COMMENT ON SE PRÉSERVE DU LUTIN
UTRE l'eau bénite, qui est employée contre les lutins et les démons, on peut encore se préserver des malices du lutin par des moyens moins orthodoxes, mais tout aussi efficaces : si on parvient à lui faire renverser un vase pldn de millet, de pois, de son ou de graines de lin, il ne revient plus.
Quand on veut que les lutins ne repassent plus par un endroit, il faut mettre de la graine de lin dans un vase ; ils la renversent, et comme ils sont obligés de refaire tout ce qu'ils ont défait, ils ne peuvent ramasser toutes les graines avant le jour, et on ne les revoit plus.
(Conté en 1880 par Françoise Dumont, d'Ercé.)
Cf. Littérature orale de la Haute-Bretagne, p. 184, an conte où le Faudeur renverse étonrdiment un godet rempli de pois ; une autre fois, c*est de la graine de trèfle qu'on lui jette à la tète (Jhid., p. 185).
« Le plus sûr moyen de s'en débarrasser est de placer en équilibre à la porte de la maison hantée un boisseau de grain de mil^ de sable ou de son.
Le Gobino, qui arrive étourdiment, ne manque jamais de renverser le vase, et comme il n'a pas le temps, avant l'arrivée du jour, de ramasser grain à grain la chose répandue, honteux et confus de sa maladresse, il ne revient plus au logis. »
(M«« deCemy, p. $$.)
Le docteur Foaquet (Les lutins du château de Caîlac) parle de grains de mil que les follets sont obligés de ramasser avant le premier chant du coq; cette manière de se débarrasser des latins est connue dans presque tous les pays d'Europe. (Cf. Amélie Bosquet, p. 132.)
Si on brûle le bout des crins des chevaux avec un cierge bénit, jamais le lutin ne revient ; mais on assure que les bêtes ne réussissent plus après. (P.)
Quand on a à la main la curette ou fourche à nettoyer les charrues, le lutin a peur, et il s'enfuit. (E.)
« Une seule chose les efifraie et les met en fuite, sans qu'on puisse en expliquer la cause : c'est la petite fourche de bois dont les cultivateurs se servent pûur aettoyer le soc de leur charrue. » (Le Men, Rgv. celt.j p. 229; df. aussi, p. 241, le conte du Bdion de charrue^ et Ihid., p. 419.)
Un homme qui était faudè toutes les nuits fit chauifer bien dur la pierre de son foyer, et il alla se coucher. Quand le lutin vint s'asseoir sur le
PERSTITIONS
foyer, il se brûla, et de colère il étrangla l'homme.
Va autre fut plus malia. Il était ausd faudé toutes les nuits ; par le cOQseil d'un de ses voisins, il fit chauffer bien dur son gaUtier (plaque ronde sur laquelle on fait les galettes) et le mit devant son lit clos, à l'endtoit par où arrivait le lutin. Le Faudous voulut, comme à l'ordinaire, monter sur le lit ; mais il se brûla, et, après avoir juré après l'homme, il s'en alla et ne re^^nt plus.
(Couli ™ iSao [nr Roic Rtmud, île Stinl-tUsi,)
Le Fircf, CbuI. pnfal; i' tfaie, n