LA FILLE DU PAYS DU MAINE
Cest une fille du pais (pays) du Maine ; Voilà les soldats qui remmènent.
Sa mère était à la coiffer ; Elle ne fut pas plutôt coiffée Que les soldats Font emmenée.
Le père s'en va les poursuivant.
— Soldats, rendez-moi va ma fiUe ; Je vais vous compter cinq cents livres.
— Non, ta fille tu n'auras pas, Les compterais-tu. mille fois ; JTons promise à not' capitaine ; Il faut donc qu'on la lui mène.
Quand Tcapitaine la vit venir, De rire ne pouvait se tenir.
— Est-ce ici donc la jolie fille
Que mes soldats m'ont tant promise?
— Tenez, capitaine, la voilà ; Faites-en ce qu'il vous plaira.
— Portez-va la dedans ma chambre ; Ce soir nous parlerons ensemble.
A toute marche que la belle montait, Son petit cœur il soupirait.
— Est-ce ici la maudite chambre Où il faut que mon Dieu j'offense?
l60 TRADITIONS ET SUPERSTITIONS
— Ton Dieu tu n'offenseras pas ; Not* capitaine est un brave homme ; Il ne fait de peine à personne.
Quand elle fut seule dans ce lieu, Elle se mit à prier Dieu, A prier Dieu et Notre-Dame, Ah ! que de fille elle devînt cane.
La belle elle a tant prié Dieu Que sa prière a eu aveu :
S'est envolée par une grille Dans un étang plein de lentilles.
Le capitaine dit aux soldats :
— Allons voir si elle est là-bas !
On lui tira cinq cents coups d'armes : N'ont jamais pu tuer la cane.
Le capitaine dit dans le lieu :
— Si j'avais su ma mie si sage.
Je l'aurais prise en mariage.
(Chantée en 1880 au château de la Saudraîe par Joseph André, de Trébiy.)
LE CANIARD (Stercorasjus, Brisson)
Nom patois Canids (M).
DE LA HAUTE-BRETAGNE l6l
Proverbes
— Estoma' d'caniâs (M.).
^ Manger comme un caniâ (M.).
Le caniard est à juste titre renommé pour sa voracité et la capacité de son estomac.
Croyance.
Le caniâ cousse (poursuit) les mauves pour manger leur fiente (S.-C).
LE CHARDONNERET (Frihgilla cardueus)
Noms patois
Cherdonnette, clxirdonneîU (M.) ; cher donner et ^E.) ; chierdonnet (P.) ; echerdonneite (M.) ; chardon" nadoré (Tréveneuc).
Formulette
Le chardonneret dit :
Mélie,
Qjiiou ! quiou 1 (S.-C).
Conte
Dans un conte populaire, 2* série, no xliv, L'instruction et le Jugement, il est question d'une fée qui a été changée en chardonneret.