H CHASSEUR
(Suite de la précédente légende.)
Cette vicille L'atpa-nalsandè eut un fils dont l'humeur était très atrabilaire. On le nommait le Chasseur ou Chi-ahini. Elle eut aussi une fille dont les fils tuèrent, de concert et tous ensemble, un fort brave homme.
Is le tuèrent sans aucun motif, Un jour, ils rencontrèrent un homme, ils s’imaginérent qu'il Ctait leur ennemi, ct, se jetant sur lui, ils le tucrent.
Mais, chose cCtrange, bien qu’on fût en hiver, ils disparurent; ils se s:uvèrent dans une île, se séparèrent de tous leurs parents et depuis lors firent bande à part, demeurant toujours seuls à l'écart, depuis qu’ils avaient tué cet innocent, sans aucun motif.
Cependant, un beau jour, un de ces exilés volontaires eut l'audace de quitter son île et de s’en aller dans la compagnie des autres hommes. Tout à coup il entendit quelqu'un lui crier :
— Dis donc, toi, vous avez tué mon frère aîné, un parfait homme de bien; vous l’avez tué tous ensemble. Vous avez massacré un bien brave homme |
À ces mots, l’exilé volontaire tressaillit et s’en fut vers sa tente en courant. Il raconta à ses frères ce qu'il avait entendu, ce qu’on leur avait reproché.
— Vous savez bien, leur dit-il, cet, homme que nous tuâmes jadis, eh bien! son frère cadet n'a reproché sa mort. « Vous avez tué un fort brave homme, m’a-t-il dit. Vous l’avez massacré tous ensemble ! »
Alors la famille des meurtriers fut prise d’une panique incontrôlable. On s'enfuit, on partit de là, on se répandit parmi les nations, mais en y vivant toujours séparément.
Et ces hommes s’entre-dirent :
-- Celui que vous regarderez et qui de vous détournera ses regards, celui-là nous déteste ; tuez-le, se dirent-ils.
Et ils en agirent de la sorte.
Cependant, les autres hommes voulurent les détruire tous à la fois. On les surprit donc endormis au milieu de grands foins auxquels on mit le feu pour les brûler vifs. Toute cette herbe sèche brûla, en effet, mais eux parvinrent à se sauver sur la hauteur des terres, en courant au-devant des
flammes. Des terres hautes, ils narguèrent leurs ennemis en leur criant :
— Voyez donc, voilà que nos chairs sont rôties, n'est-ce pas ? leur dirent-ils en se raillant. Depuis lors ils habitèrent toujours seuls et à part ces autres hommes.
NNI OTTSINTANÉ ou SA WÉTA