L'ORAGE
Nom patois, — Dicton
Aurage, Le verbe ^aurager existe aussi (E.).
Qpand il tonne ent' la Cateline et Noué, L'hivée e^t avorté (M.).
Devinette
Dans mon pré j'ai un puits, dans mon puits j'ai un seau, et dans mon seau j'ai un coq ; quand il chante, on l'entend par toute la France
— C'est le tonnerre.
Croyances et Superstitions
On prétend qu'un orage d'été dure neuf jours.
Quand le temps est à l'orage, les éphémères piquent plus dur (E.).
Le tounaire est très-redouté des paysans ; aussi ont-ils pour s'en garantir nombre de préservatifs.
les uns Orthodoxes, d'autres d'origine préhistorique.
. Quand il tonne, on allume dans la maison un cierge bénit à la Chandeleur (M., D.).
Même contame en Franche-Comté (cf. Mil,, col. 346).
Le laurier ou le buis des /Rameaux préserve aussi du tonnerre (E.).
Croyance analogne dans les Vosges (cf. Mil., col. 4$4).
Les tisons ramassés dans les feux allumés à la Saint-Jean ou à la Saint-Pierre préservent aussi de la foudre. Qjaand il tonne, on leur dit :
Tison de Saint-Jean et de Saint-Pierre, Garde-nous du tonnerre.
Petit ti«)n, Tu seras orné de pavillon (S.-C.).
On ramasse aussi un fragment de la bûche de Noël, qui a la même vertu préservatrice que les tisons de la Saint-Jean (P.).
On prend aussi à la main une chandelle bénite qu'on allume en récitant la formulette de Sainte- Barbe, etc., et l'on met une feuille de laurier bénit sur le bénitier (Moncontour).
Il existé contre la foudre des conjurations assez nombreuses :
Sainte Barbe, sainte Fleur, La couronne de Notre-Seigneur, Quand le tonnerre tombera, Sainte Barbe nous gardera (S.«C.).
Sainte Barbe, Sainte Claire, Préserve-moi du tonnerre (D.)«
Sainte Barbe, sainte Fleur,
La couronne de Notre-Seigneur,
Qjaand le tonnerre tombera,
Sainte Barbe me conduira
 la porte du paradis.
Pour avoir du pain bénit (Saint-Brieuc).
Ce dernier vers est ajouté par quelques personnes ; d'autres, après « quand le tonnerre tombera », se contentent de dire : « Sainte Barbe nous préservera ».
Cf. Mil.f col. 569.
Il y avait autrefois des gens qui mettaient dans leurs poches des pierres de tonnerre quand le temps était à Torage et qui récitaient, s'il tonnait^ une oraison en l'honneur de la pierre. £n voici deux qu'on leur adresse encore maintenant :
Pierre, Pierre, Garde-moi du tonnerre (S.-C).
Sainte Barbe, sainte Fleur A la croix de mon Sauveur, Partout où l'tonnerre ira Sainte Barbe nous gardera :
Par la vertu de cette pierre, Que je sois gardé du tonnerre (E.).
Cf. sur les pierres à tonnerre la p. 50 du t. I.
Le tonnerre ne tombe jamais sur une maison où se trouve une femme enceinte (M.).
La soie préserve aussi de la foudre. Quand un paysan a une cravate de soie et qu'il tonne, les autres lui disent : « Le tonnerre ne va pas te frapper; tu as de la soie sur toi » (environs de Bécherel).
Si on a sur son chapeau une branche de laurier bénit, on peut se promener sous Torage en toute sécurité (Hénon).
Le tonnerre ne tombe pas sur l'épine blanche,, parce que c'est avec ses épines qu'a été faite la couronne de Notre-Seigneur (P., E.) ; c'est à cette circonstance que fait peut-être allusion l'oraison : a Sainte-Fleur à la Croix, etc. »
Même croyance dans les Vosges (cf. Mil., col. 478).
Lorsqu'il se trouve près d'un village une épine blanche placée à côté d'une croix, au commencement de l'orage les gens vont chercher une branche de l'épine qu'ils placent dans leur maison pour empêcher le tonnerre de tomber dessus (P.).