‹ Traditions et superstitions de la Haute-BretagneChapitre 18 sur 47 · LES ARBRES · texte numérisé non relu

LES ARBRES

§ I. — GÉNÉRALITÉS

ANS la première partie de cet ouvrage, j'ai déjà parlé du culte des arbres. Mais ils figurent aussi dans la superstition, dans les coutumes et dans les contes, ainsi qu'on le verra aux monographies.

Voici quelques croyances relatives aux arbres en général. Ils meurent quand ils ont été piqués par un reptile. On peut aussi les faire périr en enterrant au pied un chat crevé, en versant du sang menstruel de femme ou du lait baratté.

En patois gallot, le mot arbre, comme le latin arbor dont il dérive, est la plupart du temps féminin.

s IL — MONOGRAPHIES

L'AJONC (Ulex, L.)

Nortts patois

Jan (M., S.-D., E.); piquets de jan (P.); hêdin (Morbihan, G. g.); Jande > (lisière du pays bretonnant). La pièce de terre semée d'ajoncs se nomme jdnnaie (M.) ; jaônée (S.-D.) ; jeannette (M.) ; jaônette (P.).

Superstition et Cri^ance. — Contes

. Si le manche du pilon de la baratte est d'ajonc, 4es sorciers ne peuvent ensorceler le beurre (E.).

Mieux fleurit l'ajonc, meilleur sera le blé noir dans l'année (P.).

H est parlé d'ajonc dans deux de mes contes : Ceiuiqui coupa la tête d*un jan, n© xlix, 2^ série, et Le Pertus es Fêtes , no ix.

LE BOULEAU (Betuia, L.)

Noms patois. — Croyance Boula (M.) ; botûé, bouliau, pi. houliaoux (£.).

Q^and un enfant est faible, on met des feuilles de bouleau à dessécher dans le four, puis on les place dans son berceau (£.).

LA BRUYÈRE (Erica, L.)

Noms patois. — Pronostic

Bruère (M.); hérière (S.-D.) ; béruère (E., P.); hricane (E.).

Plus la hruyëre est rose, meilleure sera Tantiée en blé noir (P.).

LE CERISIER (Cbkasvs, T»>

Noms patois

BadieTy hadiîier, hadolier (M., P.); hadusiery hadisUr (Saint-Briac, P.) ; hadinier (Tréveneuc) ; cerisier de gogue (E.). Le fruit de la cerise douce se nomme badieQA.y Saint-Brieuc) ; hadue^ badtises (Saint-Briac) ; badein (Tréveneuc). Cf. le breton bàbueriy pi. bàbue.

Avec les cerises sauvages, on fait une sorte de confiture d'un noir violet, d'un goût assez agréable. Elle est connue sous le nom de badiolet

(D.) ou lohon.

Dictons

— Peser des badies ; s'endormir.

— C'est le panier aux cerises : les plus fins y

:Sont pris (£.). Ce proverbe est appliqué aux gens qui essaient infructueusement de restreindre leur famille.

LE CHÂTAIGinER (Ostaiiba, T.)

Noms patois. — Proverbes

Châtean-mer (M., E., P., Tréveneuc); chd- Unier (Tréveneuc) ; le fruit, chdtangne (M.) ; chantat^ne (S.-D.) ; Tenveloppe s'appelle h^ue (E.) ; We(P).

— - Année de châtaignes, année de blé noir (E.).

— Il a les yeux gros comme des bogues de diâtaignes (E.).

Croyance

Si on mange des châtaignes crues, on aura des poux (£.).

Croyance analogue en Poitou cf. Souche, Cray., p. 30.

Qjiand i' pleut le jour Sainte-Ânne, r n*vient point d'châtangnes (P.).

LE CHÊKE (QnB&cus, L.) Noms patois, — Proverbes et Dictons

ChUne (P., M.); chéno, petit chêne (E.). Qn nomme chênaie un lieu planté de chênes.

— Abattre un chêne pour faire yne cuiller (£.). Être prodigue.

Année de glands.

Année de pomm' en suivant (P.).

— Haut comme un chêne (E., P.).

On dit que le chêne est le roi des arbres, parce qu'il vit le plus vieux, d*où ce dicton :

Cent ans à venir, Cent ans sur pied.

Cent ans à s'en retourner (D.).

Médecine champêtre. — Croyances

On préserve les vaches de la cocotte en leur mettant au cou des colliers de chêne (E.);

Q}iand on a mal au ventre, on rôtit des glands,, et on les prend comme du café (S.-C).

Il y a un jeu qui s'appelle planter le chêne, faire le chêne fourché, ou le chêne piqué. Il consiste à se planter sur la tête et à s'y tenir le plus longtemps possible, en ayant les jambes écartées de manière à ce qu'elles forment un V.

LE COUDRIER (Cortlus, T.)

Noms patois. — Proverhes et Dictons

Keudôy fém. (P.); heudre, fém. ; queute, fém^ (S.-D.); la noisette se nomme petite néoué (M.); no^ d*qmuU (S.-D.).

— Année de noisettes, année de bâtardiaux:

(bâtards) (E.).

Cf. Souche (Poitoa), Crcyances, p. 6.

MiPiM

Le jour Saint- Jean, la pluie Rend la noisette pourrie (H.).

Croyances et Superstitions

Quand on brise avec le petit doigt de la main gauche une baguette de coudrier, on se marie dans Tannée.

La baguette de coudrier est très-bonne pour conduire les vaches méchantes.

Q.uand les ruches ont été frottées avec de la feuille de coudrier, les mouches y entrent plus volontiers (E.).

Si on prend une baguette de coudrier en forme de fourche^ et qu'on la tourne du côté où Ton a sa bonne amie ou son bon ami, si on est aimé, elle baisse d'elle-même vers la terre (E.).

Les sourcterSf ou gens qui ont le don de découvrir les sources, vont dans les champs couper une baguette de coudre, la placent sur le bout de leur petit doigt et la balancent ; à l'endroit où elle tombe, il y a une source (P.).

Pendant la nuit de Noël, dans chaque troussée (buisson) de coudre il y a une branche qui se transforme en rameau d'or ; mais pour la cueillir, il faut pouvoir la couper avant que l'heure de minuit ait achevé d'être sonnée. Si on ne réussissait pas, on serait enlevé. Cette baguette égale, dit-on, en pouvoir celles des plus grandes fées (P.).

L'ÉGLANTIER (Rosa cairma, L.)

Noms patois. — Jeux

Rose de chien (M., S.-D.); pisse de chien (S.- D.); ergancié (P.).

La baie rouge de l'églantier s'appelle booif ou hceuy à cause de sa couleur. Les graines qui sont dedans sont» disent les enfants» des poux (S.-C.)- Bs s'amusent à en tirer les graines, qui sont armées de petites pointes, et à les introduire entre la chair et la chemise, pour faire les personnes se gratter (M.).

Ils s'amusent aussi à les mettre en ligne et à se disputer à qui aura le plus de bœu£s (P.)-

L*ÉPINE (CnATiBOus, L.)

Croyances et Superstitions

L'épine blanche préserve de la foudre. C2jiand il tonne, il faut se réfugier dessous (S.-C). Au moment où il commence à tonner, on va cueillir des branches qu'on porte dans la maison (P.).

Cf. nne croyance analogue dans Laisnel de la Salle, 1. 1, p. 60.

Qpand les vaches ont des pourritures aux pieds, il faut les conduire avant le lever du soleil devant une épine blanche (Plénée-Jugon).

Cf. le tome I*', p. 63 du présent livre.

On mène aussi devant des épines blanches les personnes atteintes de la fièvre ^.)-

Cf. Monnier, p. 389.

Vipine dans les contes

La méchante belle-mère d'Euphrosine (La fille mix bras coupés ^ i« série, no xv) force sa bellefille à grimper dans une épine ; mais elle s'enfonce dans le genou une épine. Elle s'alite, et l'épine croît et finit par traverser le toit de la maison, où elle fleurit.

LE GENÊT (Gbnista, L).

Noms patois L'enveloppe des graines de genêt s'appelle gueussiaux de gènes (P.) ; un lieu planté de genêt, gmetaie (M.) ; geneta (E.). La sève qui sort du genêt se nomme copié de coucou (P.) ; crache de coucou (S.-D., P.). On croit que c'est le coucou qui crache et la fait venir (P.).

Proverhe. — Croyances et Superstitions

— r n'frappent point es contre-hus (portes extérieures) de genêt (Ploubalay). Ce proverbe, qui s'applique aux prêtres, veut dire qu'ils visitent plus volontiers les riches que les pauvres.

Les sorciers ne peuvent ensorceler le beurre quand le pied de la baratte est en genêt (E.).

3l6 TRADITIONS ET SUPERSTITIONS

La pellicule du genêt la plus rapprochée du bois est bonne pour guérir les coupures (E.) ou pour étancher le sang (P.).

Deux saints populaires en Haute-Bretagne ont maudit le genêt : saint Melaine, parce qu'il avait été fouetté avec par sa mère; saint Qiiay, après avoir été battu avec des bâtons de genêt. Aussi il n'en pousse plus ni à Brain, ni à Saint-Qjuay.

Cf. Guillotin de Corson, Redon^ p. 19-20; Jollivet, t. I, p. 107.

LE GUI (ViscuK, T.)

Nom patois. — Superstitions et Coutumes

Guen (Saint- Aubin-du-Cormier).

Le gui qui croît sur les épines noires guérit ceux qui tombent d'un mal (les épileptiques).

Le plus recherché est le gui de chêne. On dit qu'il se vend au poids de l'or (S.-C). Il y en a qui viennent de bien loin pour en chercher (P.).

Le gui mélangé à la nourriture àts chèvres et des vaches leur fait donner du lait (E.).

Cf. Pline, dté par Gaidoz, p. 8.

Le gui d'épines blanches passe la fièvre (E.) ou la colique (P.). On le fait bouillir.

En Haute-Bretagne, on met au-dessus de la porte des auberges une branche de gui de pommier ; il est d'usage en plusieurs pays de la renou-

vêler à chaque tonneau de cidre nouvellement mis en perce. Si le cidre est nouveau, on met une pomme au milieu du gui.

Le gui cueilli sur les épines passe le jaunisse* On le met à sécher au-dessus de la crémaillère et, quand il est complètement sec, la maladie est passée (£.).

Sur le gui, on peut consulter H. Gaidoz, U Religion gauloise €t le gui de chêne. Paris, 1880.

LE HOUX (Ilbx, L.)

Noms patois. — Croyances

Heussd (S.-D.); haussa (M.); houssard (P.).

Le houx est consulté pour savoir si on se mariera ou non. On dit en touchant chacun des piquants : « Fille, femme, veuve, religieuse, » ou : « fils, homme, veuf, religieux ». C*est le dernier piquant qui donne la réponse (M.).

Les enfants de la campagne s^amusent à cueillir des feuilles de houx ; ils disent que ce sont leurs vaches. Autant de feuilles, autant de vaches ; ils les attachent à la queue les unes des autres et les traînent (P.).

LE LAURIER (Laurus, T.)

Nom patois, — Superstitions

On dit assez souvent rollier au lieu de laurier. Si, après avoir récité un Pater et un Avey on

3l8 TRADITIONS ET SUPERSTITIONS

prend une feuille de laurier-palme, et qu'on la itaette sous son oreiller, on voit la nuit celui ou celle qu'on épousera; mais il ne faut parler à personne (E.).

Pour se guérir de la fièvre, il faut, le dimanche^ au moment où le prêtre se lève pour l'évangile, faire une croix avec du laurier et la mettre sur la poitrine de celui qui tremble 1^ fièvre (P.)*

Pour préserver les bestiaux des maladies, on suspend à, la porte des étables une branche de laurier béni (P.).

LE LIERRE (Hbdera, L.) Noms patois. — - Proverbe, — Médecine populaire

LUri (P., E.); liri (P.); Uyère (P.); brou (E.) ; lieras, accumulation de lierre (E.).

— Se coller comme un lierre.

Q.uand une personne veut faire sortir le mauvais sang, elle n'a qu'à prendre du lierre de muraille et à le mettre sécher dans un four.

QjLiand il est bien sec, elle s'enveloppe dans un drap parmi les feuilles séchées (P., E.).

LE NOYER (JvGLAMS, L.)

Noms patois

Nouyer (E., M., P.); certaines grosses noix se nomment cadrolks (M.).

Superstitions et Croyances

La feuille de noyer chasse les puces (E.). Si on en met dans son lit, les puces sont attirées par l'odeur ; mais dés qu'elles les ont touchées, elles meurent.

Croyance analogue en Poitou (cf. Souche, Croy., p. 27, et Desaivre, Le Noyer et le Pommier, où Ton trouve de curieux détails sur ces deux arbres).

Sous les noyers il y a des sourds (E.).

Les cochons dont les étables sont trop proches des noyers périssent ou ne profitent pas (P.).

Si les noyers ne rapportent pas, on les gaule violemment quand ils sont en sève (E.).

Q}iand les vaches sont caquineSy c'est-à-dire ont la courée (chorée) tachée, on les frotte avec des feuilles de noyer, et leur caquinerie n'est plus apparente (P.).

Dans Jean des Merveilles (Contes des Marins^ no xn), une fée qu'il a protégée lui donne une coque de noix qui devient à volonté navire, coffre rempli d'or, etc. Misère (Litt, orale, p. 177) demande que son noyer soit à l'abri des pillards.

LE POMMIER (Malus, Lamarck)

Noms patois

Pounùer, ente (£.)• Les pommes qui tombent les premières s'appellent chdtunes (M.).

mmmamm

Proverbes

Si rsoula ra la veille de Noué, Des pomm' à volonté.

Année de glands.

Année d'pomm* ensuivant.

A la Saint- Jean, Qîii voit une pomme en voit cent (M.).

Si pendant la procession des Rameaux le vent vient du bas, il n'y aura pas de pommes.

Si le vent est dans le haut

Le jou' des Ramiaux,

Faut rincer les tonniaux ;

S'il est soulair (sud),

Faut baïre à plein verre ;

Et s'il est dans l'bas.

Fout' les tonnes dans n'un tas (E.).

Superstitions

Pour savoir de quel côté on a sa bonne amie, on met des pépins dans un chapeau ou dans sa main, et on les secoue ; le côté pointu du pépin indique où est la bonne amie ; on dit :

Pépin, pépin, Tourne- toi, vire-toi.

Par où le pépin tournera La bonne amie sera (S.-C).

On le serre aussi entre le3 doigts, et on dit : Pépin ici, pépin-ilà.

Où que l'petit pépin -là ira Ta bonne amie y sera (P.).

Si on mange des pommes vertes, on attrape •des poux (P.).

Vers la mi-septembre, on cueille dans les champs une trouchée de cinq ou six pommes, et on les suspend dans le cellier pour qu'elles attirent à elles le venin. A mesure que les pommes ^e détachent de la branche, on les jette dans le feu. Si quelqu'un en mangeait, il deviendrait malade, car elles sont venimouses (Plénée-Jugon).

Ailleurs on ramasse une trochée de pommes. Si -elles se tiennent ensemble et ne tombent qu'à l'hiver, c'est signe qu'il n'y aura personne de malade à la maison (P.).

Pour se guérir des verrues, on prend une pomme aigre; on la coupe en deux, puis on se frotte avec la main qui a des verrues. On jette les morceaux dans le fumier, et, à mesure qu'ils pourrissent, les verrues tombent (P.).

Cf. Souche, Prov., p. 48.

Le cidre fait dans le décours est le meilleur.

Il y a des pommes qui font pousser des cornes, que d'autres détruisent (Les Cornes enchantées, jre série, n® v). Dans Le mariage de Jean le Dioty no XX, le roi remet à son petit-fils une pomme avec laquelle il doit découvrir son père.

Plusieurs contes parlent de pommes difficiles à

cueillir; telle est la pomme qui chante, dans un conte inédit intitulé UOiseau de vérité, Jean le soldat (Contes des Marins^ n® xxi), doit aller cueillir des pommes dans un verger gardé par des géants.

LA RONCE (RuBUs, L.)

Noms patois, — Dicton

Éronce (M., P.); les fruits se nomment mores (M.) ; moules (P.)

Les moule' en au (août) Valent des pruneaux ; Les moule* en s'temb*e (septembre) Valent des irangnes.

On n'en mange pas après août, car il y a des vers dedans.

Superstitions et Croyances

Si une ronce s'accroche à la robe d*une femme, c'est qu'un veuf pense à elle (D.).

duand les premières moules ne valent rien, le blé fait après ne vaut rien non plus; si les deuxièmes sont bonnes, le blé fait la seconde fois sera bon (P.).

Jadis les ronces tenaient auberge; mais elles firent crédit à tant de monde qu'elles ne purent payer leurs créanciers et furent obligées d'aller chercher leur pain. C'est depuis ce temps que les ronces accrochent les gens pour tâcher d'être payées (P.).

LE ROSIER (RosA, L.)

Le rosier dans les contes

La Rose {Contes des MarinSy no ni) a dans une boîte d'argent une rose qui fait ressusciter les morts si on la leur passe sous le nez.

Dans Blanche-Neige {Contes des Marins y no xiv), qui au début seulement ressemble au célèbre conte de Grimm, chacune àts jeunes filles a son rosier, et elles les transportent partout avec elles, même à bord des navires.

LE SAULE (Salix, L.)

Noms patois — Superstition

Saudre, sa^id^e, fém., saute (V.); seude (S.-D.). Les chatons se nomment chats (Plouvara).

Pour voir avec qui on se mariera, il faut mettre sous son oreiller un morceau de la seconde pelure du saule, la plus rapprochée du bois (E.).

LE SUREAU (Sambucus, T.) Noms patois

Su (M.); seû (P.); haoâ bouée {S.-D,, P.).

Superstitions

Si on met des branches de sureau dans les endroits où les taupes boutent, cela les chasse (E., P.).

Le sureau planté autour des maisons les préserve des maléfices et écarte les serpents. Quand on fait une litière neuve, on met sur le sol, en dessous de la paille, des branches de sureau pour garantir le bétail des maladies et des sorcelleries (P.)-

Si on frappait les bêtes avec des branches de sureau, elles ne feraient jamais bien après, et si l'on en frappait les cochons, ils crèveraient (P.)«

En frottant les verrues avec de la graine de sureau, on les fait s'en aller (P.).

Cest avec la tige de sureau dont la moelle a été préalablement enlevée que les enfants font des jouets qu'ils appellent taponnouèrCy taconnoire. Cet instrument, connu en beaucoup de pays, était populaire du temps de Rabelais, qui l'appelle une « sarbataine de seu ».

LE TREMBLE (Populus tremula, L.)

Nom patois. — Superstition

Treniblier (P.).

Si la feuille du tremble cessait de trembler, la fin du monde viendrait.

Tant que le tremble tremblera, Le monde existera (E.).

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