LES DEUX FRÈRES
Tout au commencement, vivaient ensemble deux frères, dans la terre occidentale, Un jour ils se dirent :
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DES DINDJIÉ OU LOUCHEUX 89
— Allons à la recherche des petits canards, de l’autre côté de la Grande-Eau.
Ils montèrent dans leur canot, vinrent de ce côté-ci, et s’égarèrent sur la mer (1).
— Mon frère cadet, dit l’aîné, cette terre-ci, hélas ! ne ressemble point à la nôtre, Ces sapins ne sont pas semblables à nos sapins.
— Hélas ! mon frère aîné, nous sommes bien malheureux. De quelle manière pourrons-nous retourner dans notre patrie ?
Les deux frères, étant partis de là, virent tout à coup arriver beaucoup de gens en pirogue, dit-on. Ces étrangers s’approchèrent des deux égarés.
— Dites-donc, ‘ous autres, voulez-vous venir avec nous ?
— Oui, c’est bon, répondirent les deux frères.
Ils abordèrent avec les étrangers, on prit de la nourriture, on se rembarqua et l’on quitta le rivage pour gagner le large.
On vogua longtemps sans doute; pendant longtemps on tint la mer. A la fin on arriva chez des hommes jaunes avec lesquels se firent des échanges ; mais on ne demeura pas longtemps avec eux.
(1) Comparez avec la première tradition des Tchiglit Nunaortchénéyork.
Étant partis de là, on se dirigea vers le Midi, et l’on accosta à une autre île, chez un peuple d’hommes noirs comme le charbon. Cependant, on ne demeura pas longtemps parmi eux, parce qu'ils étaient méchants.
Du Sud, s'étant dirigés vers l'Ouest (Tuhan), ces étrangers arrivèrent chez des hommes blancs. On les vit, on fit des échanges avec eux. Les hommes blancs donnèrent beaucoup de choses aux navigateurs. Mais là encore, on ne séjourna pas : ayant repris la mer, on se dirigea vers un fleuve qui vient du soleil.
Là aussi, on trouva un peuple de la terre, chez lequel on atterrit et l’on débarqua, On y séjourna assez longtemps. C'étaient des hommes à peau rouge. |
Sur le point de se rembarquer, les deux freres dirent aux mariniers :
— Nous n’irons pas plus loin avec vous, car il nous plaît de demeurer ici.
— Faites comme il vous semble bon, leur répondirent les navigateurs.
Les deux frères s’établirent donc en ce lieu, à l'embouchure de ce grand cours d’eau qui vient du soleil (c’est-à-dire de l'Est), et ils y demeurèrent avec le peuple de la terre.
Pendant longtemps, ils y vécurent heureux, lorsque, un jour, ils firent la rencontre d’un
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vicillard et d’une vieille femme, tous deux très âgés, et dont la tête était toute blanche.
— Or sus, vous deux, dirent les vieillards aux jeunes gens, quelle sorte de gens êtes-vous, je suppose ?
— Ah! nous deux, nous sommes deux frères qui nous sommes perdus ct égarés sur mer, loin de notre patrie, répondirent-ils. Nous nous sommes perdus en canot et, depuis, nous avons parcouru toute la terre.
— Ne seriez-vous pas ces deux frères que l’on disait s'être égarés vers le commencement du monde, après que la terre fut faite ?
— Justement! répondirent-ils, ces deux frères, c’est nous-mêmes.
C’en fut assez. Leur père et leur mère les reconnurent et demeurèrent avec eux.
Ce sont ces deux frères-là, dit-on, qui furent sans aucun doute nos ancêtres. De ces deux-l{, nous sommes, dit-on, sortis. Ür, nous sommes évidemment des hommes (Dindiié), nous autres. C’est la fin.
Racontée par le dinujié Touldhoulé-azé, esclave des Couteaux-Jaunes, en juin 1863, au Grand-Lac des Esclaves.
BALLADE DES ATŒNA
DU FORT NNU-LLA-TTÔ9 (ALASKA)
« Le vent souffle sur le fleuve Youkgon, et M mon époux poursuit le renne sur les monts Koyoukon. (à
« Xami, Xami, dors mon petit !
« Il n’y a point de bois pour alimenter le foyer. Ma hache de silex est brisée, et mon mari a emporté l’autre. Où donc est la chaleur du soleil ? Ah ! elle est cachée dans la loge du g ind