‹ Traditions et superstitions de la Haute-BretagneChapitre 8 sur 47 · I 11 I I ■ ■ ^. ■■■ ■ ■ ■ I II ■ ^^»^^»^— ^^M · texte numérisé non relu

I 11 I I ■ ■ ^. ■■■ ■ ■ ■ I II ■ ^^»^^»^— ^^M

les arrache; c'est pourquoi il dit aux personnes qui sont à le regarder :

Trinque, trinque.

Je tire le cidre, moi I

Je tire le cidre, moi I (P.)

Nicolas Guillau, Qji'a vendu sa femme pour un maquériau.

Et l'a à racheter pour un brin de porée,

Nicolas Guillau (S.-C).

LA CAILLE (CoTURNix comkukis, Bonnaterre)

Proverbe

— Chaud comnie une caille.

Cf. Rolland, t. Il, p. 336.

FormuletUs et Croyances

Les cailles disent :

Bout pour bout 1

La caille a appris aux maçons à mettre les pierres en place. Un maçon était à faire un mur, et il ne savait comment s'y prendre pour faire tenir une pierre; une caille qui était derrière lui

cria :

Bout pour bout I

tx le* maçon sut comment faire tenir sa pierre (E.» Plévenon).

Elles disent encore :

Sème du blé na (noir), Pour que je m'régale une fa (fois) (S.-C).

Chique taba' (tabac), Chique taba' (S.-C).

Paye tes dettes.

Paye tes dettes (P.).

Identique en Beny (Laisnel de U Salle, t. I, p. 2x2).

En pays breton :

Pemp guennek 1

Dialogue entre deux cailles :

Paï (poil) d'carotte, Paï de carotte.

L'autre répond :

Mais ouah 1 Mais ouah I

La première reprend :

Ah I garce 1

Autre :

Ah ! garce 1

N'y a pas d'taba*.

Ah I dame, sia (oui).

Ah I dame, sia.

L'autre répète toujours :

Mais ouah !

Mais ouah 1

Ah I garce !

Ah 1 gfirce i Ah I àtme, sia I Ahl dzmç, sia I (P.)

Dicton et Croyances

Plus la caille carcaille,

Plus chère est la semaille (lUe-et- Vilaine),

Le grain (i) vaut dans Tannée autant de francs le demeau que la caille répète son chant de fois. Quand elle chante pendant les foins, c'est ce que le foin vaudra (E.).

Plus il y a de cailles, moins le grain est cher (E.)-

La même croyance existe en Toscane (cf. Gubernatis, t. II, «92); en Poitou (cf. Desaivre, M)ih. locale, p. 13); dans le Maine, les Hautes-Alpes, etc. (cf. Rolland, t. II, p. 344) ; en Berry (Laisnel de la Salle, 1. 1, 222).

On dit que la caille « bannit » le prix du blé ; autant de fois elle répète son chant, autant de fois le blé vaudra de pièces de cent sous. L*amîée où le blé monta jusqu'à 45 fr., me disait une bonne femme, la caille chantait neuf fois (S.-C).

LE CANARD SAUVAGE (Anes boschus, L.)

N(m pûim Morette (S.-C).

(i) Gros grain : elles chantent davantage à ce moment que quand il y a du bl£ noir.

La Cane de Montfort

Le canard sauvage ne joue, à ma connaissance du moins, aucun rôle dans les superstitions ; mais il figure dans une des légendes les plus populaires de la Haute-Bretagne, celle de la Cane de Mont-

Jort.

Montfort fut surnommé Montfort-la-Cane jusqu'en 1790. Officiellement, la ville s'appelle Montfort-sur-Meu ; mais beaucoup de personnes disent encore Montfort-la-Cane. Chateaubriand donne une version du miracle de la cane, auquel la ville doit, dit-on,^son nom : « Certain seigneur avait renfermé une jeune fille d'une grande beauté dans son château de Montfort. A travers une lucarne, elle apercevait l'église Saint-Nicolas; elle pria le saint avec àos yeux pleins de larmes, et elle fut miraculeusement transportée hors du château. Mais elle tomba entre les mains des serviteurs du félon, qui voulurent en user comme ils supposaient qu'aurait fait leur maître. La pauvre fille éperdue, regardant de tous côtés pour chercher du secours, n'aperçut que des canes sauvages sur l'étang du château.

« Renouvelant sa prière à saint Nicolas, elle le supplia de permettre à ces animaux d'être témoins de son innocence, afin que, si elle devait perdre la vie sans pouvoir accomplir son vœu à Saint-

^^^^^^™^^ ' ■ I ■■ I M il ^»^^— ■■■■■Il I I ■ . I . . ■■■II. ^— ^^^^^ I l IBIMH

Nicolas, les oiseaux le remplissent eux-mêmes à leur façon, en son nom et pour sa personne. Par la permission divine, elle échappa des mains des soldats sans aucune offense, mais elle mourut dans Tannée. Or, voici qu'à la fête de la translation des reliques de saint Nicolas, le 9 de mai, une cane sauvage, accompagnée de ses petits canetons, vint à l'église de Saint-Nicolas. Elle y entra et voltigea devant l'image du bienheureux, pour l'applaudir par le battement de ses ailes, après quoi elle retourna à l'étang, ayant laissé un de ses petits en offrande. Quelque temps après, le caneton s'en retourna sans qu'on s'en aperçût.

« Pendant trois cents ans, et plus, la cane, toujours la même cane, est revenue à jour fixe, avec sa couvée, dans l'église du grand saint Nicolas de Montfort, sans qu'on ait jamais pu savoir ce qu'elle devenait le reste de l'année. »

^Mémoires d'Ouire-Tombe.")

Cf. aussi Oresve, Histoire de Montfort. Montfort, 1858.

Dans la jeunesse de Chateaubriand, on chantait une chanson dont il cite quelques vers. Elle a été recueillie par le docteur Roulin, et figure . à la page 1 3 des Instructions relatives aux poésies populaires de la France. Celle que j'ai recueillie est très-différente de celle du docteur Roulin :

Page 1