II II
l62 TRADITIONS ET SUPERSTITIONS
LE CHAT-HUANT (Stmx otus, L.) Noms patois
Chouhan, chouan (M., £., S.-D.).
Proverbe
— r sont environ li comme la pie après le chouhan. C'est peut-être à cause de son mauvais cœur que Ton dit cela.
Cf. le Bpugê-Gorge.
Formulettes
Le chat-huant dit à la chouette :
Coucherai-je avec vous ?
Elle répond :
Je le souhaite, je le souhaite, je le souhaite (S.-C). Cf. le Petit-Duc.
Veux-tu que j'irais coucher o ta ?
— Oui, oui, oui (P.)'
Parfois la chouette lui répond :
Mais ouah, mais ouah.
Après elle change ; elle dit :
Qji'éoui, qu'éoui.
Après cela, je ne sais s'il y va.
Ou encore elle dit aux gens en hiver :
Coucherai-je o (avec) vous ? {bis)
Ah I haie, coucherai-je o vous, vous, vous? (P.)
Croyances et Présages
Les chouans sont des oiseaux de mauvais augure ; leur cri répété annonce la mort.
Rqnsard constatait cette croyance : « Les chouans annonceurs de mauvaises nouvelles ». Même superstition en Basse-Bretagne, où le chat-huant est surnommé hucheur de nuit (cf. Dulaurens de la Barre, Veillées de l'Armor.^ p. 20 et suiv.).
On les cloue à la porte des granges pour détourner les maléfices.
Cf. Rolland, t. II, p. 43.
Le chant du chat-huant annonce le froid. Il en est de même de celui de la chouette (Plédran).
Chouan est synonyme de blanc ou légitimiste.
Dans riUe-et- Vilaine, pour désigner un légitimiste, on dit parfois qu'il « a de la plume aux pattes ». En 1877, je faisais partie d'un bureau électoral, et un paysan, après avoir voté, me demanda s'il y avait « beaucoup de plume dans l'urne », voulant par là désigner les bulletins du candidat réactionnaire.
On appelle aussi chouan un homme sournois (S.-D.).
Facétie de marin. — Conte
Il y avait à la houle de Chêlin un chat-huant qui criait : Houhou 1
Un capitaine qui passait auprès avec son navire crut qu'on lui demandait où il allait.
— A Bréhat, répondit-il.
— Houhou I répéta le chat-huant.
— Chargé de triques et de fagots pour le gouvernement.
— Houhou I
— Abré au trou ? (Je ne sais ce que cette ligne veut dire; mon narrateur ne le savait pas davantage.)
(Conté par F. Marquer, de Saint-Cast.)
Dans L'enfant qui va chercher des remèdes, 2* série, no XXXIV, Therbe qu'il s'agit de conquérir est gardée par un chat-huant.
LE CHEVALIER CU-BLANC (Totahus ochrofus,
Temmlnck)
Nom patois. — Pronostic
Cu'bîanc (S.-C).
Q.uand les cu-blancs rasent la terre, c'est signe de vent.
LA CHOUETTE (Strix ulula, Leach)
Dicton. — Pronostics
— Malin comme une chouette.
Opand les chouettes chantent le soir, c'est signe de beau temps (£.). Si la chouette chante, c'est qu'elle Sifret es pieds (P.).
Superstitions
Quand les chouettes viennent sur les cheminées,
elles disent :
Coudre 1 coudre 1
indiquant que c'est pour coudre l'homme dans son linceul. A chaque fois qu'il y a une personne
malade, elles vont sur la cheminée (S.-C).
Superstitions analogues en Normandie, dans le Limousin, etc. (cf. Rolland, t. II, p. 47-48).
« Dans les campagnes aux environs de Chateaubriand, on croit que les vieilles filles sont changées en chouettes après leur mort. Un soir, un paysan qui s'en revenait d'une partie de grillons (cretons) entend une chouette qui s'envole à tired'ailes. — Je parie que c'est Tiennetle qui perchait là, s'écrie-t-il. Je lui avais toujours dit : « Tiennette, marie-toi ; marie-toi donc, ma Tien- « nette. » Si elle m'avait cru pendant qu'elle
l66 TRADITIONS ET SUPERSTITIONS
vivait, elle ne serait pas toutes les nuits à cJjouetter dans le brou des vieilles troènes. »
(Histoire et légendes de Chateaubriand, p. 37-38.) .
Dans les Vosges, on dit que les filles qui arrivent k trente ou quarante ans sans être mariées vont crier la chouette (cf. Mél.f col. 4J4).
CORBEAUX ET CORNEILLES (Corvus, L.) Ncifns patois
Corbiaou (Tréveneuc) ; corhin (S.-C.)> ce mot vieillit; cônilîe (M., E.); cornille (S.-D., P.).
On appelle morelle ou cornille morelle (P.) une espèce de gros corbeau qui vit isolé et qui poursuit les corbeaux qui vont par bandes. Ceux-ci n'osent pas l'attendre et s'enfuient (S.-D.).
• Proverbe
— N'y a point d'cônille qui ne trouve ses cônillons biaux (M.).
Superstitions. — Langage
Si les corneilles parvolent (volent çà et là par groupes), c'est qu'elles demandent de la pluie.
Cf. Rolland, t. II, p. iio (Franche-Comté, Gironde, etc.).
Q.uand un seul corbeau vient dans un champ où se trouvent des corneilles, elles s'enfuient, car elles ont peur de lui (Hénon, près Moncontour).
DE LA HAUTE-BRETAGNE ï6j
Quand les corbeaux restent longtemps à chanter dans un endroit, qu'ils picotent autour de la maison, c'est signe que quelqu'un mourra dans les environs (S.-C, E.). Ils crient :
Tagar 1 tagar I
On dit que les corneilles, quand elles sont dans
le voisinage d'un malade, disent :
J't'areu, j't*areu (je t'aurai).
J't'attends.
Couac ! bougre I bougre 1
Si quelqu'un est mort, elles disent :
Est-i ben gros ?
I n'a qu'la piau Et les rouchiaux (E.)*
Là est gras ?
Les pies répondent :
N*y a que du sieu (suif).
Quand elles font entendre une sorte de grincement, on dit « qu'elles scient des châsses » (bières).
Quand elles sont à grabaler l'avoine, l'une dit : Qjie c*est gras I que c'est gras I
— Pas là, répond une autre.
— Mais sia I (oui)
disent les autres (P.)*
l68 TRADITIONS ET SUPERSTITIONS
On crie aux corneilles dans les champs :
Cônille pigaloue, Le feu est sous ta quoue.
Vad (voici) Guimolet, Do son pistolet.
Cônille pécaloue, Fourre-li Pfeu sous la quoue.
Dans les environs de Brest, on dit aux corbeaux pour les chasser ;
Corbeau, corbeau.
Le feu est dans ta maison.
Cf. dans Rolland, t. Il, p. 113-115, plusieurs formulettes qui diffèrent de celles-ci.
A Landébia, canton de Plancoët, existe la croyance que les corbeaux ne grattent jamais ni ne mangent les blés de Landébia, tandis qu'ils ravagent ceux des communes voisines. Cela tient, disent les gens du pays, à ce que jamais les veuves de Landébia ne se remarient. Et ils content à ce sujet la légende d'une veuve à qui il arriva malheur pour avoir voulu convoler â de secondes noces.
Il y avait une fois un galant qui était trop petit pour embrasser une fille. Une corneille qui passait lui cria : « Camber-la ! » (courbe-la), ce que fit le galant (P.).
Le corbeau dans les contes Dans un conte inédit de ma collection, le roi
des corbeaux, pour récompenser le héros d'un service rendu, lui donne une plume de son aile, et il vient à son secours quand il en a besoin.
M™« de Cerny a recueilli à Saint-Suliac une légende dans laquelle Satan, pour tourmenter les habitants du village bâti dans la forêt de Scicey, autour du tombeau de saint Colomban, leur envoya des corbeaux. J'ai reproduit cette légende en l'abrégeant, t. I, p. 363-36$ du présent ouvrage.
LE CORMORAN (Cauo corhoiumvs, Meyer)
Superstition
Le cormoran est un oiseau de mauvais présage ; certains pêcheurs disent :
Qjiand on les voit sur les rochers, La marée est manquée.
Plusieurs rochers sur les côtes de la Manche se nomment la Cormorânière.
LE coucou (Cucutus camorus, L.) Nom patois
Cocu (P.), rarement employé. Surnom : le parmi (S.-C).
lyO TRADITIONS ET SUPERSTITIONS
Proverbes et Dictons
— Maigue (maigre) comme un coucou.
Cf. Rolland, t. II, p. 88.
— C*est.un bric-à-brac à faire descendre les coucous des chênes (M.). C'est une invention inutile.
On dit d'une personne qui a les yeux rouges et malades, qu'elle a les yeux rouges comme un coucou (S.-C).
Croyances, — Superstitions. — Formuîettes
La, gomme que distillent certains arbres se se nomme merde de coucou (M.).
M&me nom en Poitou (cf. Desaivre, Croy., p. 27).
L'époque où arrive le coucou se nomme cahée (pluie de peu de durée) du coucou (S.-D.).
On lui dit :
Coucou, coucou, Ramène le temps doux.
(Recueilli en Bretagne par M. £. Rolland.)
Qiiand on l'entend, c'est signe qu'on est tiré d'hiver (P.).
A l'arrivée du coucou, on dit : — Le coucou est venu ; qu'est-ce qui' dit ? — Ah ! i' n'a ren appris de nouviau (P.).
A l'époque des foins, on lui dit :
Méfie-toi de ma faux.
Coucou ; Je te coupe le cou.
Ou:
Va-t'en aller, coucou.
Ou gare ma faux; je te coupe le cou (S.-C).
Quand le coucou étend ses ailes, on lui crie :
José, Mets tes voiles au se (sec).
Le ramier et le coucou parlent ensemble (E.)» Le coucou dit :
Coucou, coucou, Qjiat' coucou (P.).
Ou:
Cocu, cocu, Quat' cocu (P.).
Coupe tout I coupe tout 1 Sac et tout (Le Gouray).
Qjiand le coucou est prêt à partir, on dit :
A la Saint- Jean, Cocu, va-t'en.
Il répond :
Donnez-ma encore cin' jou's d'aller ; A la Saint-Pierre je m'en irai (P.).
Si, la première fois qu'on entend le coucou chanter, on est à jeun, on mourra de faim dans Tannée (S.-C); quand on Tentend avant de déjeûner, on ne mange pas de caillihotes (caillebotes) de Tannée (P.). Si, la première fois qu'on
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l'entend, on est à faire ses besoins, on aura pendant toute Tannée un dérangement de corps
Qpand on entend chanter le coucou pour la première fois, on regarde combien on a d'argent dans sa poche, car on dit qu'on aura toute l'année autant d'argent qu'on en a sur soi ce jourlà (M., E., etc.).
Si l'on n'a pas de monnaie dans sa poche, on est gueux toute l'année (S.-C).
Croyance analogue dans les Vosges (cf. MéL^ col. 452), en Poitou (cf. Desaivre, Myth. locale^ p. xi), et on peu partout (cf. Rolland, t. II, p. 92).
Lorsque les pêcheurs partent le matin pour la pêche et qu'ils entendent chanter le coucou avant qu'ils n'aient déjeuné, ils disent :
Nous pouvons nous en aller,
Car nous somm* bien faînes (ensorcelés) ;
Nous avons ouï Tparent chanter,
Et nous n'avons pas déjeuné (S.-C).
La première fois que le coucou vint en Bretagne, il fit son nid comme les autres oiseaux ; puis, tout joyeux, il alla se promener dans une prairie. Une charretée de foin lui passa sur le corps et lui cassa les reins : c'est pour cela qu'il a le derrière cassé et qu'il vole lourdement. Depuis ce moment, il s'en va quand les foins sont mûrs (M.).
A Ercé, on dit en proverbe : « Les coucous n'aiment point entendre battre les faux. »
Ou bien : « Le coucou n'est pas heureux ; n'on va batt'e les faux ; ça leus agace les dents ; les coucous vont s'en aller » (E.).
Quand le coucou entend les faux qu'on aiguise, il s'en va, de peur d'être sané (châtré) par les faucheurs (environs de Bécherel).
Le coucou a peur des faux, et il s'en va parce que jadis il a été blessé d'un coup de faux (S.-C).
Cf. sur le départ du coucou une légende assez semblable à la première dans la Myth. locaîe de L. Desaivre, p. 10.
Facétie
Deux marchands qui allaient à Rennes, entendirent le coucou chanter :
— Le coucou chante pour ta, dit l'un à son compagnon.
— Non fait, 'est pour ta, répondit l'autre.
— Si fait, 'est pour ta.
— Nonna, 'est pour ta.
Ils continuèrent à se disputer, et quand ils furent arrivés à Rennes, ils allèrent chez un avocat auquel ils demandèrent de les mettre d'accord. Q.uand ils eurent expliqué leur af&ire, l'avocat leur dit :
— Ce n'était point pour vous que le coucou chantait ; c'était pour moi.
— Ah 1 nous en sommes bien aises. Combien est-ce pour votre consultation ?
— C'est six francs, répondit l'avocat, pour qui le coucou avait chanté (E.).
Dans plusieurs des facéties où les Jaguens sont mis en scène, il est question du coucou.
L'ÉPERVIER (AcciPiTBR nisus, Pallas)
Noms patois
Éprévier, espervier, épurvier, épruvier (E.); esperveîier (Tréveneuc, cf. le breton sparfel); esprivier (P.) ; faux-mouchet (Trigavou).
Superstitions
De même que tous les oiseaux de proie, les éperviers sentent la poudre (E.).
En Périgord et en Limousin (Rolland, t. II, p. ix6), en Poitou (cf. Souche, Croy.y p. 30), c*est le corbeau.
Ils disent aux petits oiseaux :
Sauvez-vous, petits oiseaux, Ou je vous mange tous en fricot.
Plus un épervier est haut dans les airs, mieux il voit les petits oiseaux qui sont sur la terre (S.-C). Il leur dit :
Sauvez-vous où vous voudrez; Plus je serai haut, mieux je vous verrai (S.-C).
Les éperviers battent des ailes pour endormir les oiseaux (P.).
L'ÉTOURNEAU (Sturmus vulgarxs, L.)
Noms patois Ètoumiau (M., E.); étournieu (S.-D.).
Proverbe. — Pronostic
— C'est la grand* bande qui rend les étourniaux maigres.
Cf. Lespy> p- 108, Prov. 6.
Quand les étourneaux sont en bande, c'est signe que l'hiver sera rude; on dit qu'ils se réunissent pour ramasser ^es provisions (E.).
LA. FAUVETTE (Motacilla orphea)
Dans un de mes contes, Point du jour, 2^ série, no xxxvm, le héros sauve les petits d'une fauvette qui, en récompense, lui donne une plume de son aile, et vient à son secours quand il en a besoin.
LE GEAI (Garrvlus olakdarius, Vieillot)
Noms patois Jaye (M.); jai-ye (Tréveneuc); jo (Plouêr).
Proverbes
— Ébouriffé comme un jaye en colère (M.).
Mo et to, La téet' (tête) d'un jo (Plouër).
— Fait comme un geai marri.
— 11 a Tair d*un geai en colère.
— En voilà un beau jaye !
Cf. Rolland, t. II, p. 145 (pays messin).
Dans les mariages de mai, La pie bat le geai (E.).
Croyances
Les geais qui font leurs nids dans les chênes ne s'apprivoisent pas, parce qu'ils tombent du md caduc (sorte d'épilepsie) (S.-C).
A Matignon, on dit la même chose des geais du mois de mai : « qui cheyent du mal cadu* ».
Lattage des geais
(ipand on déniche leurs petits, les geais miaulent comme des chats (M., P.).
Au mois de mai, les geais disent :
On traine de la rame 1
Les autres qui sont par derrière :
Ahaïte I ahaite I (dépêche-toi).
D'autres en grinçant répètent :
Maracan 1 maracan I
Quand les geais se marient, ils disent :
I' n'pleurera pus demain.
Parce qu'il est cor ché (tombé) ent' nos mains (E.).
On dit encore qu'ils crient :
Ma' (mal) aux reins 1 Ma' aux reins 1
Ou Ou
Jacques, Jacques (P.).
Appuie, Jacques, appuie, Jacques, J'ai ma' aux reins.
L'autre répond :
Tu plains toujours.
Tu plains toujours.
Lorsque les geais vont demander une femelle en mariage, ils se rassemblent au nombre de sept à huit. La femelle passe devant tous les mâles et se met à voler en criant :
Q.ui m'attrapera m'aura I
Aussitôt tous les geais prennent leur volée; celui qui tient la tête dit :
De rang en rang.
Celui qui vient après :
Les plus délibérés vont devant.
Celui qui vient le dernier de tous crie :
Vieille bougresse I (bis)
Le geai qui le précède dit :
Ce n'est pas de tant pis.
C'est celui qui attrape la femelle qui se marie avec elle (S.-C).
Q^and les geais s'en vont par bandes, ils font du bruit en se rassemblant ; puis ils se mettent sur deux files, les jeunes en tête, les adultes au milieu et les vieux à la queue.
Les jeunes disent :
Va qui peut I Va qui peut 1
Les adultes :
Ran' à ran' I (rang à rang).
Ran* à ran* 1
Les vieux :
Pitié dia vieillesse I
Pitié d'ia vieillesse 1 (Hénon, près Moncontour.)
Le premier dit :
J'ai ma' aux reins 1 J'ai ma' aux reins 1
Le deuxième :
Tu plains toujours I Tu plains toujours 1
Le premier reprend :
Pai bîau plaindre, Ren ne me plaint (P.).
Qjiand les geais voient des demoiselles, ils leur disent :
Garce, salope, ordouse, Tacré couyon, couyon (P.).
Lorsque les geais sont à manger les pois, un des leurs, perché sur un arbre, est en sentinelle, et il dit aux autres :
Jacquot, écontez-les.
Us lui répondent, en les becquetant :
Ils repousseront (S.-C).
Selon les paysans, ces oiseaux, qui ont la réputation d*être sorciers, imitent tous les cris des animaux : ils aboient comme les chiens, bêlent comme les moutons, miaulent conmie les chats, etc. Ils savent aussi contrefaire les bruits de divers métiers.
Par exemple, comme les tessiers (tisserands) :
Trie trac de oln.
Trie trac de olu, Tire les vênes de mon eu.
Comme les scieurs de long :
Hire o zigne, Hire zigne, etc.
î80 TRADITIONS ET SUPERSTITIONS
Ils parlent comme les conducteurs de chevaux et les toucheurs de bœufs quand ils commandent pour faire la charrue recommencer un nouveau sillon (P.).
Guia, gris, Tire-là, debout à la latte, Tire la barre 1 Gouch* i' I
Rue ha ha, gai, gai.
Sait gai, tire à té.
Déboute à té.
Hai' ho*, biar {bis), Guîa gar (bis), Déboutez la latte (bis).
Celui qui dans leur attelage tient la queue de la charrue crie :
Sacré charretier de merde.
On dit alors qu'ils sont àguêrOter; c'est quand ils volent çà et là dans les champs (P.).
Il y avait une fois une jument aveugle qui pâturait dans les champs sur le bord d'un fossé profond; un geai la vit et se mit à crier :
Sue, biard I sue 1 Sue, biard I sue I
La jument, croyant qu'on lui commandait de reculer, s'en allait à reculons; elle finit par arriver
DE LA HAUTE-BRETAGNE l8l
au bord du fossé, où elle tomba et se tua. Quand le geai la vit morte, il s'écria :
T'a la bonne heure.
(Conté en 1881 par Amateur Audet, de Saint-Glen.)
LE GOËLAND (Larus camus, L. ; Lauus marinus, L.)
FormuUtte
Goéland, Va-t'en aux bruments (hannetons).
Si tu n'y vas pas, Je te couperai ton sang (S.-C).
Au Croisic, d'après Cambry dté par Rolland, t. II, p. 387, jadis les filles et les femmes récitaient aux goélands la formulette suivante :
Goélands, goélands.
Ramenez-nous nos maris, nos amants.
LE GRÈBE (PoDicEPS cmstatus, Lathaœ)
On appelle les grèbes voleurs de coups de fusil ou sacs à plomb (M.).
LE GRIMPEREAU (Cbrthia famiuaris, L.)
Noms patois. — Pronostic, — Langage Grippe^chène^ mesûrous de feuves (E.) ; raclons
l82 TRADITIONS ET SUPERSTITIONS
â^feuves (M.) ; monte en bouée (S.-D.) ; rocenbois (vers Bécherel).
Q.uand les grippe-chêne picotent et font du bruit, c'est signe de pluie.
Ils disent :
Greu I greu 1 greu 1 (gros) (E,),
LA GRIVE (TuRDUS musicus, L.)
Noms patois, — Proverhes
Trd (cf. drasky bret. de Belle-Ue-en-Mer) ; trie (Tréveneuc, P., E.).
— Malin comme une grive.
— Saoul comme une grive.
Cf. Rolland, t. U, p. 235 ; Desaivre, Croy., p. 26.
— Gras conmae une trée (P.).
Langage de la trâs ou grive
Ohuho 1 houpe aïe 1
Si la trée est perchée en haut d'un arbre, c'est signe de beau temps ; si elle est au milieu, signe de mauvais temps (P.).
La trée dit :
Coupe da bois, Tu te rôtiras, Gros comme ma cuisse, Cuisse, cuisse (P.).
Coupe du bois, Tu t'rôtiras, ChauiFe ton eu après cela.
Elle dît aussi :
Cu rôti, eu rôti, Tu Trôtiras cor.
Tu verras pire, pire, De pire en pire, Pire, pire (P.).
L'HIRONDELLE (Hirundo, L.)
Nom patois
HérondelU (M.).
FormuJettes
Quand j'étais chez mon père, Il me logeait dans sa guérite.
Guérite.
Et elle s'envole en répétant :
Guérite, guérite (P.).
EUedit:
Chez nous on n'se chauffe que de gros boi3.
Gros comme ma cuisse, cuisse, cuisse.
Elle écouabouit (écrase) les mouches, puis elle appelle ses petits. On prétend qu'elle dit :
Je les écouabouis.
Je les tue, je les cuis.
Petits, petits (P.).
l84 TRADITIONS ET SUPERSTITIONS
Croyances et Superstitions L*hirondelle est la chance des maisons.
Cf. Souche (Poitou), Croy., p. 27 ; Laisnel de la Salle (Berry), t. II, p. 263.
On emploie pour le mal d yeux la pierre d'hirondelle : c'est une pierre que les hirondelles vont chercher quand leurs petits ont mal aux yeux. On défait leur nid pour la trouver.
Cf. sur les pierres d'hirondelle, Rolland, t. H, p. 317-318 j A. Bosquet, p. 2x7.
Quand les hirondelles volent en rasant la terre, c'est signe de pluie.
Cf. Souche (Poitou), Croy.f p. 4.
La fiente des hirondelles, si elle tombe sur les yeux, fait perdre la vue.
Cette croyance existait un peu partout à la fin du XVI" siècle (cf. Rolland, Mamm. sauvages ^ p- 7).
Les hirondelles arrivent toujours avant le vendredi saint, pour assister à la passion.
Cf. dans Rolland t. II, p. 320^ une légende saintongeoise où l'hirondelle passe pour avoir essayé d'arracher les épines sur la tète de Jésus-Christ.
LA HUPPE (Upupa epops, L.)
Nom patois. — Dicton Houpe (P.).
— C'est une huppe : c*est une personne malpropre (E.).
Huppe est synonyme de femme de mauvaise vie.
Superstition. — Langage. — Conte
La huppe trouve toujours moyen de déboucher son trou (E.). En d'autres pays^ c'est le pivert qui a ce privilège.
Elle répète :
Mon nid pute 1 (bis) Mon nid pute, pute I (D.)
Cest sans doute à catise de son chant qu'en nombre de pays on la nomme putput ou puputi (cf. Rolland, t. II, p. 99 et 103).
La huppe est la compagne du pivert. Le pivert et la huppe avaient résolu de quitter leur pays natal pour aller à l'étranger ; mais il leur fallait traverser la mer. Quand ils furent rendus à mi-chemin, le pivert, qui était lassé, s'endormait, et la huppe, pour empêcher son compagnon de tomber à l'eau, lui criait : « Houpe ! houpe ! » Il se réveillait et prenait un peu de courage. A force de le ranimer ainsi, la huppe lui fit faire la traversée sans encombre. Le pivert, qui savait le service que sa compagne lui avait rendu, voulut lui montrer aussi sa reconnaissance, et il se mit à percer dans les arbres des trous pour servir d'abri au nid de la huppe. C'est depuis cette époque seulement que les piverts creusent les arbres.
(Conté en 1881 par J. M. Comault, du Gouray.)
l86 TRADITIONS ET SUPERSTITIONS
LA LINOTTE (Frikgilul camuabimà)
Noms patois. — Langage
Ldnot, masc. (M.) ; linro (Trigavou).
Autrefois on sonnait la messe avec de toutes petites clochettes; la linotte veut ramener cette mode qui a disparu, et elle dit :
Tein I tan I Tein I tan I (P.)
LA LAVANDIÈRE (Motaolla, L.)
Formulette, -— Lattage
Lavandière, ma jolie lavandière, Va me chercher un poisson dans la rivière ;
Quand tu arriveras,
Tu auras des pois ;
Si tu n'y vas pas, Je t'assommerai avec un fusil de bois (S.-C).
EUedit:
Fourre ton nez dans mon drère.
Flau, flau 1 je m*fous de té, té.
Puis, en frétillant de la queue, elle répète : Flau 1 flau 1 (P.)
LE LORIOT (Oriolus «auol*, L.)
Noms patois Jjfrieux; cîoucburiou (£.).
Croyance. — Langage
Le loriot dît :
Tu déniges mon nid ; Tu seras pendu.
U arrive presque toujours quelque chose à ceux qui dénichent les Loriots (E.).
Mettez les viaux dehau (dehors).
Fermez la hachette.
Mettez les viaux dehau,
Je les garderai du loup.
Cf. une fbrmulette analogue en Berry (Laisnel, 1. 1, 223). Ea ce pays, le loriot est appelé garde-veaux.
Le traquenard, sorte de loriot, chante :
Fils de garce ! (bis)
LE MARTINET (Ctpsblus avus, Illiger)
Nom patois. — Croyances
Oiseau Saint-Martin (E.).
. On laisse, pour qu'il puisse se reposer, le plus beau brin de chanvre (E.) (cf. le mot Chanvre).
Si les martinets volent bas, c'est signe de pluie; s'ils volent haut, signe de beau temps (E.).
LE MARTIN-PÊCHEUR (Alcedo HisM»à, L.)
Noms patois, — Croyance Poissonnier (E.); coq saint Martin (G. g.)« Les
l88 TRADITIONS ET SUPERSTITIONS
martîns - pêcheurs sont aussi appelés mesurous d^feuves,
La nuit, leur tête éclaire presque comme les feux follets ou écîairous (E.). Ils jurent (E.).
LE MAUVIS (TuRDus iliacus, L.)
Noms patois. — Langage
Maovis (P.). Une petite espèce se nomme lusiugai (M.).
Les mauvis disent :
Où étais-tu, eu grillé î Tu ne m*as pas appelé Dans le coin de ton fouyer.
Qjieue bétel (E.)
Jambes rôties, Cu kait (cuit) (E.).
CuitI cuit 1 fit I fit I Fait mon nid avec des couanes (crottin).
Et des œufs Tout bleus.
Tout pigassés (parsemés de taches), cinq ou six (P.).
On leur dit :
Mauvis, Va-t'en chercher des chenilles.
Pour donner à tes petits ; Si tu n*y vas pas, Ils crèveront de faim et n'deviendront pas gras. (S.-C).
LE MERLE (Turdus hbrula, L.)
Mêle (M., E., S.-D.) ; melle (P.). La femelle se nomme nUUise ou merhche (E.).
Proverles
— Siffler comme un merle.
— Le vilain merle !
— Promettre un merle blanc.
Cf. Rolland, t. II, p. 249.
— Tout mêle qui chante avant de déjeuner.
Est plumé avant qui set (soit) net (nuit) (S.-C).
Pronostics. — Fortnuîettes
Q.uand les merles galopent le long des haies «n criant, c'est signe de froid (E.). (iiand le merle chante, c'est signe de pluie (S.-C).
Si on déniche son nid, il crie au dénicheur :
Couyon I couyon I
Au printemps, les merles disent :
11 y aura bien des maladies, Colérique (ter).
Faudra p'tit bois su' dTonguent gris, Pour les guéri', *Uyest-i'bêtel(E.)
r fait beau temps Pour le printemps, ^J*en suis sûr (P.).
Le merle dît :
Dors-tu, Tantinc, Le tonton Turlute.
Cu rôti.
Tu n'en mangeras pas c*t'hiver-ci (E.).
Cu 'ôti {bis).
Tu 'ôtiras cor (P.)-
Au printemps, ils disent :
J'étas su* la haie d'mon courti'.
Tu n*m'as pas pris (E.).
J*ai perdu ma femme Et cinq petits Tout petits (P.).
Ceux qui sont montés sur la maison disent :
Il pleut, il vente, il grêle Su* la maison aux mêles ; La mêlesse est dedans Et dit qu*i* fait biau temps.
Le mêle est dessus; I* dit qu'i* pleut p*us.
J'ai tiré d'hiver Ma femme et mes petits En filant des étoupes, toupes, toupes, toupes (P.).
J'ai tiré cinq petits d'hiver
Et la mère aussi.
Tous en fils, fils, fils (P.).
duand la merlesse n'agit pas au gré du merle, il lui dit :
Godiche 1 bougresse I
Faut filer brin et têture,
Tout ça pour nos p'tits enÊints.
r y a mérite,
Brin têturé (his) (P.).
Quand il y a des fruits, le merle chante, et il dit:
Ma petite fille aime bien tous les fruits.
Surtout les figue' et les badies (cerises) (S.-C).
Il est souvent parlé du merle dans les Contes populaires ; c*est lui qui, sous le nom de merle blanc, du « zoizeau merle blanc », du merle d'or (cf. Le petit roi Jeannot, !« série, no i; !,« Merle d'or, dans Litt. orale, p. 56), est gardé par des lions ou des géants, et dont le héros doit s'emparer après avoir surmonté plusieurs obstacles. J'ai nombre de variantes de ce thème.
Dans Le Merle et le Renard, i^e série, no lix, le merle se venge du renard et joue un rôle facétieux.
LA MÉSANGE ÇPhkls, L.)
Noms patois
MésiUe (E.) ; médrange (M.) ; merdrange (G. g.) ; chéri hibi (Ille-et-Vilaine). La mésange noire se
nomme brunette (M.) ; la mésange à longue queue (parus caudatus, L.) ; queue de pèlette (poêlon).
FonnuUttes
En courant après les mouches, les mésanges dialoguent ainsi :
— La tueras-tu ? (quater et très-vite)
— OUe est étêtée.
Dans Thiver, les mésanges, qui sont des oiseaux très-rusés, vont auprès des ruches, et il y en a une qui frappe à la porte avec son bec pour tâcher d'attirer dehors une abeille. Près de là se tient sur un arbre une autre mésange qui chante : La tiens-tu ? la tiens-tu ?
L'autre répond :
Elle est étêtée.
Et ce dialogue se poursuit longtemps (E.).
Si la mésange voit pisser quelqu'un, elle lui
crie :
Cutte (cache) ta bibite (bis) Ou je vas l'étêter (P.).
Elles disent aussi :
Virginie, Toupie (E.).
Tirez vite I Tirez vite !
Q^and elles aiguisent leur bec, elles disent :
Petit nu, petit nu.
Tétinus I tétinus I
Cf. Rolland, t. II, p. 30$.
LE MOINEAU (Pa,ssbr douesticus, Brisson)
Noms patois, — Proverbe
Pigri (M.) ; péche^ pilUri (environs de Rennes) ; JUri, fiyeri (Tréveneuc).
— Pillard comme un moineau.
Langage du moineau
Mettez l'pain dans l'four.
Parce qu*i va ferdi', ferdi*, ferdi' (froidir) (E.).
Le bois est gros comme des colonnes dans ce pays-ci ; Chez nous il n'est pas plus gros que le bout de mon bec
Ramassez votre blé.
Ou bien je vas le manger (S.-C).
LE MOUCHET (Accbntor moduiaius, Bechstein)
Noms patois. — Langage
Pèche de M (haie) ; à Nantes, paisse de haie et moineau de haie,
Opaud la pêche de hâ vole haut, elle dit ;
Ouvrez-moi la porte du ciel ; Je ne pécherai p*us.
Quand elle est redescendue, elle dit:
Bougre, que j'étas haut I Cf. YAUnuta.
LA MOUETTE (Larus risiiundus)
Nom patois Maoufe (Tréveneuc); mauve, maôve (S.-C).
Croyances. — Formuîeties
Si on entend les mauves crier : « Caré, caré, caré », on peut caretter les lignes, c'est-à-dire les replier; on ne prend pas grand 'chose.
QjLiand une mauve a un brin de lançon, les autres lui crient :
Goulue, goulue, goulue.
Qjiand on voit un équéré (hirondelle de mer), on dit :
C'est un équéré, Prends ta ligne et va au macré (maquereau) ;
'Est une mauve.
Serre ta fouée et te chauffe.
Qpand une mauve bat des ailes au-dessus d'une maison, c'est signe de vent.
Lorsqu'elle vient sur la terre picoter les vers, c*est signe de pluie ou de froid.
Quand une mauve voit un bateau, elle va
auprès; elle chante, et on assure qu'elle dit aux matelots :
Je suis venue près de vous Pour vous annoncer une nouvelle ; Posez, virez, tournez vot* chique de bord :
Je vous donne deux minutes.
Et après les deux minutes, elle dit :
Carettez vos lignes, matelots.
Vous n*prenrez pas d'maquereaux (S.-C).
L'ORFRAIE (Strtx flâmmba, L.)
Noms patois. — Proverbe
Fer\d (M., E»); ferscUe,
— r s'ébrait (crie) comme eune ferzaie (P.).
Superstitions
L'orfraie ou fresaie est un oiseau de mauvais augure. Si elle fait le chêne piqué au-dessus d'une maison, c'est-à-dire si elle vole les pattes en l'air, quelqu'un y mourra le jour ou le lendemain.
Superstition analogue en Poitou (cf. Souche, Croy., p. 9); en Nonnandie, Franche-Comté, etc. (cf. Rolland, t. II, p. 47 et SUIT.).
Quand la fer:(d vole les pattes en l'air, c'est signe de mort pour celui qui l'aperçoit (E.).
LE PERROaUET (Pittacus)
Le perroquet est un oiseau exotique ; mais il est de longue date connu en Haute-Bretagne, où il a été apporté par les marins. Voici un petit conte où il figure :
Il y avait une fois un perroquet qui, étant ennuyé dans son pays, voulut voyager. 11 prit à son service Jean le Merle, et tous les deux entreprirent de faire un tour de France. Chemin faisant, ils rencontrèrent un épervier.
L'oiseau de proie se précipita sur le perroquet comme pour le dévorer. Le perroquet se défendit quelque temps; mais comme Tépervier était plus fort que lui et lui avait déjà arraché quelques plumes, le perroquet prit son vol et arriva jusqu'à un bourg où il trouva la porte de Téglise ouverte. Il y entra, et il alla se placer derrière la tête de saint Pierre. Une bonne femme qui venait faire ses prières était agenouillée aux pieds de saint Pierre, lorsqu'elle entendit une voix qui disait :
— Ah ! le fils de garce, qui me plumait pendant qu'il me tenait 1
La bonne femme en fut saisie de frayeur ; elle alla chez le recteur et lui dit :
— Comment I monsieur le recteur, saint Pierre est damné : il jure.
— Vous radotez, répondit le recteur ; allons donc voir.
Tous les deux entrèrent à Téglise et entendirent encore une voix qui criait :
— Garce I putain 1 couyon, couyon I
— En vérité ! dit le recteur. Restez là ; je vais aller chercher de l'eau bénite.
Quand il fut arrivé auprès de saint Pierre, il se mît à lui jeter de l'eau bénite avec son aspergesme ; mais il le lançait tant avec force que le goupillon se brisa, et le pied alla frapper dans la tête à saint Pierre et la lui cassa. Le perroquet, qui était derrière, dit encore :
— Cré fils d'ene garce y je mè se H* tiré d'une belle ! ' Alors le recteur leva les yeux, et il vit le
perroquet qui s'enfuyait à tire d'aile en criant :
Couyon ! couyon I (Conté en 1881 par J. M. Comanlt, du Gonray.)
LE PERROaUET DE MER (Alca arctici, L.)
Nom patois, -^ Croyance, — FormuUtte
Cordonnier y calculo, usité aussi dans le Finistère.
On lui dit :
Cordonnier,
Tu me fas (fais) chier.
On prétend que son bec est venimeux.
LE PETIT-DUC (Stryx scops, L.)
Langage du petit-duc
Il dit à sa femelle :
Coucher do (avec) ta ?
La femelle répond :
Ah 1 que nenni (E.).
Cf. la Chouette et le Chat-Jjuant.
LE PÉTREL (Procelluiu. pbulgiga., L.)
Croyance
Le pétrel, qu'on appelle aussi Toiseau satanique (cf. Oiseau du diable, Finistère), suit les navires en mer. A bord des longs courriers, on prétend que les pétrels sont les âmes des capitaines qui ont été méchants envers leur équipage et qui, pour leur punition, sont condamnés à errer.
D'autres disent que ce sont les âmes des matelots morts en mer qui viennent implorer des prières.
D'après La Chasse illtutrèe^ citée par Rolland, selon la croyance des marins, un pétrel est un matelot naufragé changé en oiseau, et le meurtre d'un pétrel rend impopulaire k bord d'un navire.
LA PIE (PiCA. CA.UDATA, L.)
Noms patois
Agace, égace (M., E.) ; surnoms : margo (S.-D.) ; karaga (Saint-Juvat). Les objets noirs et blancs
sont appelés pigassés (M., E.) ; on nomme le piège à pie échtouère (E.).
Proverhes et Dictons
— Fripon comme une pie.
— Voleur comme une pie.
Les lavandières prétendent que les pies sont friandes de savon, et que si, quand elles s'absentent d'auprès de leur pierre, elles n'avaient soin de le cacher, les pies viendraient, le leur voler
— Conter (parler) comme une pie borgne (M.,E.).
Cf. Rolland, t. II, p. 135 ; Desaivre, Croy.f p. 24.
— En v'ia cor eun d'enterré ; les pies ne li kerv'ront pas l's zieux (ne lui crèveront pas les yeux) (M.)- C'est une plaisanterie que l'on fait parfois au retour d'un enterrement (M.).
— r sont environ li (autour de lui) comme la pie après le chouan.
Devinettes
a) J'ai vu blanc, j'ai vu na (noir)
J'ai vu châ (tomber) dans mon geneta (genêts).
b) Qjii est tout gare, tout noir, £t qui tombe dans mon blé noir ?
— Une pie.
c) Noir dans k hâ (haie) Et blanc dans la râ (raie).
— Un merle et une pie.
Cf. Rolland, D. 71.
FormuUtte. — Croyances et Superstitions
La pie chante :
Petit couyon, petit couyon.
Cré petit couyon (P.).
Si les pies font leur nid dans le jardin d'une ferme où il y a des filles à marier, il y en aura une qui se mariera dans Tannée (S.-C).
Si on déniche les nids de pie, cela porte malheur aux gens de la maison, ou les bestiaux crèvent, parce que la pie maudit les dénicheurs. Il en est de même si Ton tue le père ou la mère avant que les petits soient grands (S.-C).
Si les pies font leurs nids à Textrémité la plus élevée d'un arbre, c'est signe d'une année mouillée ; si au contraire ils sont placés bas, cela annonce de la sécheresse (P.).
« En Beny, quand l'année doit être orageuse, les pies construisent le&rs nids dans les basses branches des arbres^ lorsque Tannée doit être calme, elles nichent, au contraire, tout à fiit au sommet. » (Laisnel de la Salle, t. II, p. a82.)
Si on suspend dans un grenier une pie tuée dans le décours d'août, on est préservé de la vermine (P.).
On pend les pies dans les champs pour chasser les corbeaux (E.).
Si en partant on voit une pie seule, c'est mauvais présage : il faut rebrousser chemin.
Voir une pie qui s'envole à gauche quand on va faire une visite, c'est signe qu'on sera mal reçu
Si une pie passe à droite, c'est signe de malechance"; si elle passe à gauche, c'est signe de chance (S.-C).
Croyance analogue en Vendée (Desaivre, Myth. Iccalt, p. 12).
Si une pie a la mine renfrognée, c'est signe qu'on aura prochainement du chagrin; si elle a l'air joyeux et qu'elle chante, c'est signe de nouvelle agréable.
Si de bon matin on voit une pie, c'est signe qu'on aura une lettre (S.-C).
En Basse-Bretagne (cf. Perrin, Galerù bretonne^ cité par Rolland, p. 140), les pies sont des oiseaux de mauvais augure.
A Saint-Cast, quand les petits enfants vont à l'école, ils tirent des augures de l'aspect des pies, pour savoir s'ils arriveront à l'heure. S'ils voient le blanc, ils se disent : « Nous serons à l'heure » ;. s'ils voient lé noir, ils disent : « Nous serons en retard ».
Une femme qui était jalouse de son mari consultait les pies pour savoir s'il la trahissait ;
elle disait : « La pie m'a viré le noir ; il est cor «(encore) à voir les filles » (S.-C).
Cf. sur la pie consultée : Mélusitif, col. 5 18.
Contes où figure la pie
Il y avait une fois un petit pinson qui était perché sur une épine blanche, et qui s'exerçait à chanter ses plus beaux airs pour fêter le printemps. Il fut abordé par la pie, fière de son plumage noir et blanc; elle s'avança en lui disant d'an ton orgueilleux :
— Apprends-moi une chanson, petit pinson.
— Oh 1 madame la pie, vous jasille^ si bien que vous n'avez pas besoin d'apprendre à chanter.
La pie mal reçue s'en alla, et sur sa route elle tuait tous les petits oiseaux qu'elle rencontrait.
(Conté par François liarquer, de Saint-Cast, mousse, Agé de treize ans.)
Sur la lande du Mené, il y a des sillons tracés qui sont maintenant couverts de bruyères; chaque année les gens des pays voisins vont les tondre, pour les brûler pendant l'hiver. On dit que c'est une duchesse de Rohan qui avait fait défricher ces landes. Elle ne savait pas qu'on devait mourir, et le défi-ichement était bien avancé quand un jour elle vit sur la lande une pie crevée.
— Qu'est-ce que cela ? demanda-t-elle.
— C'est une pie morte, répondit un des ouvriers; tout ce qui a vie doit mourir.
— Puisqu'on meurt, dit la duchesse, je ne ferai plus défiricher d'autres landes.
(Qjntéen 1881 par J. M. Comault, du Gonray.)
A la Poterie, près Lamballe, un dolmen à demirenversé se nomme le Coffre de Margot la fée. La fée Margot portait sur sa tête la pierre et tricotait en cheminant; elle rencontra une pie morte et demanda à une bonne femme :
— Qu'est-ce que cette bête immobile ?
— C'est une pie morte.
— Les oiseaux meurent donc dans ce pays-ci?
Il y a-t-il d'autre chose à mourir ?
— Mais oui, tout meurt, et les gens aussi.
— Et moi qui portais cette pierre-là pour un monument ; ce n'est pas la peine de le construire.
Et elle jeta là sa pierre.
(Conté par M. Méheust, maire de la Poterie.)
Cette légende de la pie morte se retrouve souvent en Bretagne (cf. le 1. 1 du présent livre, p. 86).
Dans La Fille aux bras coupés, l'c série, n» xxv, la pie joue un rôle secourable.
LA PIE-GRIÈCHE (Lamius excubitor)
Nom patois, — Langage
Pie marâtre (P.). Ce nom lui vient de ce qu'elle habite souvent près des marais.
Elle chante :
Pie huit I pie huit 1 Célestin 1 Célestin 1
LE PINSON (FUKGILLA. CŒLBBS, L.)
Noms patois
Pinso (Plaine-Haute) ; glaumi (M.) ; moustron (Ploubalay) ; moistron (P.) ; cyprien (Le Gouray).
Proverhes
— Gai comme pinson.
Cf. Rolland, p. 178.
— Qianter comme un pinson.
Langage du pinson
Veux-tu m'enseigner le chemin Pour aller à Saint-Citoyen, Failli chien ? (S.-C.)
Veux-tu m'dire le ch'mio "D'Châteaugiron, toi, citoyen ? (E.)
Cf. dans Rolland, t. II, p. 179, plusieurs interprétations du chant du pinson.
Veux-tu m*prêter ta civière Pour porter du fien (fumier) dans un jardin.
Toi, citoyen î (P.)
Ou
Cyprien, Cyprien? (P.)
LE PIVERT (Picus viridis, L.)
Noms patois
Pivé (S.-D., P.), TpLpiviaoux (P.).
On appelle le pivert rateîous d'/euves, parce qu'il est très-friand de fèves (M.). Les vilbrequins se nomment becs de pivert (E.).
Superstitions. — Pronostics
Les piverts chantent pour appeler la pluie ; c'est à cause de cela qu'on les nomme les avocats des meuniers (E.)- Ce nom leur est donné en Normandie, en Bourgogne, dans le Centre, etc.
Quand le pivert chante, c'est signe de pluie ; il dit en chantant :
Pleut 1 pleut 1 (S.-C.) Ou ;
Pic, picl
Cf. Desaivre, Myth. iocale, p. 8 (Poitou) ; Rolland (Eure-et- Loir, Snd-Est) ; A. Bosquet (Normandie), p. 217 ; Laisnel de la Salle, 1. 1, p. 224 (Berry).
Le pivert trouve toujours Jmoyen de déboucher
le trou qu'il a creusé dans les arbres (E.). Il va aiguiser son bec sur des tiges d'anis, et il perce ensuite mieux les arbres. On prétend que dès que le pivert a donné un coup de bec dans un arbre^ il va de l'autre côté regarder s'il est percé (P.).
Cf. la Hupptf un conte où la huppe et le pivert font sodité.
LA POULE D'EAU (Fulica chloropus) Noms patois Poule d'iau (P,)-, poule d'ève (d'eau) (E.).
Devinette
Q.ui passe sous l'ève sans s'naye? (E.) — Une poule d'eau.
LE RAMIER (Columba Pàtxnaxn, L.)
On dit au ramier :
Tu ne pousses p'ns,
Tonton I
Tonton.
Paies- tu un pot ? (E.)
LE ROSSIGNOL (Stlvia luscinu, Latham) Roussignol (M., P.) ; rossignolet.
Croyances et Superstitions
II ne dort que deux heures par nuit. Si on mange le cœur d*un ^rossignol, on ne dort non plus que deux heures par nuit. Mais c'est dangereux, car si le vent vient à changer dans les vingt-quatre heures, on s'expose à foUier, c'està-dire à devenir fou (E.).
Si une personne mange son cœur, elle chante aussi bien que lui (Saint-Brieuc-des-IfFs).
Pendant que sa femelle couve, le rossignol chante pendant quarante jours. On dit qu'il ne sait pas que sa femelle couve, et que quand les petits sont édos il s'écrie :
Ah I que j'étais béte I
Cf. une croyance analogue dans Desaivre, Crœf.f p, 26.
Formulettes du rossignol On dit au rossignol : ^
Rossignol, rossignol, Va-t'en à Rome chercher du pétrole.
Pour mettre le feu Dans la ville de Saint-Brieuc (S.-C).
Le rossignol dit :
Tire, tire, tire.
Tiens bon.
Cf. une interprèution du chant dans Desaivre, p. 26.
En m'en revenant de Broons,
J'ai trouvé une petite bonne femme
Q.ui avait un nez si long, si long, si long,
Qji'il lui pendait sur son menton ;
J*ai pris mes ciseaux, et je le lui ai coupé,
Puis je Tai jeté, Et il a passé un p'tit bonhomme par là Qui l'a pris et qui Ta ramassé.
Et qui Ta fourré dans son pertus, tue, tue, tue, tue, tue
Le rossignol et son chien
Autrefois le rossignol avait un chien qu'il aimait beaucoup. Un jour il l'attacha au pied d'un sicot (chicot de bois) pour aller se promener. Le chien, pendant son absence, arracha le sicot, et le rossignol se mit à crier :
Kaie va I kaie va I Fuit, fuît, sicot, sicot 1
D'autres racontent que le rossignol était chasseur, et qu'il avait quatre chiens ; il les attacha à un sicot, et pendant qu'il était à l'auberge, ils l'écourtèrent.
(Conté par J. M. Comiult, du Gouray).
Le rossignol est un des oiseaux que chantent le plus volontiers les chansons populaires.
LE ROUGE-GORGE (Stlvu rubecuia, Latham)
Noms patois Rutasse ou érutasse (S.-D., Tréveneuc) ; routasUy
fera. (P.); daudrette, fém. (M.); daudetU, fém. (Jugon) ; houîou, fém. (vers Bécherel); hourîoUy masc. (M.); gorge-rouge (M.).
Croyances, — Langage. — Légendes
Si les rouges-gorges chantent de bon matin dans les arbres, c'est signe de beau temps, ef ils avertissent l'homme du danger, s'il veut bien écouter leurs chansons (E.).
Quand il couche dans son lit, avant de s'endormir il dit :
Pisse pour aller te coucher.
Vite, vite.
Puis, si on l'a entendu, il dit :
duitte, quitte (P.).
Les gorge-rouge disent des préfaces en latin ; ce sont eux qui ont été chercher le feu.
On dit qu'ils parlent latin. Ils disent :
Cusse, eusse, eusse, eusse :
Istine spiritum sanctum tuum, Il y a dix bons dieux (S.-C).
[j On dit aussi qu'ils répètent :
Glorieux d' chouan 1 Glorieux d'chouan 1 ^
Q}iand le gorge -rouge alla chercher le feu, ses plumes furent toutes brûlées ; alors les oiseaux en eurent pitié, et ils résolurent de lui donner
chacun une plume pour le rhabiller. Seul le chathuant, oiseau orgueilleux et peu compatissant, refusa. C'est pour cela que, lorsqu'il se montre au jour, tous les petits oiseaux crient après lui^ et le rouge-gorge en particulier qui, par son cri, lui reproche son orgueil (E.). Vers Bécherel, on dit que le rouge-gorge alla chercher un tison dans l'enfer.
Cf. dans Luzel, quatrième rapport, p. 203,^ une l^ende bre* tonne analogue ; elle existe aussi en Normandie (cf. A. Bosquet, p. 22o) ; mais le rôle du ronge-gorge est attribué au roitelet.
La boulou et la fauvette chantent pitié auprès des corps morts, et l'on dit qu'elles se tiennent auprès jusqu'à ce qu'ils aient été ensevelis (vers Bécherel).
Cf. dans Rolland une légende irlandaise analogue, t. II, p. 264^
Le rouge-gorge est rarement déniché.
LA TOURTERELLE (Columba turtur, L.)
Noms patois TeurU (M.) ; tourte (P.).
Croyances et Légendes
On dit qu'elle bâtit l'arche de Noé.
Rien qu'à regarder son nid, on la fait l'aban-^ donner.
Elle répète toujours la même chose :
Toure 1 toare I Ou:
Troue, troue, ouel
La tourterelle revient en Bretagne au moment de la récolte des foins, vers la Saint-Jean.
Au temps jadis, quand elle arriva, elle prit le coucou à son service pour ramasser son foin. Au moment de passer une barrière, le coucou resta embourbé avec sa charretée. La tourterelle se mit à crier sur lui en criant :
Troue I troue I oue I
Le coucou fit de si grands efforts qu'il faillit se casser les ailes. C'est depuis ce temps que quand il chante il a les ailes élargies, tandis que les autres oiseaux les ont resserrées. Maintenant, dès que le coucou entend la tourterelle, il s'enfuit tant qu'il peut.
(Conté par J. M. Gimault, du Gouny).
LE TROGLODYTE (TaoctODriBS ivrcpjbus, Vieillot)
Noms patois
Berruchd (M.) ; berruchot (E.) ; berrichet (S.-C.) ; héré (Ploubalay); birie, fém. (Tréveneuc, P.); mussoi (£.), ainsi nommé parce qu'il cache soigneusement son nid.
Langage
Le berruchet chante en dansant sur les branches :
C*est-i* solide ici ?
Chez nous il n'est pas plus gros Que ma cuisse, cuisse, cuisse (S.-C).
Il y a dans mon pays des fagots
Qjii sont gros Comme ma cuisse, cuisse, cuisse (E.).
Cf. dans Desaivre, Croy., p. 17, un dialogue similaire entre le roi^-breteau et le moineau.
Un gros fût de persoué (pressoir) Gros comme ma kaisse fendue en trois.
Ça craquille (bis).
C'est-à-dire : cela va peut-être casser sous moi.
Sez mon père il fait biau;
Iz ont des fagots Qjai sont gros comme ma kaisse Fendue en quatre quartiers,
Kerli ki cui (P.).
Le bois n*est pas gros dans c'pays-ci ; F n'est pas pus gros qu* ma petite cuisse.
Cuisse, cuisse,
Fendue en quat',
Qjiat*, quat*.
Qjiand j'étais chez mon père.
J'avais des morceaux d'iard Qji'étaient gros comme ma cuisse, Cuisse, cuisse, cuisse (P.).
■^^3B3in«MHHaa*9aaaBB«a^HiHi
Cest dans mon paie (pays)
dui' y a de biau bouée
Fendu en quat* quartiers
Et gros, gros comme des kesses (P.).
Le roitelet se met sur la grosse poutre d'un pressoir et dit :
Ne te casse pas I Me port*ra-tu ben ?
En Basse-Bretagne et dans le Forez, le roitelet fait un chant analogne (Rolland, p. 395). Cette facétie dn roitelet a peot-ètr« son origine dans nne redevance féodale où l'on apportait an seigneur une bûche de Koël d^ns une charrette k laquelle était attaché un roitelet lié avec un gros c&ble (cf. Desaivre, Myth. loeaUf p. 6, et Rolland, p. 297 ; Laisnel de la Salle, t. Il, P- 249).
Voici une autre explication qui m'a été fournie par mon ami, M. Eugène Rolland, l'auteur de la Faune populaire: « Tous les jours, m'écrit-il, je vois le roitelet troglodjrte, posé sur un fagot ou sur une branche, se hausser et se baisser alternativement sur SCS pattes, ayant l'air d'essayer si la branche est assez solide pour le porter, lui tout petit ! Le roitelet troglodyte seul a cette spécialité. »
Chez mon père i' y a des gloses (morceaux de bois) Fendues en quat'e, quat'e, quatre (P.).
Dans mon pays.
Les vire de pressoué Sont gros comme ma cuisse Fendue en quat'e, quat'e, quat'e.
Fendue en quat*e (P.).
Croyances et Légendes
On dît qu'il ne faut pas faire de mal aux berruchets, parce que ce sont eux qui ont apporté le feu sur la terre (S.-C). Le gorge-rouge alla chercher le feu du ciel, et le berruchet Talluma (E.).
La même croyance existe en Poîtoa (cf. Desaivre, Mytb., p. 6); en Normandie (cf. Rolland, p. 295).
Dans les environs de Dol, on croit que le dénicheur de berruchets reste estropié des doigts qui ont perforé le nid et enlevé les œufs ou les petits. J'étais dans mon enfance un intrépide dénicheur ; mais cette croyance m'a toujours fait respecter les nids des berruchets.
(G)minuniqaé par M. B. Robidou.)
A Saint-Donan, on prétend que si les enfants touchent les petites hérées dans leur nid, ils attrapent le feu Saint-Laurent : ce sont des boutons qui couvrent la figure, les jambes, etc. (P., S.-D).
Si on met la main dans la fiente de bérée, on attrape des panaris (P.).
Les bérées mangent des araignées ; quand elles fientent ensuite sur des bros d'épines, si on se pique avec ces épines, on reste estropié (P.).
Quand le béré alla chercher le feu, il demanda une plume de l'aile de chaque oiseau ; ils la lui donnèrent tous, sauf le chat-huant qui dit : « Mes
pliimes sont trop belles pour £tre brûlées, » C'est pour cela que les autres obeaus, et surtout la pie, sont toujours après lui (P.).
Lorsque J&us-Christ était sur la terre, il assembla tous les oiseaux et leur dit que celui qui aurait volé le plus haut aurait été leur roi. C'est l'aigle qui s'cleva â la plus grande hauteur. Mais la petite bérée s'était mise sur sa tSte, et quand l'aigle fut à bout d'haleine, elle s'éleva en l'air bien plus haut que lui.
(Coati pir J. M. Conuuli. da Gouny.)