LES OBSERVANCES DE LA VIE
Autrefois, quand un petit enfant venait au monde, on lui perçait les bras et les jambes avec une alène, et.on lui tranchait son petit prépuce, de crainte de la lèpre tremblante.
Lorsque le petit enfant commençait à manger,
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on lui incisait la plante des pieds, on lui brülait les poignets, afin qu’il devint excellent marcheur et habile en toutes choses; puis les parents donnaient un festin à leurs amis et connaissances.
Lorsque le petit enfant commençait à ramper, on donnait aussi un régal. On en agissaii encore de la sorte lorsqu'il pouvait marcher seul. Enfin, lorsqu'il parvenait à tuer quelque animal, si petit fût-ii, ses parents offraient des présents à leurs amis, et on banquetait de nouveau.
Avant la venue des Français, nous nous servions de marmites proprement dites. Elles étaient en racines de sapin, tressées et nattées si étroitement que ces ustensiles contenaient l’eau. On y faisait cuire la viande à l’aide de pierres rougies au feu.
Alors, un homme nommé Bæ-yan (Petite- Viande) dit à sa femme et à son père:
— Les enfants du Très-Haut (Celui qui est assis au zénith) sont arrivés dans le pays. Ils ne cuisent pas la viande au moyen de pierres chauffées ; ils la font bouillir dans des vases durs.
Sa-Wiétay, l'habitant de la Lune, fut le premier qui nous apprit à faire des marmites proprement dites, en racines tressées. Après cela, nous nous taillâmes des vaisseaux en bois, à l'instar des Esquimaux. Finalement, les Français arrivèrent et nous apportèrent des vaisseaux en métal.
Primitivement, nos raquettes ressemblaient à celles des Dindjié. Elles étaient faites d’un seul cerceau circulaire. La partie antérieure en était ronde et plate. Après cela, nous fimes des raquettes proprement dites, à pointes aiguës; cependant, on fait encore pour les petits enfants des raquettes à tête ronde et plate.
Notre chaussure était également sans ouverture ni lacet. Elle faisait corps avec le pantalon, ainsi qu'en portent encore les Dindjié. Cependant, elles ne ressemblaient point aux chaussures de ce peuple quant à la forme. Maintenant, nos souliers sont taillés à l’instar de ceux des Tchippewayans; ils ont des hausses et des lacets, comme les leurs.
Nos chlamydes étaient en peau de reune, longues, étroites, munies de queues pointues devant et derrière. Elles étaient ornées d’une pèlerine appelée #ko-l'a, qui pendait derrière le dos. Les hommes la portaient aussi bien que les femmes. Ce camail était très orné de franges et de breloques.
Nous portions des pantalons cousus avec la chaussure, durant l'hiver. Les femmes en portaient comme les hommes ; mais ce vêtement ne ressemblait pas à celui des Français. Il se fermait au bas-ventre par une coulisse et n'avait pas d'ouverture par devant.
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Pendant l'été, les hommes portaient un pagne. Quelques-uns même ne portaient pas autre chose pendant l'hiver; maïs alors c'était le grand pagne appelé fwon. Celui d'été, tout petit, s'appelle lrwé-tpa-wèttils.
Lorsque l’un d’entre nous était malade, on ouvrait la veine à une personne bien portante, à l’aide d’un silex, et le malade buvait le sang de cet homme sain, afin de boire la vie en lui.
On buvait aussi l’urine d’une personne bien portante; on saïignait la chair d’un homme, on faisait cuire ce sang et on le donnait au malade.
On tuait un chien, on en partageait le corps en deux parties, et on appliquait les morceaux tout chauds, à nu, sur le malade, jusqu’à ce qu'ils s’y putréfiassent en en prenant la fièvre.
On faisait aussi cuire de la chair de chien et on la faisait manger au malade; c’est de là que dérive ce proverbe que « la chair de chien donne de la graisse aux malades ».
Nous connaissions aussi les bains de vapeur au moyen de pierres rougies à blanc, sur lesquelles on jetait de l’eau froide.
Ce sont là tous et les seuls remèdes que nous connaissions avant la venu. ‘°s Français.
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