‹ Traditions indiennes du Canada nord-ouest [microforme]Chapitre 105 sur 160 · RE ET RE · texte numérisé non relu

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La pluie tomba longtemps, et l’eau dépassa les plus hauts sommets des montagnes Rocheuses.

On n’en pouvait plus, et tous les animaux qui étaient sur le radeau soupiraient après la terre. Mais de terre, il n’y en avait plus.

Alors Tchapéwi fit plonger successivement tous les animaux amphibies, la loutre, le castor, le rankanli ou canard de Miquelon (1). Mais ce fut en vain.

À la fin, il lâcha le rat musqué, qui remonta le ventre en l’air, pâmé et à bout de souffle, tant la terre était loin, loin au fond des eaux.

Mais le petit rat musqué tenait serré dans sa patte un peu du limon terrestre que le vieillardmagicien plaça sur la surface de l’eau reposée.

Ce peu de vase se développa sous son souffle puissant ; il s’étendit, il s’étendit jusqu’à former un disque assez grand pour soutenir un petit oiseau que le vieillard plaça dessus.

Il continua à souffler, et, la terre s’agrandissant encore, Zchapéwi y plaça un corbeau. Il souffla toujours, et bientôt la terre put supporter un renard. C'est fini, elle a atteint les proportions que nous lui voyons; et sur ce grand disque, Etéwékwi replaça tous les autres animaux pour qu'ils y vécussent comme autre-

(1) Harelda glacialis,

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fois (1). Puis il soutint le disque avec un gros et fort Ctançon, et le tout fut complet.

Tradition des Tia-kfiwélé-ottiné et des Tisé-ottiné du Grand-Lac des Ours, recueillie en 1868.

LE DÉLUGE DES L’IN-TCHON-PPÈH

Un jeune homme se promenait sur les bords de la mer, lorsqu'une baleine (L’ué tch6 ; littér. : poisson-gros) apparut à la surface des eaux.

— Gros poisson, avale-moi! s’écria le jeune homme.

Aussitôt il se jeta dans les flots et fut avalé par le monstre marin, qui le garda trois jours dans ses flancs.

Cependant la sœur du jeune Dunè se lamentait sans cesse sur le rivage. Elle pleurait le sort cruel de son frère cadet, lorsque tout à coup la baleine reparut et se montra à la surface de la mer.

(1) Les Hébreux chantaient, du temps de David : « I (Jéhovah) & étendu la terre sur les eaux, parce que sa miséricorde cit éternelle ! » (Ps. 136, v. 6.)

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