LA CHENILLE
Noms patois, — Croyances
CharpelouseQA.f E.); cherpéhuse (P.); téte-naïre (Hénon).
a86 TRADITIONS ET SUPERSTITIONS
On les tue, parce que leur rencontre est d'un mauvais présage (E.). En beaucoup d'endroits on ne croit pas que les chenilles soient les larves du papillon.
LA COCCINELLE (Coccikella)
Noms patois
Bite à bon DieUf parvoUy pervole (E.).
Croyances. — Formulettes
Qjiand on tue une bête à bon Dieu, on perd un de ses meilleurs chevaux (P.).
La coccinelle est la chance des champs ; plus elle s'envole facilement, plus les enflants sont sages (S.-C).
Parvole (his^ ; Si tu m'aimes, que tu t'envoles (E.).
Petit ange du bon Dieu,
Envole-toi.
Si le bon Dieu ne veut pas de toi, Tu viendras à moi (S.-C).
Bête à bon Dieu
Monte au ciel.
Et m'apporte du miel ;
Si tu vas en enfer,
Tu m'apporteras de la bière ;
^^^^mtmammmmmmmmi^mmt^ÊÊ^mmmm
DE LA HAUTE-BRETAGNB 2Sj
Si tu vas en purgatoire, Tu m'apporteras des poires (S.»C.).
Cf. Souchèi Croyinus, p. i6.
Petit ange, vole, vole.
Si le bon Dieu m'aime, t'envoie ;
S'il ne m'aime pas.
Ne t'envoie pas (S.-C).
Cf. dans Rolland, p. 350 et suiv., les formulettes de la coccinelle. Cf. aussi Desaivre, Form.^ p. 4, et sur la coccinelle en général un article de M, Mannhardt, intitulé La CoecituUe et Holda Freya, dans Mil., col. 441-446.
Les criocères (crioceris), qu'on appelle petits violons y merciers (E.), sont souvent confondus avec les bêtes à bon Dieu.
^ Si on tient longtemps un petit violon auprès de ses oreilles, on ne devient jamais sourd, parce que le petit violon prie le bon Dieu de conserver Touïe à celui qui Ta écoulé (E.).
LE COUMAÇON (Hblix, L.)
Noms patois
Colimaçon^ lima à coque. On l'appelle aussi mercier y parce qu'il porte sa maison sur son dos, comme le mercier sa hotte. On ne distingue pas toujours le lima du colimaçon.
Proverbes — Aller comme un Uma.
Cf. Rolland, p. 212 (CAte-d*Or).
A Noël les limas,
 Pâques les grouas (E.)<
Cest-à-dire : s*il fait chaud à Noël, à Pâques il y aura de la glace.
Il vaut mieux trouver un chien enragé Qji'un lima en janvier (P.).
Devinettes
à) Qpi est-ce qui peut se promener sans quitter sa maison ? (S.-C.)
h) Qui est-ce qui porte sa maison sur son dos ?
— Le colimaçon.
Q,uel est celui qui ne va pas vite à la messe ? (£.)
— Le colimaçon; mais il est tout de même rendu à la Saint-Jean avec les autres.
Superstitions, — Formvlettes
Quand on trouve un lima qui a Toeil tourné du côté gauche, c'est signe que Tannée sera bonne ; si au contraire il est tourné du côté droit, c'est d'un mauvais présage (P.).
Calimaçon (^'0, montère tes cônes ; Je te dirai où sont ton père et ta mère :
r sont dans le bois de Fosses (S.-C).
Calimaçon borgne, Montère tes cornes (M.).
Calimaçon, montère tes caûnes, ou biea ton père et ta mère vont v'ni' do un grand coutiau <i*bois pour te couper le keu (cou) (Saint-Briac).
Lima, lima, Montère tes cônes ; Ton père et ta mère sont dans la terre jaune (D.).
Var. : Ton père et ta mère sont dans la Basse-Corne
(Moncontour).
Calimaçon, attire tes cônes,
Ou j'vas t*casser ta maison (Ploubalay).
Les enfants prétendent que le colimaçon a peur et qu'il s'attire quand on lui répète ces formulettes. Cf. dans Rolland, p. 196 et suiv., une nombreuse série de formulettes françaises et étrangères dont quelques-unes sont très-voisines de celles Avl paysgallot; cf. aussi Desaivre, Form.f p. ;.
Dans le conte Le Colimaçon et le Rtnard (Liit. orahf p. 237), le colimaçon trouve moyen d'arriver avant le renard i un but ■déterminé. Cf. dans Rolland, p. 208, un conte similaire de la Côte-d'Or, et les citations à la suite. M. Souche, Proverbes, p. 19, l'a également recueilli en Poitou. Sur le colimaçon, ■ voyez aussi 2« série, a? xlix, le conte du Mercier.
LA DEMOISELLE (Libbllula) Noms patois
Lavandière (S.-C.) ; monsieu, pi. monsieux (P.) ; d'mouë:(elle (S.-D.); lavandière d'eau (E.); cheva' d'cdleuve (S.-D. ; cf. le breton mardh aêr, dont ce nom est la traduction) ; dame, gendarme (P.)* La grosse espèce se nomme à Saint-Donaa
aiguille ou aiguille du diahle (cf. nado^ aêr, aiguilleserpent, Bretagne).
Croyances et Superstitions
On appelle les demoiselles les agents du diable, et Ton a peur d'être piqué par elles. Quand oa les voit autour des doués, on dit ;
Prenez garde aux agents du diable 1
Pour les chasser, on leur crie :
Zi, zi^ zi I
Et elles s'en vont (S.-C).
Si on peut attraper une demoiselle, on se marie dans l'année (E.).
Si les demoiselles volent en rasant l'eau, c'est signe d'eau pour le lendemain; si elles volent haut en courant après les mouches, le temps est au beau.
LE DYTIQ.UE (Drriscus, L.)
Noms patois
Cheval d* anguille (M.) ; mère anguille, chevau du diahle (S.-D.) ; poule d'éaiou (Tréveneuc).
L'ÉPHÉMÈRE (Ephemera, L.)
Noms patois. — Pronostic
Guthette, fém. (M.); guibet, masc. (E., P.); cf. le breton gwiheden, hïbe, fém. (S.-D.).
DE LA HAUTE-BRETAGNE iqi
Les guibets piquent les gens quand le temps est à la pluie; s'il est à l'orage, ils piquent plus dur; s'il est au sec, ils laissent le monde tranquille. Lorsqu'ils sont en troupe, s'ils volent haut, le temps est au sec; s'ils volent bas et près de terre, il fera de l'eau (P.)-
Les hibes piquent de séer ; forons d'ia piée demain (S.-D.).
LE FAUCHEUX (PHjaANGirai opilio) Nom patois* — Superstitions
Faucheux (M., E., P.).
On leur coupe les pattes et on les met dans sa main ; si, après avoir été détachées du tronc, elles remuent, c'est signe qu'on aura de la chance (E.).
Cf. Rolland, p. 245 (Poitou) ; voir une superstition vosgienne dans Mil.f coL 498.
Qiiand les faucheux montent sur l'épaule d'une personne, c'est signe qu'elle mourra dans peu de temps. On entend dire à quelqu'un qui a sur lui un faucheux : « Veut-i' me mener dans le cimetière? J'vas li casser une patte; i' périra avant ma » (E.).
LA FOURMI (Foruicà) Noms patois. — Proverbes Fromty masc. (M., E., V,);frimtm (E., P.);
fourgnon, petit barse (Plouvara); la fourmilière s'appelle /romt/t^r^ (M., E.); four minière (F. ^ Tréveneuc).
— r n*a pas la force d'un fromi (M.)*
Cf. dans Rolland, p. 278, un proverbe similaire.
— Qjiand on s'asseoit sur une fromiîièrc, on ne sait pas quel est \q fromi qui vous pique (E.).
Croyances et Superstitions
Plus la fourmi s'enfonce dans la terre, plus l'hiver sera rigoureux (E.).
Si les abeilles ne veulent point sortir d'un tronc d'arbre, on met des fourmis dans le tronc, et elles
sortent (P.).
Pour faire les filles péter, on n'a qu'à prendre du pain de fourmi (ce sont les œufs) et à en mettre dans le manger ou dans la^ boisson de la personne à qui on veut faire cette farce. Sitôt le pain de fourmi avalé, la personne se met à péter
Dans les contes, la fourmi joue en général un rôle secourable (cf. Le géant aux sept femmes, 1 '« série, n* ix ; Venfcnt qui va chercher des remèdes y 2« série, n* xxxiv).-
LE FRELON (Vespa crabo, L.)
Noms patois. — Superstitions Fragon (M., E.) ; fringon (P.) ; fréegon (S.-D.,
mmmmmmmmmm^m^
P.) ; frungon, frâlon (P.) ; frûlon, frugon (S.-D.). Le nid aux frelons s'appelle fragonnière (E.) ; frégonnière (P.).
Quand le frelon mord, on dit qu'il emporte le morceau (E.-D.). Les paysans disent « qu'i' mord o la goule et i' pique o l'eu ».
Il ne faut que sept frelons pour tuer un cheval, trois pour un homme. Les morsures du frelon sont, dit-on, mortelles (P.).
LE GRILLON (Grillus)
Noms patois, — Dictons
GrésiJîon (M., E.); guer sillon (M., E., P.).
Il a le ventre rond Comme un guersillon (P.).
Le grillon d'amour est dans le foyer (D.):
c'est une maison où il y a des amoureux.
On appelle guer:(illon djoumeèse l'enfant qui aime trop le foyer (S.-D.).
Croyances et Superstitions
Quand on a un grésillon dans son foyer, il ne faut pas le tuer, car c'est la chance de la maison
Cf. Rolland, p. 290 ; 2/é/., col. 457 (Vosges) ; A. Bosquet, p. 219; L. Desaivre, Croy., p. 30; Monnier, p. 669.
On dit au grésillon :
Guersilloii;
Viens dans ma maison;
Chante ta petite chanson,
Et répands ta bénédiction (S.-C).
Si le chant du grésillon vient à cesser, c'est un présage de mort ou de pertes (P.).
Cf. Rolland, p. a^.
Lorsqu'il meurt quelqu'un, le grillon, en signe de deuil, reste six mois sans chanter (P.).
Si on met, sans les regarder, deux grésillons sous un chapeau, ils se battent, et il ne reste plus que les pattes (E.).
LA GUÊPE (Vbspa vulgaris, L.)
Noms patois. — Proverbe. — Croyance
Gueèpe ; son nid se nomme guépinière (P.).
— C'est une fine guêpe : une rusée.
La guêpe hait l'homme qui lui a fait la chasse ; elle le reconnaît même au bout de plusieurs jours (E.).
LE HANNETON (Mblolontha vulgaris)
Noms patois
Bruinent (M.) ; bruant (D.) ; hrundon (P.) ; hrunda (S.-D.); vacloe de chêne (E.); poule de
Mne (Callac, Morbihan). Les hannetons blancs se nomment des monniers (meuniers) (M., E.).
La larve du hanneton, locreux (E.) ; turc (M.). Brunder (P.); hrumenier (M.), désigne le bruit que les hannetons font avec leurs ailes.
Proverbe, — Pronostics, — Formuîettes
— Année de bruments, année de chiens enragés (S.-C). On prétend que si les chiens mangent des hannetons, ils enragent.
Si les hannetons mangent les feuilles des chênes, il y a à craindre pour la récolte de Tannée suivante, parce qu'il y aura beaucoup de vers blancs (E.).
Qiiand la larve ne sort point de terre. Tannée est mauvaise en sarrasin.
Avant de s'envoler, les hannetons comptent leurs écus; ils en ont autant que de taches blanches sur le ventre.
Cf. Rolland, p. 334.
On les attache eu à eu plusieurs avec des moyettes (c'est un brin d'herbe pointu), pour les faire brunder (E., S.-D.).
Cf. dans Rolland, p. 23 ; Souche, Prov.y des jeux similaires.
On leur chante, pour les faire envoler :
Brument, vole, vçle ; Mon grand-père Nicole T m'a dit qu'si tu n'allais pas à l'école,
r fallait couper ta tête
Avec ma grande serpette (S.-C).
Petit chandelier doré.
Petit paille en eu,
Du cocu, cocu, cocu (D.).
Sur les fonnniettes des hannetons, cf. Rolland, p> 33$ et suiv.;. Desaivre, Form., p. 6.
LA MOUCHE (Musca)
N(»ns patois
Monche (P.); la mouche araignée se nomme hngousse, îangoute (E.); langourde (y&tsBéchçrél)^
Dictons et Proverbes
— r bérouine (bruine) ; voilà les mouches qui: pissent (E.).
— Les mouches pissent tout blanc (E.). 11 neige.
— Noir comme» une mouche dans un pot de lait (E.).
Cf. Rolland, p. 307.
A la Saint-Simon, Les mouches valent chapon (P.).
Cf. dans Rolland, p. 30$, un dicton similaire.
La procession de la Saint-Marc (2$ avril) a pour but de faire crever les langousses d'eau. Avant que cette procession eût été inventée»
elles faisaient périr les chevaux et même les hommes; elles étaient grosses comme des têtes de cheval et pouvaient traîner des pierres. Depuis, elles sont revenues à la grosseur qu'elles ont maintenant (environs de Bécherel).
Cf. sur le Pardon des mouches d Quimper, qui a lieu le même jour, une note de Sauvé, ap. Rolland, p. 310.
LA MOUCHE D*EAU (Gtoihxjs, L.)
Noms patois. — Croyance
Couturier (E., S.-D.).
On prétend que ce sont les 'couturiers d'eau qui ont appris à coudre aux tailleurs (E.). On appelle aussi tailleurs les araignées d'eau.
Les g3n*ins se nomment aussi couturières (cf. le bret. kemenerès).