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lité. Subitement elle vit briller les yeux de son mari à travers les branches du buisson.
— C'est un homme, un libérateur qui est caché là, pensa-t-elle.
Pour lui faire comprendre qu’elle avait vu, elle puisa de l’eau, et, sans faire semblant de rien, elle en jeta sur le buisson en guise de signal.
Le Pygmée, qui se tenait en ce moment sous la tente, accourut alors :
— Pourquoi donc jeter ainsi de l’eau? Que signifie cela? dit-il à L’atoa-tsandia d’un ton jaloux.
— Les maringouins me dévorent et je les chasse, répliqua-t-elle, Alors Nakkan-tsell, croyant qu'elle disait vrai, retourna sous sa tente.
Kowon-éian s’en revint donc comme la première fois vers ses guerriers qu’il avait cachés dans la forêt, et leur apprit qu’il venait encore de retrouver sa femme, mais qu’elle était bien gardée, et qu'ils auraient à combattre pour la reprendre,
Ils résolurent donc de contourner la grande eau. Mais ils ne croyaient pas ce lac si vaste, car ils tournèrent autour pendant vingt jours et campèrent durant vingt nuits avant de revenir auprès des Pygmées.
Quand ils y arrivèrent, L'afpa-tsandia était assise sur le seuil de sa tente, remuant sans cesse
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les pieds comme une idiote; car ses pauvres pieds étaient usés de vieillesse et tout déchirés.
— Ma tante, dit-elle à une autre vieille femme, mes pieds sont tout déchirés.
Celle-ci y mit un gâteau composé de viande pilée et de graisse douce, et ses pieds furent réparés et remis en bon ordre. Alors elie sortit pour aller au-devant de son mari.
K'von-élan lui dit de nouveau :
— Voici tes compatriotes qui viennent pour te délivrer; mais ils sont sans provisions. Donnenous d’abord à manger.
L'atsa-tsandia lui donna du pémican ou gâteau de viande pilée et de graisse douce.
— Suis-moi dans la forêt, lui dit-il, j’ai besoin de toi.
— Ah! que dis-tu là ? répliqua-t-elle. Cesse donc ce langage, voilà que je suis vieille et que mes pieds sont tout déchirés.
L’Étranger sans feu s’en retourna donc seul vers ses guerriers; mais le lendemain, quand l’aube blanchit, ils se levèrent pour combattre, et ils firent un grand nombre de morts. Kowon-étan tua tous les Pygmées, et, à défaut de leur chef qui était absent, il combattit pendant longtemps son frère cadet sans pouvoir le vaincre. A la fin, cependant, il parvint à le renverser, lui enfonça son couteau entre les clavicules, lui fendit le corps du
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haut en bas, et le tua. Alors il lui arracha les entrailles et les répandit sur la terre. Il le traita comme un animal, il l’empala sur un pieu aigu et le hissa sur le faite de sa loge, après l'avoir paré et coiflé avec soin.
Ensuite Kowon-étan reprit sa femme L'ateatsandia et s’en retourna. Quant à Nakkan-tsell, le chef des Pygmées ou Petits-Ennemis, l’Étranger sans feu chercha encore à le vaincre, maïs il ne put en venir à bout. Leurs haches de pierre, leurs couteaux de silex et leurs flèches se rencontraient toujours pointe à pointe, taillant contre taillant.
Ils cessèrent donc de se combattre, et Kouwonlan vécut encore fort longtemps. La vieillesse seule en vint, dit-on, à bout.
(Racontée par Sylvain Vitædh, en 1870, au fort Bonne-Espérance.)
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