvement parlé au commencement de ce chapitre, forment un groupe presque aussi important que celui des
fées des houles, avec lesquelles elles ont plus d'une similitude.
Ce nom de Margot la fée est employé dans nombre de pays des Côtes-du-Nord, principalement dans les arrondissements de Saint-Brieuc et de Loudéac, pour désigner les fées terrestres qui avaient pour demeure les roches aux fées, les gros blocs, les landes, etc. (cf. les pages 80 et suivantes du présent volume). Celles du Cas Margot, aux environs de Moncontour, habitaient même une véritable houle : c'est une excavation creusée dans le rocher, et qui, assure-t-on, s'étend à plusieurs lieues au loin; elle est située sur le bord d'une rivière : jamais les chiens n'ont voulu y pénétrer.
On voit une grotte assez semblable non loin de Loudéac.
<c Sur le bord du Lié, à trois kilomètres au nord-ouest de Plémet, se trouve un moulin encaissé dans un amas de rochers à légendes. On y remarque une sorte de grotte dans laquelle un homme peut entrer en rampant. Ces rochers sont les demeures de la fée Margot. L'un d'eux imite la forme d'un fauteuil grossièrement taillé; à droite se remarque une petite cavité. C'est le siège de la fée, et la cavité l'endroit où elle posait son coude. »
(Ernonl de la Chenelière, p. 40.)
Sur des fées terrestres lorraines qui se cachaient dans des trous sous des souches d*aubépine, et qui offrent plusieurs points de ressemblance avec les Margot, cf. Adam, p. 406-407, contes intitulés les Failles de Feyé ; cf. aussi, dans Laisnel de la Salle, t. I, p. 10;, des fées berrichonnes similaires.
Mais les Margot la fée sont surtout apparentées aux Lamignac basques qui, comme elles, habitent des cavernes creusées dans les montagnes ou vivent sous terre. Ce groupe important a été trés< bien étudié par MM. Cerquaad, Contes basques, et Webster, Basque Legends.
A la Poterie, canton de Lamballe, on avait crainte des Margot la fée, et on ne passait pas volontiers près de leurs pierres.
Dans une allée couverte, aujourd'hui ruinée et située en cette commune, ont demeuré des fées qui voisinaient parfois et venaient étaler leurs pièces d'or au soleil.
(Conté par M. Méheust, maire de la Poterie.)
Voyez plus loin des légendes où les fées s'amusent à tenter les hommes en étalant leur or.
Elles se rendaient invisibles quand elles le vouaient. Si on était à leur causer, elles vous disaient : « Regardez donc par là, » et pendant qu'on tournait la tête elles disparaissaient.
Elles parlaient souvent des fées de Guenroc (auprès d'Uzel, à un endroit qui se nomme Saint-Jean-Baptiste), où il y avait aussi nue autre société de fées.
On les voyait danser la nuit à côté des roches.
(Conté en 1880 par François Mallet, da Gouray.)
Ainsi qu'on l'a vu p. 100, les fées des houles se plaisaient aussi à danser.
La fée du Cas Margot, près Moncontour, avait un bras de fer et un autre d'acier.
Ces Margot la fée se montraient assez souvent aux hommes et se plaisaient à les éprouver ; c'est du reste un rôle que les légendes de presque tous les pays attribuent aux fées.
A la fontaine du bois du Plessis, on ne pouvait aller qu'avec un pot, et encore on le portait sur la tête. Un jour, deux bonnes femmes allèrent y puiser de l'eau, et elles rencontrèrent Margot la fée qui leur demanda à boire.
— Ma foi, oui, répondit l'une, j'ai bien le temps de servir cette vieille sorcière !
Et elle s'en alla. Mais l'autre femme fut plus polie, et elle donna à boire à la fée. Quand elles furent rentrées toutes les deux et qu'elles vidèrent leur huie, celle qui avait mal parlé trouva la sienne remplie de grenouilles, de crapauds et de toutes sortes de vilaines bêtes ; mais la buie de l'autre était pleine de pièces d'or ; elle se mit à l'aise, et depuis ce temps-là, elle et son monde ont toujours été riches.
(Conté en 1881 par M. Méhenst, maire de la Poterie.)
Ce conte n'est en somme autre chose qu'une version populaire 4u conte de Perrault, intitulé les FétSy au sujet duquel on peut consulter la Mythologie dans la contes de Perrault^ par André Lefèvre ; Contes de Perrault^ coll. Jannet.
Comme les fées des houles, les Margot étaient sujettes à des maladies, et elles avaient parfois besoin du secours des hommes. Dans un conte inédit de ma collection, une Margot la Fée, dont la fille est à un certain jour de Tannée métamorphosée en couleuvre, prie un paysan d'aller sur la route et de couvrir avec un bassin la couleuvre qu'il trouvera à l'endroit désigné ; il y va et reste assis sur le bassin jusqu'au soir ; alors il le lève, €t au lieu d'une couleuvre, il voit une belle jeune fille qui le récompense magnifiquement. (P.)
Un jour, une sage-femme alla accoucher une Margot la fée ; elle oublia de se laver la main, et ■se toucha un œil ; aussi, depuis ce temps elle reconnaissait les déguisements des fées. Un jour que le mari de la Margot était à voler du grain, elle le vit et cria au voleur. Il lui demanda de quel œil il le voyait, et aussitôt qu'il le sut, il le lui arracha.
(Conté en 1881 par J. M.. Comault, du Gouray, âgé de quinze ans.)
Dans plusieurs contes de houles, des fées sont aussi accouchées <cf. p. 89).
Le Men cite, p. 236, une légende où une corrigan est accouchée par une sage-femme ; par corrigan, M. Le Men entend une naine, et non une fée proprement dite.
Dans plusieurs contes basques du recueil de Cerquand (cf. la Lamigna en mal d'enfant^ et les trois versions de la Latnigna en eouches)f des sages-femmes viennent délivrer des fées. La pommade qui rend clairvoyant se retrouve en nombre de contes (cf. outre les contes des houles, dtés p. 96, Webster, la Sorcière et le nouveau né, conte basque ; la Pixie en mal d'enfant, conte anglais, Brueyre, n^ 39 ; le roi d'Égeberty conte norwégien, Mélusine, col. 84 ; les Mille et une Nuits, histoire de V Aveugle Baba Abdallah, etc.). L'épisode de l'oeil arraché figure dans plusieurs de ces contes et dans la lamigna en couches de Cerquand (3* version).
On leur offrait du kit, et elles faisaient de Touvrage pour le monde, et ne leur faisaient que du bien, sans être payées ; mais elles n'aimaient pas à être refusées.
Elles nommaient des enfants, surtout ceux des grosses maisons, leur donnaient des dons et leur prédisaient ce qu'ils auraient été.
(Conté en x88o par François Mallet, du Gouray.)
Mais elles punissaient ceux qui leur avaient témoigné peu d'égards :
Une femme avait deux filles ; elle n'avait pas invité la supérieure des Margot la fée à nommer son enfant ; aussi la supérieure fit devenir le visage d'une des filles noir comme une casserole. Les fées la prirent à leur service, et lui ordonné-
rent de filer du fil aussi fin que ses cheveux ; mais une petite bonne femme, qui était la sainte Vierge, vint à son secours et le lui fila. Elles lui ordonnèrent ensuite d'aller puiser de Teau avec des pots percés ; la petite bonne femme vint encore, indiqua le moyen de boucher les pots, et dit à la jeune fille de se débarbouiller avec Teau qu'elle avait puisée. Aussitôt, de noire elle devint blanche.
Elle alla ensuite à un château, où elle vit dans un jardin un serpent qui était un prince métamorphosé pour trois ans ; elle l'épousa, et sa métamorphose finit.
(Conté en 1881 par J. M. Comault, da Gouray.)
Dans un conte inédit de ma collection, un jeune pâtour, que les fées ont emmené dans leur grotte, est le parrain d'une jeune fée qu'il épouse ensuite (cf. la HouU du ChdtéUty no i, 2^ série, où une jeune fille est marraine d'une fée.)
Elles étaient moins bienveillantes que les fées des houles; toutefois elles rendaient assez sovir vent service.
« La légende rapporte que la fée était bonne quelquefois, mauvaise souvent. Elle gardait les bestiaux des habitants des environs : il leur suffisait de confier la veille au rocher le lieu où
devaient se trouver les auimaux que Ton désirait faire garder. »
(Ernoul de la Chenelière, p. 40.)
Quelquefois même elles soignaient le bétail des fermiers. Dans un conte inédit de ma collection, les Margot la fée de Crokelien donnent à manger aux cochons d'un bonhomme du Gouray.
Elles fournissaient aux gens des remèdes composés avec des plantes qu'elles cueillaient dans le bois du Plessis, qui a encore aujourd'hui la réputation d'avoir de bonnes herbes, et elles disaient même que si les animaux en mangeaient, ils auraient autant d'esprit que les gens, et qu'ils parleraient.
(Conté en 1881 par M. Méheust, maire de la Poterie.)
Elles rendaient service au monde, et ne leur demandaient jamais de récompense; mais elles ne voulaient pas être ennuyées.
Elles donnaient à ceux qui étaient polis à leur égard du grain, du pain qui ne diminuait pas, si on n'en faisait point part à d'autres.
(Conté par François Mallet, du Gouray.)
Il y avait une fois, au Frêne, une bonne femme qui se désolait de n'avoir point de pain à donner à ses enfants. Elle alla demander la charité aux Margot la fée, et l'une d'elles lui fit présent d'un chanteau qui ne diminuait jamais. Mais un jour la
femme du Frêne oublia que la Margot la fée lui avait défendu de partager son pain ; elle en donna à une commère du voisinage, et à partir de ce moment le pain diminua comme un pain ordinaire.
(Communiqué par M. £. Hamonic, de Moncontour.)
Cet épisode est fréquent dans les contes des houles; il se trouve aussi dans deux légendes inédites de Margot la fée.
Dans les contes des Lamignac, ceux qui révèlent le secret des fées sont aussi punis, soit par la perte du don, soit par nn inconvénient subit. Cf. Cerquand, Baraniol et la belle dame ; la Lamigna en mal d'enfant (poire d'or qui donne un louis tons les matins, et dont la vertu disparait dès qu'on a parlé).
Souvent, pour éprouver les hommes, elles étalaient devant eux des trésors ; mais s'ils se montraient trop convoiteuXy ils n'avaient rien.
C'était il y a bien longtemps. Un homme de Collinée, nommé Jean Rénier, était allé chercher une fouée de bois dans la forêt de Loudéac. Il s'avança jusqu'au milieu, et, arrivé aux Courtieux {courtils) Margot, qui sont des creux profonds, il vit tout à coup des fées qui soureiîlaient (étendaient au soleil) de beaux linceux blancs remplis d'argent. A cette vue, Jean Renier ouvrit de grands yeux ; mais il finitf par ne pas avoir peur, €t, s'étant approché des Margot, il se mit à leur causer.
— En ve^ix-tu de l'argent, Jean Rénier ? lui demandèrent ks fées.
— Oui, pour de vrai, répondit-il.
— En veux-tu plein ton chape, ou bien plein ton denté (boisseau de la contenance de vingtcinq à trente kilogrammes) ?
— J'aimerais mieux plein mon demé.
— Va-t*en chercher ton demé, Jean Rénier, vat'en chercher ton demè ; nous t'en donnerons plein dedans.
Le bonhomme courut jusque chez lui ; mais quand il revint avec son demé, les fées et les linceux remplis d'argent avaient disparu.
En voulant trop gagner, il avait tout perdu. On rit encore de son aventure dans le pays.
(Communiqué par M. E. Hamonic.)
Un jour une fée était à laver à côté d'un doué, et près d'elle se trouvait un linceul (drap de lit) couvert d'argent. Un homme passa par là, et comme il la regardait, elle lui demanda s'il voulait sa charge d'argent ou la charge d'un cheval. Il répondit qu'il aimait mieux la charge d'un cheval ; mais pendant qu'il était à le chercher, la fée disparut, et il n'eut rien.
(Conte en 1880 par F. Mallet, du Gouray.)
(Cf. la Fé* de Crtben, 2* série, n^ xxi, et le Pertus doré, n* XXXVII.)
Dans les contes banques recueillis par Cerquand, les Lamignac s'amusent aussi à éprouver les hommes. La fée accouchée par une sage-femme (la Lamigna en cotuhtSf première versioa) loi
offire en paiement deux pots, l*un conveit d*or, et l'autre de miel; la sage-femme prend judicieusement celui qui était couvert de miel et qui se trouva être rempli d'or. Dans le Latnigna et h tabîier plein d*or, du même recueil, le Lamigna étale aux yeux d'un paysan un tablier plein d'or.
En Normandie (cf. A. Bosquet, p. m), dans la cité de Limes, il y a une foire des fées ; elles excitent la convoitise des gens, et si on étend la main, on est précipité du haut des falaises (cf. aussi A. Bosquet, p. 182).
Il y avait un homme de la Ville-Douélan qui était à émonder àts hêtres dans un champ au pied de Crokélien. Dans la matinée il vint une fée vanner de Tor sous le hêtre qu'il était à émonder. L'homme en aurait bien voulu; mais il ne trouvait aucun moyen d'y parvenir. Au midi, quand il fut rendu à sa maison, il raconta cela à sa femme, qui lui conseilla de porter avec lui un chapelet bénit. Après dîner, il retourna à son ouvrage. La fée revint encore vanner de l'or sous le hêtre où il était à émonder. Il lança son chapelet dans la vannée, qui resta là sans qu'il eût aucun mal, et la fée disparut aussitôt.
(Conté en 1881 par J. M. Comault, du Gouray.)
Elles n'aimaient pas les indiscrets, et souvent elles les faisaient repentir de leur curiosité.
Un soir une des Margot la fée du Limbe était à laver au doué qui est auprès de l'hôté des fées ; une femme qui passait par là lui dit :
— VouVous que fvous aide à teurd*e ?
Il6 TRADITIONS ET SUPERSTITIONS
— Oui, lui répondit la fée.
Et elle tendit une pièce de linge que la femme se mit à tordre ; mais la fée lui tordit tant les bras qu'elle la laissa presque morte. Si la femme avait passé sans rien dire à la fée, la fée ne lui aurait rien dit.
(Conté en 1881 par Angélique Lucas, de Saint-Glen.)
Cette légende semble montrer les Margot sous la forme de lavandières de nuit.
Elles venaient dans les maisons, et souvent elles descendaient par la cheminée. Parfois elles faisaient Touvrage, sans demander de salaire ; mais si, pour les récompenser, on leur offrait quelque repas, elles y prenaient tant goût, qu'elles revenaient tous les jours pour le voler, si on ne le leur offrait pas. Souvent elles étaient voleuses , et cachées sur la cheminée, elles épiaient le sommeil des gens pour leur prendre ce qui leur plaisait.
Il y avait à la Ville-Douélan, en la paroisse du Gouray, une bonne femme qui tous les soirs mettait son souper à chauffer dans le foyer ; mais pendant qu'elle était occupée à filer, les fées descendaient par la cheminée et mangeaient son souper. Elle s'en plaignit à son mari, qui était journalier et ne rentrait que pour se coucher. Il lui dit de le laisser un soir tout seul à la maison. Il s'habilla en femme et prit une quenouille comme
unefileuse; mais il ne filait point. Quand les fées arrivèrent, elles s'arrêtèrent surprises dans le foyer et dirent :
— Vous ne filez ni ne volez ; vous n'êtes pas la bonne femme des autres soirs.
L'homme ne répondit rien ; mais il prit une trique et se mit à fi-apper sur les fées qui, depuis ce temps-là, ne revinrent plus jamais.
(Conté en 188 1 par J. M. Comaalt, du Gouray.)
Cf. dans Amélie Bosquet Le Lutin ou le Fi amoureux^ p. 1 30-1 31, nne légende similaire; Webster, La Fée d la maison y p. SS-S6.
Jadis il y avait des esprits bien plus que maintenant ; ils enlevaient les enfants de leurs bers, et même parfois les grandes personnes, et ils allaient les mettre dans la huche au bois, d'où on les retirait, car ils criaient comme à^ gareux (loupsgarous). Une bonne femme de Hénon avait été ainsi portée étant jeune. Depuis qu'on a commencé à chanter les complies de la Vierge, les esprits ont cessé de transporter les gens.
(Recueilli à Hénon, prés Moncontour, par M. Bourie.)
Ces fées changeaient les enfants ; mais quand elles ne pouvaient réussir à les emporter, elles les étaient de leurs berceaux, et allaient les poser sur les marches des métiers à toile, c'est-à-dire en dessous. Au pays de Loudéac, surtout jadis, chacun avait son métier.
Un jour une femme dit à sâ voisine :
— Ma pauvre commère, je crais que mon gars a été changé par les Margot ; il n'a pas encore un an, et il mange autant qu'une 'grande personne. Hier, j'ai voulu lui donner un petit morciau de ma beurrée ; il m'a parlé aussitôt et m'a dit : «r Vous n*a^ qu'à m*donmr la beurrée tout entière ; je la mangerai bien, » Jamais n'y a ^eu d'éfant à manger tant comme !éla; j*en si désolée; et f voudrais hen saver c'qui* faut faire.
— Fous n*e{ qv^ faire de vous tracasser, dit la commère ; fvas vous dire comment qu'i* faut faire. Vous prenrex^ d's au* s; vous leur cassere:^^ le petit bout, et puis d'cela vous mettre::^ des petits brochiaux d'bois dedans; v* allumer e::^^ un bon feu; vous les mettre:^ autour, debout, et vous mènerez le petit faitiau à se chauffer aussi.
La femme fit tout cela, et quand le petit faiteau vit les oeufs bouillir et les petits bois sauter dedans, il s'écria :
VoilA que j'ai bientôt cent ans ;
Mais jamais de ma vie durant
Je n'ai vu tant de p'tits pots bouillants.
La femme vit tout de suite que son enfant avait été changé et qu'on avait mis un faiteau à sa place ; elle s'écria :
— Vilain petit sorcier, je vas te tuer I
Mais la fée qui était dans le grenier lui cria :
N*tne pas rmien, J'te renrai Ttien ; K'tne pas Tmien, J*te renrai Ttien.
(Communiqué par M. E. Hamonic, de Moncontonr, qui tient ce conte de M"« Ragot, native de La Motte, près Loudèac.)
Cf. sur les Chaqgelings les p. 90-9X da présent chapitre, où «ont cités des contes similaires ; cf. aussi Emoul de la Chenelière, p. 41.
Elles avaient toutes sortes d'animîiux, exœpté des cochons et des chiens.
Les fées du Cas-Margot, près Moncontour, gardaient leurs vaches sur la lande de la Chapelle avec les pâtours ; ceux-ci n'avaient le droit de rien leur dire. (P.)
Dans un conte inédit de ma collection, les Margot la fée ont un pâtour pour garder leurs bœufs. Un jour qu'ils étaient passés en dommage, le maître du champ veut les frapper ; mais aussitôt son propre bétail meurt. (P.)
(( La fée possédait deux bœufs qui étaient à la disposition de tout le monde. Qs se nourrissaient seuls, et travaillaient depuis le soleil levant jusqu'au soleil couchant, moment où ils disparaissaient. »
(Eraoul de la Chenelière, p. 40.)
Les fées des Courtieux Margot avaient des bœufs qui ne pouvaient travailler ni avant le lever du soleil, ni après qu'il était couché. Un homme, qui les leur avait empruntés pour faire ses labours, ayant voulu continuer à les faire travailler après le soleil caché, les bœufs crevèrent.
(Recueilli par M. E. Hamonic.)
(Cf. contes des paysans, UsBceufs desféeSy n° xxxiii et la note qui suit.)
En Normandie (cf. A. Bosquet, p. 193), il y avait jsTdis des rochers habités par des génies bienfîùsants qui prêtaient des boeufs atix paysans.