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LÈS OISEAUX DOMESTIQ.UES

5 I. — GÉKÉRALITëS

l'inverse des mammifères, dont les plus riches au point de vue légendaire sont 'ceux qui vivent avec Thomme, les oiseaux domestiques m'ont fourni bien moins de faits que les oiseaux sauvages. Il est juste d'ajouter qu'ils sont en plus petit nombre, et le coq est le seul qui, en raison du rôle qu'il joue dans la sorcellerie rustique et dans les contes populaires, soit le sujet d'une monographie un peu étendue. Il est plus rarement parlé des autres.

Presque tous cependant servent à présager le

I 11.1 I ■ a I I I III ,

temps qu'il fera, et les paysans ont confiance en •ces pronostics. Ce rôle de baromètre n'avait pas échappa à Noël du Fail, judicieux observateur ^es coutumes de la campagne, et il le constatait en ces termes :

« QjLiand les poules ne se retirent sous le couvert pendant la pluye, d'assurance elle continuera. Les oyes et canes se plongeant continuellement <en l'eau sentent la pluye prochaine. »

. (NQël du FAa> 1. 14 p. 33.)

Ainsi qu'on le verra d-après, ces pronostics, auxquels croyaient les Gallots du xvi« siècle, sont -encore des articles de foi pour leurs descendants lacdiels.

A Matignon, on désigne sous le nomé&voUirre <vole à terre) l'ensemble des oiseaux de bassecour.

S n. — MONOGRAPHIES

LE CANARD (Anas domestica) Noms patois

Aux environs de Dinan, les jeunes canards se nomment cani, canoriy les jeunes canes canettes.

On donne aussi aux canards les noms de : gouri, gourèy gourin (D.).

Pour désigner les canards en général, on dit : « les canes ».

Pronostic

Qpand les canards se plongent à plusieurs reprises dans l'eau, c'est signe de pluie (S.-C).

Langage dont on se sert pour leur parler

On dit aux canards pour les appeler :

Gouri, gouri, gouri (M., E., P.).

Ou:

Hattaï, mon gonrin, Mon gouri, mon gouré ; Hattaï, mon coco (Calorguen).

Pour les faire se coucher :

Musse, musse, musse, Musse, mes petites.

Musse (S.-C).

A ma connaissance, le canard ne joue dans le.<r contes populaires gallots qu'un rôle épisodique ;. dans plusieurs récits où la fille du diable, de l'ogre ou du sorcier est poursuivie par son père parce qu'elle se sauve avec un homme, elle se change en cane et transforme l'homme en canard.

LE COQ. (Gallus domisticus)

Noms patois

Co\ pouliauy poulet, iplundpwiliaoux (E., M.); piopio (P., M.).

En chantant, les poules cadaquent (M.) ; trocohni (E.) ; quédaquent (Plouvara). Elles disent alors : Cot I cot I cot 1 cotas 1 (M.)

Ou:

Quédac 1 quédac (Plouvara).

Quand elles viennent de pondre, elles s'écoqaillent (M.). Lorsque le coq fait : quet 1 quet ! pour appeler la poule à pondre dans un nid qu'il vient de faire, il se met à écoà^locher (S.-D.).

Le coq chauche les poules (M.).

L'œuf qu'on laisse pour que la poule retourne

pondre se nomme Vénija (S.-D.), Vanijoir, le nichet ; fixer la poule dans un nid en y laissant un œuf se dit enijer (S.-D.).

Par suite de trop grands efforts pour pondre, la poule perd parfois sa ponoère (S.-D.) ou ponasse ^E.); son boyau se retourne et devient pendant.

La pépie se nomme poupie (E.).

Pour empêcher les poules de gratter la terre, <m les eng*llaounette en leur mettant aux pattes des entraves faites avec des ronces. Ces entraves :se nomment des g'IIaounés (S.-D.).

Les poules grabeîlent le fumier pour y trouver leur vie (S.-D.),

Les poules ont des noms d'après leur aspect extérieur : on appelle Petite clmpée celle qui a sur la tête une huppe ; Petite nère, la noire ; Petite poule hassettey celle qui est basse sur jambes; Poulette jaune, la jaune ; la VergeUe, celle qui est chinée ; la VérUy la Gâre^ la noire et blanche ; la Favoris^ celle qui a une sorte de barbe, etc.

Pour appeler les poules, on leur dit :

Petit 1 petit 1 petit I

Pour les chasser :

Cheù 1 cheù 1 (P.) Chou 1 chou-d 1 (S.-D.)

D*oû échouter les poules, les chasser.

Pour les faire se coucher :

Joug, joug, joug, Mes petites, Joug, joug I (S.-C.)

Quate, quate, quate (P.).

On appelle nijous de poules ou anijotous de poules les hommes qui s'occupent à des ouvrages <de femme.

. Langage du coq et de la poule

Trois coqs sont chacun dans Taire de fermes différentes :

Ah I que l'hiver est long I s'écrie le coq d'une moyenne ferme.

Nous le passerons, répond d'une grosse voix le coq d'un fermier cossu.

Ben en ahanant, dit d'une voix grêle le coq d'un petit fermier (E.) .

Cf. Sauvé, Proverbes bretons, n* 264.

— Que Thiver est long,

— Qjii qui rpass'ront ?

— Ceux qui pourront (P.).

Dialogue entre deux coqs :

Que l*hiver est long I

— Tébahis pas.

J'ai du blé dans mon gâspas (débris de paille)

— J'embrasse quand je veux.

— Tu es bien heureux I (E.)

— I* y a des filles à marier sez nous ;

— r s'marieront tantôt (P.).

Cf. Laisnel de la Salle, t. I, p. 205.

On traduit le langage de la poule par :

Je ponds pour Piques.

En Bcrry, la tiaduction est la même, sauf que Jacques est substitué & Pâques (Laisnel de la Salle, I, p. 222).

Proverbes et Dictons

— Au temps jadis où les poules pissaient par la patte (E., M.).

— Au temps jadis où les poules pissaient dans n'un bassin (E.).

Ces deux dictons, qui désignent une chose invraisemblable, sont assez fréquemment employés comme commencement d-^ contes.

— Les poules donnent les œufs par le bec (Penguilly).

— Le labour d'une poule : un petit champ (E.).

— Emprunté comme une poule do iun (un seul) poulet (M., E.).

— r fait d'z yeux comme une poule qui perce un sas (E.).

— Tendre comme une poule de deux jours (E.).

— Le champ oit chanter le coq. Il est près de la maison.

— Un bon coq vaut sept poules.

— Jamais bon coq ne fut gras.

— La poule n'ennoblit pas le coq (M.).

A la campagne, le coq est souvent employé comme désignant le mâle qui féconde, d'où les dictons suivants :

On dit à une femme qui n'a pas d'enfant :

Vot' co' ne vaut fen. — Vous n'ez point l'air d'avaï un bon co*.

D'un homme qui a beaucoup d'enfants, on dit au contraire : C'est un bon co' (E.).

— Il n'est ni de coq ni de pie (Calorguen). Il n'a pas d'opinion, ou il ne veut pas la dire.

— Honteux comme une poule mouillée (E.).

Dicton similaire en Poitou (cf. Desaivre, Croy.^ p. 25).

Poule qui chante,

Fille qui subie (siffle)

Ht coq qui pond,

A la maison tout y fond (E.).

Pou!e qui chante.

Coq qui pond.

Amène le diable dans la maison (P.).

Fille siffler.

Poule chanter.

Et coq qui pond.

Trois diables dans la maison (P.).

Devinettes Je ne suis pas cavalier, et j*ai des éperons ; j'ai une couronne, et je ne suis pas roi; je dédare la guerre, et je signe la paix (S.-C). *

— Le coq.

Cf. Rolland, D. 51.

En m'en revenant du bourg d'Ercé, J'ai trouvé un eu renversé Qli'avait un peigne sur la tête.

Devinez quelle bête (E.).

— Un coq.

Q^i a plus de mille pièces sur le dos sans une seule couture ?

— Une poule.

Qjai n'a ni chai' ni os.

Et qu'a une petite chemise blanche

Qfii n'a ni couture ni manche ?

' — Un œuf.

Cf. Rolland, D. 66 (Dordogne).

Une petite maison qui n'est ni liée ni chevronnée, et qu'est pleine diqu'au faîte.

— Un œuf.

Cf. Rolland, D. 64-6$ ; Cerquand, t. Il, p. 7$, E. 43 ; Sauvé, D. 44 ; Bladé, D. 97, xao.

Q}ii est-ce qui entre blanc et qui sort jaune ?

— Un œuf.

Cf. Thuriaolt, p. 21s ; Rolland, D. 61.

Croyances, Superstitions et Présages

Jjss œufis pondus le vendredi saint doivent Être mangés pour se dicarémer (S.-C.)*

Si les poules mangent de la graine de chanvre, elles cessent de pondre et se mettent à cottver

Si on jette les coques d'oeufs dans le feu, cela empêche les poules de pondre (P.).

Grojrance analogue en Poitou (cf. Soucbè, Fnw., p. 14).

Il y a des moments de l'année où l'on ne met pas les poules à couver. En mars par exemple, on prétend que la coque des œu£s est trop dure et que les œufs ne peuvent éclore.

Le nombre d'œufis qu'on met à couver ne doit pas être pair.

Snpentition analogue en Poitou (cf. Souche, Croj.^ p. 6; DesaiTre, p. lé).

Les poulets mis à couver le jour de la Saint- Jean sont plus beaux que les autres, et ils profitent mieux (E.).

Les coqs couvés par des pies chantent toutes les heures (S.-C). Les poules couvées par les pies ^ont méchantes (E.).

On met un morceau de fer sous les nids pour empêcher les poulets d'être tués dans l'œuf par le tonnerre (E.).

Si les couvées ne réussissent pas, on dit que c'est à cause des orages.

Cf. des superstitions analogues en Franche-Comté (Mél.f col. 371); en Poitou (Souche, p. 6).

Quand les poulets commencent à devenir grands, la poule va caqueter avec le coq et délaisse ses petits, auxquels elle répète :

Troquons, troquons.

Les poussins répètent :

Ça fait pitié 1 ça fait pitié ! (E.)

Si on donne du pain bénit à une poule, cela la rend enragée (E., P.).

Si on donne du pain aux poules, on prétend qu'elles sautent à la figure de celui qui le leur a donné (P.).

Qjiand on voit la poule faire la poudrettây c'està-dire se rouler dans la poussière, c'est signe de pluie (S.-C). Si, au moment où commence la pluie, les poules se hâtent de se ramasser, la pluie sera de peu de durée (P.).

Pendant les avents, les coqs folîenty c'est-à-dire qu'au lieu de chanter aux heures habituelles, ils chantent à toute heure. Ce changement d'habitudes est d'un mauvais augure, et on croit y voir un présage de mort. Cette superstition existe aussi dans le Morbihan gallot; voici, un peu

abrégée, la partie du conte intitulé Clémence de Cancoêt où elle est rapportée.

Clémence était une jeune fille qui servait <x)mme femme de chambre au château ; ordinairement gaie, elle tomba en langueur et dépérit. La cause de son mal était bien petite pourtant : ^lle avait entendu chanter le coq à minuit, ce qui, dans sa croyance, était une signifiance de mort, et elle n'avait osé confier cela à personne.

Une nuit que la cuisinière la veillait, le coq chanta.

— Allons, dit la Fanchon, T/7a cor nof coq qui Jolie; on voit ben qu'on est dans Vs avents... Heureusement que ça va finir ; demain f tenons J' dernier dimanche t et nof coq va s* régler.

— Cest'i sûr? demande Qémence.

— Sûr, répond la cuisinière.

Et à preuve elle lui raconte une histoire à la fin de laquelle elle ajoute que, si pendant les avents les coqs chantent à toute heure, c'est la mort des maitres qu'ils annoncent, et non celle des domestiques.

(Fouquet, Légendes du Morbiharty p. 138-146.)

En pays bretonnant, le chant du coq avant aiinait est 'd'un

sinistre augure ; il annonce la mort ou quelque calamité

(Galerie hreionnej t. I, p. i;9).

Quand les poules cJxintent le coq, c'est d'un mauvais présage. La poule qui chante ainsi chante

sa mort ou celle de soa mattre; on doit la tuer ou il arrive malheur (P., S.-C).

Q.uand une poule chante le co',

Il £siut la tuer aussitôt,

Ou elle crève comme un pot (S.-C.),

Superstition connue aussi en Normandie (cf. A. Bosquet,, p. 219 ; Mèlusine, col. 47) ; en Poitou (cf. Desaivre, Lt Coq, U PouU et l'Œuf ^ 1876); dans les Vosges (Mr/., col. 498); en Franche- G>mté (Perron, p. 19) ; dans le Berry (Laisnel de la. Salle, t. II, p. 238). Voyez aussi à ce sujet Roulin, Hist. na$.,, ?• 337 > Gubematis, Mythologie jpoiogique, t. II, p. 299.

« Cette superstition, dit-il, est très-répandue en Italie, ea Allemagne et en Russie, et Ton croit généralement qu'il fiuit tuer sur-le-champ la poule, si on ne veut pas mourir avant elle. La même croyance existe en Perse. »

On prétend que certains œufs plus petits que les autres sont pondus par les coqs ; si une poule les couve, elle fait éclore des serpents (E., M.). A Saint-Brieuc, on dit que ce sont des dragons»

Cette superstition est connue dans les Hautes-Pyrénées (cf.- E. Cordier, p. 34); en Normandie, où cet œuf se nomme eodrill* (ycjei de curieux détails dans A. Bosquet, p. 207); ta Berry (cf. Laisnel de la Salle, t. I, p. 196-198).

Quand un coq pond un œuf, il faut que celui qui voit Tœuf le premier crie : « Basélic ! basélic I » Si c'est le coq qui voit l'œuf le premier, il sort de l'œuf un haUlic ; c'est une sorte de bête qui mange les gens auxquels le coq appartient (S.-C).

Si un f/lin (reptile) attrape un œuf de coq et

qu'il le couve, il en sort une bote qui a des yeux tout autour du corps. Si elle voit un homme la première, il meurt immédiatement ; si au contraire un homme la voit, elle crève aussitôt.

Il y avait une fois une de ces bêtes qui était dans le fond d^un puits, et toutes les personnes qiii allaient y puiser de Teau mouraient sur-lechamp. Un monsieur des environs, qui en entendît parler, fit faire une glace qu*il plaça sur le puits ; il regarda dedans et vit la bête, qui creva aussitôt.

(Conté par J. M. G>nuialt, du Gonray.)

Quand on tremble les fièvres, il faut casser un œuf par vm bout et le porter dans une fourmilière : à mesure que les fourmis le mangent, la fièvre passe

Le coq et la poule dans les [superstitions et dans les

contes

Certaines poules noires sont fées. Voici, à ce sujet, une histoire que j'ai entendue en 1872.

Les enfimts d'un fermier qui venait de mourir se partageaient à l'amiable sa succession. Pendant qu'on faisait les lots, une poule noire rôdait autour des héritiers et chantait d'une Éiçon assez: distincte ces mots: « Qui qui m'prenra? qui quî m'prenra ? » (qui est-ce qui me prendra ?).

Un des enfants entendit le langage de la poule •et comprit qu'elle était fée ; aussi s*enipressa-t-il de la faire mettre dans son lot. Il la nourrit avec soin et n'entreprend, 'dit-on, aucune affaire sans la consulter (S.-C).

On dit aussi que les poules noires qui sont fées ou sorcières pondent tous les matins un œuf et une pièce de cent sous.

Les poules noires à crête rouge chient l'argent. Si quelqu'un a perdu de l'argent, les poules noires lèvent la tête en haut pendant la nuit ; le diable vient leur fourrer cet argent dans le eu ; les sorciers la rattrapent, et ils l'emmènent chez «ux.

On dit en proverbe : « Tu es comme une poule noire; tu chies l'argent », ou bien: « Il a une poule naïre qui lichie l'argent », ou : « Il a la poule noire ».

(Conté par Joseph Legendre, de Saint-Brieuc-des-I&, 1880.)

La croyance au pouvoir surnaturel des poules noires existe «nssi dans les Hautes-Pyrénées (cf. Cordier, p. 69) ; en Basse- Bretagne (cf. Souvestre> p. 187); en Berry (cf. Laisncl de la ■Salle, t. II, p. 240).

D'après Gïllin de Plancy, cité par Monnier, p. 672, le juif Samuel Bernard, banquier de la cour, mort à qualre-vingt-diz ans en 1739, avait, dit-on, une povile noire qu'il soignait «xtrèmement. Il mourut peu de jours après sa poule, laissant trente-trois millions.

Un homme qui passait dans un champ à trois

cornières, où il y avait deux échaliers à franchir, vit une poule noire qui se montrait devant lui chaque fois qu'il voulait passer un des échaliers. Cela lui fit très-peur (S.-C).

Quand on lève la charpente d'une maison, on tue un coq qu'on mange ; s'il n'y a pas de coq à la maison, c'est une poule qu'on tue (E.).

A la NeuviUe-Chant-d'Oisel, oa sacrifiait jadis un coq pour consacrer l'édifice (cf. Baudry, ap. Mèlusine, col. 12). Cette coutume existe aussi dans l'Allier, (Mèl., col. 72).

Voici ceux de mes contes publiés où le coq et la poule jouent un rôle : i^e série, Le Chat y no LVii ; — 2e série, Moitié de Coq, n» lxi ; Les trois petites Poules, no lxii.

Dans un conte inédit que j'ai recueilli à Saint- Cast, un petit garçon ayant mangé une poule qui appartenait aux fées de la Corbière, est changé en coq pour sa punition.

Dans deux contes inédits, semblables quant au dénoûment, mais qui diffèrent par les détails, un garçon, qui n'a pour héritage qu'un coq, va dans un pays où on allait chercher le jour dans des charrettes ; il dit aux gens que sa bête a le jour dans le gosier, et il la vend un bon prix.

I4d TRADITIONS ET SUPERSTITIONS

LE DINDON (Mblea<^is gallo rivo)

Nom patois. — Proverhe. — Conte

Co' d'Inde.

On dit : Orgueilleux comme un dindon. C'est pour cela que lorsqu'on veut \t faire agacer, on^ lui crie :

Plus rouge que toi 1

Dans Césarine, up xxvii, i« série, lliéroïné garde les oies et les dindons.

L'OIE (Amas amsbr dombstictjs)

Noms patois. «^ Langage

Un dit une houdSy au pluriel des houds âi aspirant 1'^^ Ceux qui se piquent de bien pailâ' disent une :(pie; on dit aussi dés cdsaques (M.)l Le mâle se nomme jds ; les petits des ptrotofii; les oies adultes des pirottes ou pirots (S.-C); de piroton vient le verbe pirotonn&r (E.), tourner tout autour.

Les oies couaquent quand elles crient (M.); caqueni (S.-C.).

Poiir appeler les oies, on leur dit :

Piro, mes petites,

Piro, pîro, mes petites (S.-C).

Les oies chantent :

GUaque, saque, saque,

La grand'mère à Jacques (S.-D.).

C'est pour cela qu'on les appelle parfois des

Proverhes

— Bête comme une oie.

■ Cf. Soaché, Prw.j p. 14.

— Les pirotons mèneront vantiez (peut-être)

les houâs ès-champs (M.). 'Sont les pirotons qui

veulent mener les houâs.

— Les oies de Bécherel et les piquots de Dinan.

Je ne sais à quelle circonstance fait allusion ce «licton.

— F touche les houâs : il va de travers ; il est ivre (M.).

— Ce que les houâs n'witendent pas, les murs le répètent (E.).

— Qjiand une personne allonge le cou et qu'elle a la figure niaise, on dit qu'elle a « l'air oie » (M.).

— Marcher comme un piroton (M.).

— r court comme un p'tit piroton (S.-D.).

Tronostic. — Formulettes

Quand on voit les oies battre âits ailes et caquer,-on dit : « J'arons du vent » (S.-C, P.). Quand il neige, on dit :

V'ià la petite bonne femme qui plume ses houis.

Ou :

V'ià saint Nicolas

Q)ii plume ses houâs (M.).

Saint Thomas qui plume ses houâs,

Saint Christophe

Qjii les met à la broche,

Et saint Crépin

Qui les mange au matin (D.).

L'Oie dans les contes

Dans mes contes populaires, il est assez rarement parlé des oies, qui n'y figurent que comme personnages épisodiques; c'est ainsi que dans Césarine, no xxvii, i^e série, les oies tournent autour d'elle en chantant :

Casaque, saque, saque 1

La jolie petite paturette de houâs que j 'avons.

Les fées du GuiîdOy n© xi, 2^ série, ont des oies.

Dans un conte du type, très-fréquent, où il s'agit de remonter sur terre sur le dos d'un oiseau, l'oiseau est une grosse oie, qui est ici substituée à l'aigle ou au corbeau.

LE PAON (Pavo)

Proverbes

— Fier comme un paon.

On dit d'une personne orgueilleuse : — C'est un paon.

J*ai connu sur le littoral de la Manche bretonne deux personnes, le mari et la femme, qui étaient appelés, Tun le Paon et Tautre la Paonne (panne), parce qu'ils avaient fait une rapide fortune dont ils étaient quelque peu glorieux.

LE PIGEON (CotuMBA domestica)

Noms patois

Le pigeon domestique s'appelle />a/^//«' (E.) ou pigeon de palette; la femelle pigeonne (Morbihan, G. g.).

Pronostic. — Chant

Quand ils roucoulent beaucoup, c'est signe de beau temps (E.).

Le pigeon a un chant peu varié ; il dit :

Coue I coue 1 Coue I coue 1 Fou I (P.)

Lt pigeon dans les contes

Voici quelques contes où le pigeon joue un rôle : ire série, no xiii, La Princ&sse aux pêches (pigeons ■employés comme courriers) ; n© lx, Les Souliers rouges (la Vierge fait avec les os d'un petit garçon un pigeon blanc) ; — 2* série, n© xxvi, Petite haguette, grand pigeon auquel il faut toujours donner à manger ; no xxxvm. Point du jour (pigeons reconnaissants).

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