‹ Traditions indiennes du Canada nord-ouest [microforme]Chapitre 58 sur 160 · PE LES · texte numérisé non relu

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sit une grande maison circulaire, une maison vaste et profonde, grande du côté de l'entrée et grande aussi vers le fond. Efwa-éké y convia tous les animaux et tous les oiseaux. Lorsque tous y furent rassemblés :

— Maintenant dansez, leur dit-il, maintenant réjouissez-vous |

On dansa, tandis que lui se tenait debout au milieu de la loge immense et circulaire que soutenait un poteau central.

Tous les animaux, qui dansaient autour de lui, s’en moquaient en disant :

— Tu t'es sans doute promis de nous faire encore du mal, Efiwa-éké; c’est pourquoi tu promènes ainsi tes regards impudiques sur nos personnes.

Alors le géant se mit en colère. IL poussa les murs de la maison de part et d’autre, il ébranla le poteau central. Tout à coup la toiture s’écroula, et de tous les animaux qui étaient dans la maison il n’en fit qu’un tas de cadavres. Les oiseaux parvinrent seuls à s'échapper par le haut de la demeure mise à découvert ; mais les autres furent ensevelis sous ses débris. Toutefois, parmi les décombres, plusieurs animaux purent encore s’échapper. Ainsi la poule d’eau s’enfuit dans l’eau, le plongeon arctique et le huard en firent autant. Ils étaient noirs tous deux. Efwa-éké les poursui-

vit; il jeta au second de la craie après la tête et la lui rendit blanche.

Ainsi, dans cette occasion, Efwa-êké détruisit plus d'animaux qu’il n’avait fait jadis.

Bientôt il se dit :

— Je m'en vais parcourir les villages qu’habi- L tent les géants ennemis, et je ferai souffrir ces | | derniers. |

Il en agit donc ainsi. Tout d’abord il les fit se

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disperser. Ces géants avaient pris à la chasse des lui, cygnes, des canards et des macreuses, qu'ils

avaient fait rôtir dans le dessein de s’en régaler. Î aire Pendant la nuit, Efwa-éké se rendit vers eux; il | ro- fit ressusciter tout ce gibier, et le fit s'envoler de er - nouveau. 4 !

Un jour qu’il était endormi sur le bord de la | Î

les mer, un géant des Têtes-Rasées, ou Kfwi-détèllé, | E nla s’en alla vers lui à la nage, le captura dans des |! ala, | filets et le lia fortement. son — Mon grand-père, lui dit Efwa-éké, je voupar- drais me rendre là-haut sur cette montagne. de- Aussitôt le géant le chargea sur ses épaules, lui ent fit traverser l’eau et le transporta au sommet de les la montagne ou Efwa-éké se sauva et parvint à se s’é- cacher.

au, Efwa-éké se métamorphosa successivement en | int. tronc d’arbre, en ours, en élan, en castor, en ca- | sui- davre, trompant toujours et défiant sans cesse la 1!

vigilance et la haine de ses ennemis, les Têtes- Rasées.

A la fin, il jeta sa grosse hache de silex ; ik la jeta à la mer, cette massue dans laquelle résidait sa force, et il s’en alla. Il s’en fut si loin que Fon ne le revit jamais plus parmi les Dènè, et que nul ne sut jamais ce que Efwua-éké était devenu.

C’est la fin.

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