‹ Traditions et superstitions de la Haute-BretagneChapitre 19 sur 47 · LES PLANTES · texte numérisé non relu

LES PLANTES

§ I. — GÉNÉRALITÉS

£ ne crois pas que les paysans gallots connaissent par leur nom plus de trois cents plantes. Je n'ai pu me procurer que ceux de deux cents environ, dont une partie seulement est l'objet de superstitions ou est employée pour la guérison des bêtes ou celle des gens. C'est en eflfet leur côté le plus important ; toutefois on tire des augures de plusieurs plantes, et même parfois on croit qu'elles peuvent aider ou gêner la sorcellerie.

Si une personne a été tuée et que son sang ait

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rougi la verdure, l'herbe ne repoussera plus à l'endroit où il a coulé.

Cf. sur cette croyance le t. I^', p. 38^, du présent livre.

Les plantes marines ne sont, à ma connaissance du moins, l'objet d'aucune superstition.

Dans un conte (2« série, n© xvi), l'homme de mer est couvert de varechs verts et de libères (fucus). Le pilote de mer (Contes des marins ^ no xix) est aussi couvert de varechs.

LES HERBES ItlAGiaUES

Marcher sur l'herbe d'oubli ou d'ohîi est une locution fort employée à la campagne, pai connu plusieurs personnes qui affirmaient qu'elles s'étaient égarées pour avoir marché dessus. A Plévenon, l'herbe d'oubli se trouvait sur la lande du cap Fréhel. A Ercé, c'est dans l'épaisseur des forêts qu'elle est cachée.

Cf. Revue germanique^ t. XV, 1861, p. 26, article de M. Bandry. Sur cette croyance, qui est très-rèpandue en Basse-Bretagne, cf. Le Men, p. 422 ; elle passe pour être la demeure d'un esprit malfaisant. En Normandie (cf. A. Bosquet, p. 386 ; Mélusiney col. 13, 46, 172); en Poitou (Souche, Pnw., p. 34); en Franche-Comté (M«/., col. 349), elle est aussi connue.

D'autres font entendre le langage des bêtes.

Les deux chiens Il y avait une fois deux métairies voisines qui

chacune étaient gardées par un chien ; Tun des fermiers nourrissait bien le sien, au lieu que l'autre lui donnait plus de coups de bâton que de morceaux de pain.

Un jour un homme qui s'était arrêté dans un champ avait pris une poignée d'herbes pour se torcher le derrière, et au moment où il la tenait <lans la main, il entendit les chiens qui se parlaient :

— Ton maître, disait le chien qui était bien nourri, va être volé cette nuit.

— Cela m'est bien égal, répondait celui qui ne recevait que des coups de bâton ; je ne le défendrai pas : il ne m'a pas donné à souper.

L'homme à ce moment jeta sa poignée d'herbes et, au lieu de comprendre ce que disaient les chiens, il n'entendit plus que leurs aboiements.

Les voleurs survinrent dans la nuit, et comme le chien n'avertissait pas ses maîtres, ils furent volés.

(Conté en x88o par François Jldarquer, dé Saint-Cast.)

J*ai recueilli aux environs de Moncontonr une légende assez ■semblable ; mais l'homme avait pris l'herbe d'oubli qui £ùt entendre le langage des animaux, si on ne sait pas qu'on en a pris. Il cessa de comprendre quand on lui eut dit qu'il avait touché l'herbe d'oubli.

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§ n. — MONOGRAPHIES

L'AIL (Allium, L. )

Médecine populaire

iN met au cou des enfants un collier de gousses d'ail pour les préserver des vers.

Si les vers « leur pissent au cœur »^ on leur fait manger de Tail (E.).

L'ANIS (PlHPIMELLA ANISUM, L.)

Croyances et Superstitions

L'anis fait péter ceux qui en mangent ou qui le prennent infusé.

L'anis a la vertu de couper le fer. Le pivert, qui a le bec si dur, va se frotter le picot sur cette herbe, et après il traverse facilement le bois(P.)^

Cf. Laisnel de k Salle, t. I, p. 207.

L'AVOINE (AvEHA, L.)

Noms patois. — Proverbe

Avène, avoine, aveine. Lai folle avoine (avena steriîis, L.) se nomme havron (M.).

A la Madeleine,

La faucille à Taveine.

SupersHtion

Un sorcier, pour faire du mal aux hommes, avait demandé du lait de femme. On lui donna de la bouillie d'avoine ; il jeta le sort sur les avoines, et elles séchèrent sur pied cette année-là (E.).

Cf. t. I, p. 336, un conte où cette sorcellerie est attribuée aux moines.

LE BLÉ (TRiTictm, L.) /

Noms patois Eté (t.) ; lieu (Plouvara).

Superstitions

En regardant un grain de blé, on y voit la figure de Jésus-Christ (E., D.).

Pour savoir le prix du blé, on consulte la caille (voyez ce mot). On peut aussi le savoir le jour du premier de Tan en mettant du grain à chauffer sur la tournette qui sert à retourner les galettes. Si le grain saute, c'est qu'il sera cher Tannée qui vient (E.).

Pour avoir du blé, les vieux allaient -arroser leurs champs avec des houteiîîées d'eau bénite. Cela ne se fait plus (P.).

Avec les chaumes de blé vert ou d'avoine, les enfants de la campagne font une sorte de petite musique qu'ils appellent sonnette ou bouè:(e; ils lui disent :

Sonnette, sonnette.

Si tu dis.

Je te donnerai du pain et du kit.

Si tu ne dis pas.

Je te couperai Avec un grand couteau d'acier (S.-C.).

Petite sonnette, Si tu ne sonnes pas.

Je te couperai nette, nette, Par la moitié (P.).

Sonne, ma petite sonnette ; Sonne, tu auras du beurre et du lait ; Si tu n'sonnes point, tu n* n'aras point (P.).

Cf. dans Desaivre, p. 3 et 4, Formul., deax formulettes que les «nfants 'du Bas-Poitou récitent en frappant sur l'écorce de firène pour faire des sifiËets.

2> lU dans les contes

Dans un conte intitulé Vadoyer, i" série, no LXiv, un homme qui n'a qu'un grain de blé en tire un singulier profit.

Dans un conte inédit de ma collection, les fées, pour dédommager un fermier du tort que leur troupeau lui a fait, font repousser le blé mangé en trois jours, et « sur le haut des épis viendront de nouvelles tiges qui porteront encore des épis. »

Le blé joue aussi dans les usages de moisson un rôle dont je parlerai longuement dans mon livre des Coutumes.

LE BLEUET (Cbntauxba ctamvs, L.)

Noms patois. — Médecine populaire

BUuvet (P.) ; hleu bleu (S.-C.) ; hluvet (Tréveneuc).

Si on fait boire à quelqu'un une infusion de bleuet) on lui donne la colique (£.).

L'eau-de-vie où Ton a infusé du bleuet est bonne pour les yeux (D.). Une infusion de bleuet, de séneçon, de cresson,, de sauge, etc., renouvelle le sang (P.).

LE CHAMPIGNON (Acuucus)

Noms patois, — Proverbe. — Superstitions

Potiron (M.) ; Jean-gorin (S.-D.).

— Jaune comme un potiron (S.-C).

On appelle les champignons des « ronds de sorcières » (E.).

Sous les gros potirons se trouvent des crapauds (E.).

LE CHANVRE (Cannabis, L.)

Noms patois

Chanv'ây fém. ; chambe, fém. (M., E.) ; fumelle (P.) ; c'est le chanvre qui fleurit et graine avant

l'autre et qu'on arrache le premier. Le chenevis se nomme chanuédy fém. (Tréveneuc); chanevé (G. g.) ; le lieu où l'on met le lin ou le chanvre à rouir rototié (S.-D.); rouitouère (M.).

Superstitions

Le chanvre fait enrager les gens qui ont été mordus par les chiens.

Quand les poules ont mangé de la graine de chanvre, elles cessent de pondre et se mettent à couver.

Il est d'usage de laisser le plus beau brin de chanvre pour l'oiseau Saint-Martin; c'est le martinet.

D'après Florent Ricbomme, cité par A. Bosquet, p. 219-220, le premier qui cultiva du chanvre voyait les oiseaux le manger ; il implora saint Martin, qui enferma pendant les offices tons les oiseaux dans une grange, excepté le martinet, qui ne faisait point de mal.

Il faut chanter en le cueillissant.

On les filandières s'endorment en le filant.

De même pour le lin; il y a des chansons qu'on chante en faisant cette besogne (E., S.-C).

Si on mélange au cidre de la graine de chanvre, celui qui en boit « dort comme une motte ».

Pour se faire passer le lait, les femmes boivent de l'eau dans laquelle on a mis du chenevis à infuser.

LE CHARDON (C:ua>uus, Gaertner)

Noms patois. — Médecine populaire

Chardron (M.); cherdon, chierdon, chierdron (P.).

Les chardons bénis (ce sont ceiix qui ont la feuille blanche et verte), piles et mis sur les bras pendant neuf jours ou neuf nuits, coupent la fièvre <E.).

LE CHOU (Brassica, L.)

Nom patois — Dicton et Croyances

Cheu (G. g.).

On dit d'un homme qui est séparé de biens ou <iont la femme a la maîtrise sur la maison : « Il est coiffé de la feuille de chou » (E.).

On prétend que les choux plantés après la Saint-Jean n^pomment point (E.).

Qjiand une vache est passée en dommage, on dit par plaisanterie à celui à qui elle appartient : « Les choux vont manger ta vache » (P.).

LA CITROUILLE (Cucurbita, L.)

Croyances

Les citrouilles piquées, c'est-à-dire mises en terre, le vei^redi saint deviennent grosses comme des ragoles (chênes d'émonde) (E.). Il en est de même du jour Saint-Georges (23 avril).

On porte des citrouilles à l'autel de la Vierge, quand elles ont bien réussi (£.).

La soupe faite avec les citrouilles se nomme soupe de jotte (£.).

Il est parlé de citrouilles dans deux de mes contes, 2© série : La Citrouille^ n© XLVni, et Cendrousey nP xxxi (citrouille devenant carrosse).

LE COQUELICOT (Papayer rbcas, L.)

Noms patois, — Superstition

Cocolicot (M.) ; feu sauvage (E.).

Si on s*amuse à trop prendre des coquelicots dans sa main, on gagne le mal appelé feu sauvage.

LE CRESSON (Mastvrtium, De Guidolle) Noms patois. — Croyance

Crasson (E.) ; berle (Morbihan, G. g.)»

Il y a des paysans qui croient que le cresson ne vient que dans les ruisseaux où Ton a roui du lin, et que c'est la graine de lin qui le produit.

LA CUSCUTE (CuscuTA, L.)

Noms patois, — Crcyance

Ff d'alouette (S.-D.) ; fi en. diable (E.) ; fil de la Vierge, fi* de coucou, fi ^alouette (P.) ; teigw (E.).

On prétend que c'est le diable qui a filé la cuscute pour perdre les trèfles (E.).

LA DIGITALE (Digitalis, T.)

Noms patois. — Proverhe. — Croyance

Gantelet (E.); cotiîhc (Bécherel); cotissoué, cotissiau (E.); nunu, nounou (P.)} ^^h floquet (M.); berlu (S,'D,) (cf. le breton herhi)\ la fleur seule, coquion (vers Loudéac).

— r chante comme un bourdon dan' un berlu

Les petits bergers s'amusent à faire cotir les fleurs des digitales ou à les enfiler dans des branches de fougère pour faire des croix (M.).

Si on met deux gouttes de digitale dans la boisson de quelqu'un, on le fait mourir (E.).

L'EUPHORBE (Euphorbia, L.)

Nom patois. — Croyance

Flanga (E.).

Si on se frotte les yeux après^ avoir touché de l'euphorbe, on perd la vue (S.-D.).

LA FÈVE (Faba, T.)

Noms patois. — Proverhe

Feuve (M., E., P.); la tige se nommQ fava.

— Il a mangé de la soupe de fèves : il voit double (S.-C).

En Poitou (cf. Sonché, Proverbes^ p. 2$), on dit d'une femme enceinte qu'elle a. mangé de la soupe aux fèves.

La fève, c'est le grain du diable (S.-C).

Dans les contes, il est; plusieurs fois question de fèves qui grimpent jusqu'au ciel (cf. La Fève^ ire série, no xii, et Litt. orahy p. 213).

LA FOUGÈRE (Pteris aqjjilima, L.)

Noms patois — Croyances

Feugière (S.-D., M.); fougière (M.); feùgueère ^Tréveneuc) ; feugière (P.).

Si on étête avec les dents le premier brin de fougère qu'on voit pousser, cela préserve des fièvres (E.).

Si l'on veut découvrir les trésors cachés, il faut la nuit de la Saint- Jean, vers minuit, ramasser de la graine de fougère. Le dimanche des Rameaux de l'année suivante, on répand cette graine dans l'endroit où l'on suppose que des trésors sont cachés (P.).

' LA FRAISE (Fragaria, L.)

Nom patois. — Médecine populaire

Frase (M., E.).

Si on se lave deux ou trois fois les mains avec du jus de fraise, on n'a plus d'engelures (D.).

LA JARNOTTE ou TERRE NOIX (Bukium

BVLBOCASTANCM, L.)

Niyms patois. — Croyance

Jednnoite QA.); jernotte (S.-D.).

On dit aux petits enfants : « N'en mange pas trop, ou tu auras des poux » (M.).

LA JOUBARBE (Sehpbrvivcm, U) Nom patois. — Croyances

Joubarde (E.).

Trois ou neuf feuilles de joubarbe données aux vaches à jeun, pendant trois matins de suite, les rendent amoureuses (E.).

La joubarbe guérit les ampoules des pieds ; on la pile avec de la graisse douce ; on l'applique sur le mal, et on lui dit :

Joubarbe, Guéris mes pieds du mal.

Je te donnerai de la salade ; Si tu ne les guéris pas, Je te hacherai avec mon couteau En plus de mille petits morceaux (S.-C).

Un jeune homme qui mettrait de la joubarbe dans sa poche, et la ferait sentir à une fille, la forcerait à courir après lui (Saint-Aubin-du- Cormier).

Jadis la joubarbe était employée comme Aphrodisiaque, ainsi II 22

que le constate Thiers, Traité des iupersHtionSy ch. xv : « On ne saurait exempter de péché... ceux qui mangent de la joubarbe ou joubarde, afin de rompre le nouëment de l'aiguillette dont ils sont affligez. »

LA JUSQ.UIAME NOIRE (Htosctaitos hicer, L.)

Noms patois. — Croyance

Herbe chevaline ou herhe es chevaux.

Pour faire les vaches se mettre en chasse, on n'a qu'à leur donner à manger de l'herbe chevaline. Elle agit aussi sur les autres animaux (P.).

LE LIN (LiNUM, L.)

Dicton

Si la plée (pluie) n'tombe pas Pendant les jours gras, Point de lin c't'année tu n'auras (E.),

Croyances. — Conte

Si on pile le lin sur le seuil de la porte, le cidre aigrit dans les celliers (S.-C).

On laisse parfois une poignée de lin dans un. coin du champ, sans l'arracher : c'est pour la chance (£.)•

Dans plusieurs contes des Jaguens, les Jaguens se baignent dans du lin qu'ils prennent pour la jner verte et bleue (cf. Litt. orale, p. 253).

LA MARGUERITE (Bellis pbrbnnis, L.)

Nom patois. — Superstition

Pdque (L.).

On TefFeuille pour savoir son sort, et l'on dit :

Fille, femme, veuve, religieuse ; Gars, homme, veuf, religieux.

Suivant les sexes, c'est la dernière feuille qui donne la réponse (E.).

LA MERCURIALE (Mercurialis aknua, L.)

Noms patois. — Croyances

Raniberge (M., E.) ; îamberge (P.).

Si les pommes ont traîné sur la ramberge, le cidre ne vaut rien ; il en est de même si les pommiers sont plantés dans un sol où il en vient beaucoup (E.).

Quand les vaches mangent de la Iamberge, cela les fait pisser du sang (P.).

LA MOUSSE (Till*a)

Nom patois. — Médecine populaire

Meûsse (P.).

Lorsqu'une personne s'est blessée, qu'elle a fait une chute ou qu'elle est enflée, elle se guérit en appliquant sur la partie malade un cataplasme de mousse bouillie dans du lait (P.).

LE NAVET (BKA.SSICA kavus, L.)

Noms patois. — Proverbe NaviaUy pi. des naviaoux (M., E., P.).

— Pâle comme un navet.

Jardinage, — Conte

Le jour Saint-Barnabe (ii juin), on plante les navets de quarante jours (E.). A la Sainte-Anue (26 juillet), faut faire des naviaux; i* viennent gros comme on les demande (E.).

Dans quelques contes gallots, il y est question de quatre-vingt-dix-neuf auberges qui se trouvent sur la route du paradis, et où Ton vend du poiré de mviaux à quatre sous le pot. Il est aussi parlé de cette plante dans le conte du Navet (jÂtt. orahy

L'ORTIE (Urtica, L.) Noms patois. — Médecine populaire

Ourtie, ortrie (Tréveneuc).

Quand on a des rhumatismes, on se frotte avec un paquet d'orties. De même pour empêcher les enfants de pisser au lit.

Si on voit quelqu'un s'approcher des orties en prenant de grandes précautions, on lui crie : « Les orties ne piquent pas aujourd'hui ; elles piqueront demain » (E.).

Si on a des ampoules au pied, on les frotte avec des orties pour les faire passer (P.).

Le jus d*ortie mêlé au lait de vache présente du mal de ventre (S.-C).

Pour calmer les maux de dents, on pile des orties, puis on y mélange du gros sel, et l'on applique ce cataplasme sur la dent malade (P.).

LA PARELLE (Rumbx crispus, L.)

Nom patois. — Médecine populaire

Vinette (oseille) de crapaou (Tréveneuc).

Si on a la gale, on pile de la parelle, du beurre frais, du sel, et l'on se frotte bien avec ce mélange. On guérit aussitôt; mais il paraît qu'il faut dire aussi une prière de conjuration (Saint- Aubin).

LE PERSIL (Pbtrosblimuu sativum, Ho£f)

Superstitions

Le persil fait casser les verres.

Planter du persil porte malheur; il faut le semer (P.).

Superstition analogue en Poitou (cf. Souche, Proverlts^ p. 25).

La graine de persil fait mourir les poux (P.).

LE PISSENLIT (Taiuxacum, Jossien, ou Taraxacum OFFICINALE, Villars)

Nom patois. — Proverbe. — Superstitions Pissmîet (M.).

— Jaune comme un pissenlit.

Qjiand le pissenlit est en graine, on en cueille un brin, et on souffle dessus pour savoir si on est aimé. Si toutes les graines s*envolent, c'est signe qu'on est très-aimé; s'il en reste quelques-unes, on l'est un peu moins; s'il en reste beaucoup, l'affection est faible (M., E.).

On s'y prend de la même manière pour savoir combien on aura d'années à vivre : autant de graines qui restent sur le pied, autant on a d'années à vivre (M.).

Pour savoir l'heure qu'il est, on souffle trois fois sur la graine du pissenlit; le nombre de graines qui restent donne la réponse ; s'il y en a de cassées, ce sont des demi-heures ou des quartsd'heure (S.-C).

Q.uand on ne se rappelle plus si on a dit ses prières le matin, on souffle sur la graine du pissenlit. Si on les enlève toutes, c'est qu'on les a dites (D.).

LE PLANTAIN (Plamtago lamceolata, L.)

Médecine populaire

Pour guérir les plaies, on emploie le plantaia lancéolé, dit herbe aux cinq coutures.

Si pendant trois matins de suite, étant à jeun>

on pisse sur du plantain, on est guéri de la fièvre (E.).

Q^and une personne a un dragon de sang sur un œil, elle doit, pour se guérir, piler du plantain mêlé à du gros sel, et s'en faire un cataplasme pour Toeil malade (P.).

LE POIS (PiSSUM SàTIVUM, L.)

Nom patois. — Dicton

Pas (M.).

Le jour de Sainte-Cécile, si on plante des pas y V vieiment comme des mâts (E.).

Médecine superstitieuse

Pour faire passer les verrues, on jette des pois •dans une fontaine au soleil levant. Quand les pois sont pourris, les verrues s'en vont (E.). Ailleurs, on prend une poignée de pois; on en frotte la verrue, puis, quand on ne voit personne, on va les jeter dans un puits en fermant les yeux (S.-C.)«

Cf. un remède analogue dans Laisnel de la Salle, 1. 1, p. lyj. Cf. aussi Thiers, Supers., ch. xxx, p. 321.

LE SAIGNE-NEZ (Achillea ioxlbfouum, L.)

Jeu

Les enfants se grattent l'intérieur des narines

avec des feuilles de saigne-nez et produisent ainsi une sorte de saignement. Parfois aussi ils se frottent la langue avec le côté rugueux de la plante pour la faire rougir et saigner (M., E.).

Ce jeu est connn en Poitou (cf. Souche, Proverbes^ p. 26), et sAnt dôme «iUeun.

LE SARRASIN (Poltgomum fagoptkum, L.)

Noms patois, — Dictons et Proverbes BU noir, blé na, bU né, bié na. Débris de blé noir vanné, freù.

— Année de châtaignes, année de blé noir.

— N*y a pas de bonne fouée sans freù (Plouvara).

Le blé noir fait dans le cressent ne réussit jamais.

Sème ton blé noir quand tu voudras, En quat' nuis (mois) tu Vkeudras (cueilleras) (P.).

LE SERPENTAIRE (Polygokum bistouta, L.)

Noms patois, — Croyance Pain de càleuve (M.) ; mangeaiîîe au serpent (P.)- On croit que les couleuvres s'en nourrissent et

qu'on trouve toujours dessous un reptile.

Au pied du pain de couleuvre, il y a une espèce

de navet avec lequel on se frotte quand on est

atteint de la goutte ou de quelque autre affection

semblable (P.).

SERPOLET CTmrmn sbrvtllum, L.)

Nom patois. — Croyanu

CherpouUt (P.).

Q^and une ménagère a du lait qui ne s*apprête pas comme elle veut, elle prend du serpolet et frotte la panne avec la feuille; aussitôt le lait s'apprête (P.).

Le parfum du serpolet chasse les puces (D.).

LE TRÈFLE (Twfoliom, L.) Superstition» — Croyances

Le trèfle à quatre feuilles fait gagner à tous coups aux jeux de hasard ; mats il ne faut pas savoir qu*on Ta sur soi.

Quand on en trouve, on se marie dans Tannée (E.).

Cf. Guy<mva*chf p. 212.

Si on a sur soi un trèfle à quatre, cinq ou sept feuilles, on est préservé des enchantements.

Cf. Laisnel de la Salle, t. I, p. 384.

Il ne faut pas semer la tremène (trifoUum repens, L., trèfle rose) un jour de la semaine où il y a un r, car elle ne viendrait pas (S.-C).

LA VERVEINE (Vauiu, L.)

La verveioe sert â attraper le poisson (E.)- Elle porte malheur (P.)-

VIOLETTE (Viou, T.) Midtâiu populaire. — Conte

La feuille de violette guérit les blessures (E.).

Dans le Bœuf d'or, 2« série, n» XL, la jeune fille que son père veut épouser lui demande une robe en fleurs de violettes sans couture.

Les chansons parlent assez souvent de la violette.

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