‹ Traditions indiennes du Canada nord-ouest [microforme]Chapitre 106 sur 160 · DEL · texte numérisé non relu

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Alors, du fond des entrailles du monstre, une voix se fit entendre qui criait : « Oh! ma sœur, ma sœur, combien je suis maiheureux dans le ventre du gros poisson ! ses viscères me brülent. Ah! jet’en supplie, jette au gros poisson un de tes souliers, en en retenant les cordons dans les mains, et tire-moi d'ici. »

Alors la jeune fille actacha un de ses souliers, et le jeta au monstre en en retenant dans ses mains les longs cordons. La baleine ouvrit sa grande gueule et avala le soulier. Mais le jeune homme s’en saisit aussitôt, et sa sœur tirant à elle par les cordons, elle contraignit le moustre à revomir son frère.

I le vomit sr le rivage, plus mort que vif, mais cependant sain et sauf. Alors le monstre, courroucé de voir sa proie lui échapper, donna sur la mer un coup de queue si vigoureux que des vagues immenses en résultèrent. Elles s’élevérent comme des montagnes, et retombant sur la terre, elles l’engloutirent, et elle fut inondée.

Seuls, les deux jeunes gens furent sauvés.

Racontée par Sa-kon-nétosivotse, en juin 1864.

Cette légende du déluge pourrait aussi bien s'intituler, comme on le voit, le Jonas flanc-de-chien.

Les autres tribus Dènè ne possèdent pas cette tradition, l'exception des Peaux-de Lièvre, du fort Bonne-Espérance, qui ont pu l'apprendre de leurs voisins flancs-de-chiens, Mais il est bon

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de remarquer que l’histoire parabolique ou merveilleuse du Jonas hébreu se retrouve aussi dans les souvenirs des indigènes des iles Touamotou.

En effet, d’après un récit du R. P. Montiton, daté de 1874, il est dit que « un homme kanak de cet archipel fut avalé par une baleine, et qu’il brélait dans le sein du monstre marin. Au bout de plusieurs jours, il éventra le monstre qui, de douleur, se jeta sur un récif et y rendit sa proie vivante ».

Les deux fables ont donc eu la même origine, et c'est du

Pacifique que le mythe est parvenu sur le continent colombien.

Ces mêmes Kanaks attribuent d’ailleurs le cataclysme du déluge aux mœurs antiphysiques d’une race d’hommes qu’ils nomment, comme mes Dèné, Homsmes-Chiens. (Missions cathol., 1874, page 343.)

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