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Castor, en attendant le printemps. 4 < « Xami, Xami, dors, mon petit; ne t’éveille à e
pas | F È « Ne cherche pas de poisson, vieille femme ; :
depuis longtemps la cdche est vide, et le corbeau &
ne vient plus se percher sur l’échafaud aux pois- ï |
sons. Depuis longtemps mon mari est parti. Que %
fait-il donc dans la montagne ? à « Xami, Xami, dors paisiblement, mon en- ‘
fant !
« Où est donc celui que j'aime? Git-il, affamé, sur les pentes de la montagne ? Pourquoi tarde- |
kcon, et s monts
enter le On mari leur du lu g ind
t’éveille
femme ; corbeau UX pois-
ti. Que on en-
affamé, i tarde-
DES DINDJIÉ OU LOUCHEUX 93
t-il ainsi? S’il ne vient bientôt, j'irai moi-même ; j'irai le chercher dans la montagne.
« Xami, Xami, dors doucement, mon enfant |
« Le corbeau est arrivé, riant et ricanant. Ses mandibules sont rouges de sang et ses yeux brillent de haïne, le menteur !
— « Merci, pour le morceau succulent que n'a fourni Kouskokpala, le Jongleur! Sur la montagne, femme, sur la montagne à pic, paisiblement git ton époux |
« Xami, Xami, oh! dors, mon enfant; ne t’éveille pas.
— « Vingt langues de rennes sont liées en botte sur son épaule; mais il n’a plus de langue dans la bouche pour appeler sa femme! Loups, corbeaux et renards se disputent sa dépouille et se battent pour une bouchée. Coriaces et durs sont ses nerfs. Ah! il n’en est point ainsi, femme, de l’enfant qui dort sur ton sein! »
« Xami, Xami, dors, mon enfant; ne t’éveille pas.
« Mais sur ia montagne, lentement chemine Kouskokpala le Chasseur. Il porte deux boucs liés en travers sur ses fortes épaules, avec des vessies de lard fondu, entre les deux. Vingt langues de renne pendent à sa ceinture. Va donc, ramasse du bois, vietile femme; car voilà que, au loin,
s’envole le corbeau menteur, le traître, le trompeur !
« Xami, Xami, éveille-toi, petit dormeur ; éveille-toi, et appelle ton père!
« Voilà qu’il t’apporte de la dépouille de rerne, de la graisse de moëlles fondues, de la venaison fraiche et grasse, de la montagne.
« Fatigué et harrassé, il a sculpté un jouet pour toi, enfant, dans le bois d’un renne, alors qu’il guettait et attendait, impatient, le caribou sur le penchant des montagnes.
« Éveille-toi et vois le corbeau qui se cache lui-même de ses flèches! Éveille-toi, petit, éveille-toi, car voici ton père! »
Traduit de l’anglais de W. H. Dall, esq., par Émile Petitot, en 1876.
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TEXTE ET TRADUCTION LITTÉRALE