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LE PAPILLON

Nom patois Papion (E.) (assez peu employé).

Pronostics, — Superstitions, — Formulettes

Quand les pâtours voient les papillons, ils leur

disent :

Papillon jaune.

Fais du feu et t'chauffe ;

Papillon blanc, Prends ta quenouille et va en champs.

Les papillons jaunes paraissent avant les blancs.

Cf. dans Rolland, p. 31;, un proverbe normand analogue.

Q.uand on les voit pour la première fois, on leur chante :

Papillon rouge

Et papillon blanc,

Voleras-tu cor ? (bis)

Papillon rouge

Et papillon blanc, Voleras-tu cor jusqu'à la Saint-Jean ?

Voleras-tu cor {bis).

Voleras-tu cor jusqu'à la Saint- Jean? (P.)

Si on peut attraper le premier papillon blanc qu'on voit, on trouve un essaim dans Tannée

Superstition analogue dans les Vosges (cf. Mélusim, col. 478) ; en Poitou (Desaivre, Croy., p. 50; Souche, Croy., p. 7).

Noël du Fail constatait au xvi* siècle le rôle chanceux du papillon, t. I, p. 112 : « Qjai veult estre marié en l'an prenne le premier papillon qu'il verra ».

Voir un papillon le soir, c'est signe que prochainement on aura des nouvelles.

Q.uand on voit voltiger des papillons de nuit, on les tue, parce qu'on prétend qu'ils sont venimeux (E.).

On dit aux papillons :

Papillons, papillons.

Allez à Bron (Broons)

Nous chercher du son ; Quand vous serez arrivés chez nous.

On vous donnera des choux.

Si vous n'y allez pas, On vous écrasera à grands coups de bois (S.-C).

La croyance que Tâme prend la forme de papillon est encore assez répandue à la campagne.

Quand on voit le soir de petits papillons blancs voler dans la maison, cela annonce la mort de quelqu'un de ses habitants. Aussi quand il y en a beaucoup dans une maison, les gens en sont tout chagrins. Us pensent que ce sont des âmes de revenants qui viennent chercher quelqu'un pour l'emmener avec elles (P.).

En Poitoa, cf. Souche, p. 15, un papillon passe aussi pour être l'âme d'un mort qui visite. Les Grecs appelaient le papillon Wv^ TfeTOyJyhy *me volante. Cf. A. Pictet, Orig. indoeuropéennes^ t. I, 661 : le papillon.

Le conte qui suit est relatif à cette croyance.

Le papillon et le pauvre

Il y avait une fois un pauvre qui désirait, à ce qu'il disait, voir mourir quelqu'un, pour savoir comment on mourait. Un jour il arriva à une maison où un homme était sur le point de tré-

passer. Il y entra, et il lui sembla qu'aussitôt que l'homme eut rendu le dernier soupir, il sortit de sa bouche un papillon tout gris qui se posa sur la poitrine du défunt.

Le pauvre ne le perdit pas de vue. Qpand on mit le mort dans le cercueil, le papillon se plaça sur le bout, et quand on déposa le cercueil en terre, il voltigea çà et là, puis il prit son vol. Le pauvre le suivit jusqu'à une lande où il le vit s'arrêter. Il dit au papillon :

— Pourquoi es-tu venu jusqu'ici sans t'arrêter?

— Ah I répondit le papillon, c'est que je n'ai trouvé que cet endroit pour me reposer, car depuis celui d'où je suis parti jusqu'ici, tout est couvert d'âmes qui sont à faire pénitence.

— Et toi, petit papillon, dit le pauvre, en as-tu encore pour longtemps ?

— Pour sept ans.

— N'y aurait -il pas moyen d'abréger ce temps ?

— Non, à moins que pendant un an tu ne veuilles jeûner au pain sec et à l'eau.

— Je veux bien, dit le pauvre.

— Eh bien 1 fais-le, et tu n'y perdras pas.

Le pauvre s'en retourna, et pendant un an il jeûna au pain sec et à l'eau. L'année suivante, il revint sur la lande et demanda au papillon s'il était quitte.

mm

— Non, répondit le papillon, qui était presque blanc, mais encore gris, il faut que tu jeûnes encore une autre année pour que ma pénitence 5oit accomplie.

Le pauvre s*en retourna, et pendant un an il jeûna au pain sec et à Teau. Uannée terminée, il retourna sur la lande et vit le papillon qui, cette fois, était blanc comme la neige.

Ce papillon blanc était Tâme du défunt que le pauvre avait vu mourir, et qui avait été délivrée grâce à lui ; mais de son côté il avait fait la pénitence du pauvre, et il lui dit avant de s'envoler :

— Je te remercie bien ; mais tu n'as pas perdu ton temps, car tu as une place préparée à côté de moi dans le ciel.

Huit jours après, le pauvre mourut, mais, ainsi que le lui avait dit le papillon, il avait une place dans le paradis à côté de lui.

(Conté en 188 z par Jeanne Hervé, du Gouray, ftgée de soixante ans.)

Dans un autre conte qui est une variante de celui-ci, c'est un jeune garçon et non un mendiant qui voit le papillon s'envoler; il le suit et le voit s'asrèt^r à l'extrémité du champ d'ajoncs, parce qu'il n'y. avait pas d'autre place ponr lui.

LE PERCE- OREILLE (Forficula auricolaris)

Noms patois, — Croyance, — Superstition Cu' fourché (E.) ; cure-oreilles.

Si les perce-oreille pénétraient dans roreille d'une personne, ils la feraient mourir en mangeant sa cervelle pour sortir par Tautre oreille.

Lorsqu'on trouve des perce-oreille dans un appartement, on les tue (E.).

Cf. dans Souche, Prov.^ p. 23, une croyance poitevine analogue ; dans l'historiette qu'il raconte, le perce-oreille ayant mangé la cervelle d'une jeune fille était devenu énorme.

LE POU (Pediculus CBuvioais)

Noms patois

P(mé, pi. pouées, berdin, loulou (terme enfaptin.) L'œuf de pou se nomme îende. Si on se trémousse parce qu*on a des poux, on dit qu'on se heîute (E.), qu'on se limorgne, ou qu'on les fait « changer de pâturage » (S.-D.).

Proverbes et Dictons

— Il est de la race des pouèes^ qui ne hervent (crèvent) que quand on les tue (S.-C).

— Gratter un pou pour en avoir la peau (M.), c'est-à-dire être extrêmement avare.

Cf. Rolland, p. 2(4, proverbe similaire.

— Faix d'pouées (S.-D.), terme injurieux.

Croyances et Superstitions

Quand on rêve dans les poux, c'est signe d'argent (S.-C):

On prétend à la campagne que les poux mangent le mauvais sang. J'ai connu des fermières très-propres, qui peignaient régulièrement leurs enfants, mais avaient soin de leur laisser deux ou trois poux sur la tète (E.).

Cf. Rolland, p. 255, et Desaivre, Croy.^ etc., p. 11.

Qpand les petits enfants ne veulent pas * se laisser peigner, les mères leur racontent Thistoire d'enfants pouilleux que les poux ont traînés à la rivière par les cheveux pour les noyer (M., P.).

Cf. dans Rolland, p. 2$$, deux dictons analogues (Lorient et Côte-d'Or) ; cf. aussi Souche, Proverbes^ p. 20 (Poitou).

En Anjou, on croit qu'il y a des gens qui peuvent donner des poux par ensorcellement, sans qu'on puisse s'en débarrasser. Cette croyance existait jadis en Haute-Bretagne.

Cf. Rolland, p. 256 (Champagne).

D y a nombre de plaisanteries sur les poux. A Ercé, on appelle les résilles des cages à pouéeSy ce qui fait un calembour, poils et poux se prononçant presque de la même façon que poux.

Avions cor des poue^^. — Vère, je n'en ai pas tant comme Van passé, mais V sont hen p'us biaux (M.).

Dans ma Littérature orale, p. 398, j*ai raconté comment la ville de Collinée fut pavée avec des poux ramassés dans une commune voisine.

LA PUCE (POLBX I&RITÀNS, L.)

Proverbes et Dictons

— Il n*y passerait pas une puce à genoux (M.).

— Donner son cœur au bon Dieu et son eu es puces (E.) (aller se coucher).

Cf. Rolland, p. 261.

— r n'vaut pas les quat'e fers d'une puce.

— Fort comme une puce.

Cf. Rolland, p. 2 $8.

— Garder une vannée de puces au soleil (M.) ; faire un ouvrage difficile.

Cf. Rolland, p. 260 (pays basque, Corse).

Croyances, -^ Conte

Si on rêve de puces, c'est signe de dispute (S.-C).

C2^and elles piquent dur, cela annonce la pluie.

Lorsqu'on est piqué par les puces, on les maudit, et on dit :

Va-t'en à la bonne sœur qui t'a inventée 1

On raconte qu'une bonne sœur, qui n'avait rien à faire, inventa les puces pour se distraire <S.-C.).

Dans Le grand Coquelicu (Contes des Marins^ 09 xv), il est parlé du grand roi des puces, qui vire le soleil avec son chapeau.

LE SCARABÉE (C&rasus)

Nom patois, — Formulette

Cdlosse (S.-C).

On dit aux scarabées en les retournant avec un brin de paille :

Câlosse, Si tu colosses bien, Tu auras du pain ; Si tu câlosses mal.

Tu auras de la hallebarde.

LE STAPHYUNX (Staphyunus)

Noms patois. — Croyances. — Formulette

Pique de v'iin, fém. (S.-C.) ; tancheîaie (E.).

Qijand la tancheîaie se colère, sa queue devient blanche ; la vache piquée par elle crève (E.),

En l'écrasant, on dit :

Pique de v'iin.

Tu cherches ton pain ; Tu es infernale dans mon jardin.

Quand je te vois, tu me fais frémi' ; Pique de v*lin, j*vas t'faire mouri* (S.-C).

Cf. dans RoUaad, p. 326, une légende irlandaise et les noms où le staphylinx est qualifié d'animal diabolique.

LA. TIQ.UE (IxoDBS ucmus, Latreille)

Noms patois. — Proverbes et Dictons

Berhion (S.-D.); tarague (M.) ; taraque (S.-D.) ;, nauvette QA,); pass (S.-D.).

— Plan ou rond comme une tarague (M,, S.-D.).

— Raide (saoule) comme une taraque (S.-D»),.

en parlant des vaches.

— £la (cela) est foutu comme eun pass au eu d*un chien (S.-D.), c'est-à-dire mal fait.

La nouvette se nourrit sur la fougère ; on dit d'un pays pauvre qu'on y fait des pâtés de nouvettes (D.).

LE VER DE TERRE (Lvmbricxts, L.)

Noms patois

Bu:^in (Tréveneuc) ; buyin (Plérin); dchée (E.).

Les marins appellent par plaisanterie les laboureurs des coupoux d'huT^ins (Tréveneuc). Cf. le breton trodher hu:(uk,

VER LUISANT (Lamytris noctzluca)

Noms patois

Chandelle de nuit (E.) ; vie éclairaus (Saint- Aubin) ; luré (P.).

UTE-BRETAG

Sufeniitions

Les vers luisants servent de chandelle, sans botiger de place, à l'Ëckirous. C'est un prêtre qui a perdu une hostie dans le ruisseau, d'où elle est allée dans un étang. Qijand on voit un feu follet, on dit ; VoUà encore le prêtre qui court après

Cf. It iicpilH iv laïUns, l. I, p. i(0 du priseot 1>TR.

On croit que ce sont les chenilles vertes et non les lampyres qui éclairent la nuit (P.), '

Les lurés font peur aux peurous (peureux), ce qui veut dire qu'ils ne sont pas bien redoutés (P .) .

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